Les Rencontres Historiques 2020

Samedi 3 octobre 2020, à l’espace 233 (CEC), se sont déroulées les 28e Rencontres Historiques de la ville d’Istres, organisées par les Amis du Vieil Istres. Des Rencontres malheureusement placées sous l’égide du coronavirus qui a imposé des règles strictes d’hygiène (masque, gel hydroalcoolique, distanciation …).

Après l’accueil du public en présence de Nicole Joulia, première adjointe, Christian GIROUSSENS, ingénieur et adhérent des AVI, a ouvert les débats sur le thème : Troubles à Istres sous le Directoire . En effet, l’interprétation d’une curieuse inscription incomplète sur le Portail d’Arles : ( Tous les citoyens habitans la même … ) a fait plonger Istres dans une période trouble et assez méconnue, celle du Directoire (1795-1799). Inspiré d’une loi de 1795, ce texte tronqué avait pour objet de rendre la commune et ses habitants financièrement responsables des dommages causés aux personnes et aux biens. Un trouble qui dura plusieurs années avant de se normaliser avec l’arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte.

De gauche à droite : les quatre conférenciers Jean Chausserie-Laprée, Nicole Bonsignori, Christian Giroussens et Robert Strozzi suivis de René Giroussens (président d’honneur)
et de Claude Herrera (président des AVI).

 

Membre du bureau des Amis du Vieil Istres, Robert STROZZI a enchainé sur le thème : Exodus 47 : l’histoire fait escale à Port-de-Bouc. Robert nous a relaté l’histoire du navire dénommé Exodus 47) parti en juillet 1947 de Sète vers la Palestine avec à son bord plus de 4 500 émigrants juifs, rescapés des Camps de la Mort. Un navire arraisonné au large de Haïfa par les Anglais qui ont déclaré illégaux tous les passagers. Ceux-ci ont été immédiatement débarqués et répartis sur trois Liberty ships de la Royal Navy. Ces trois navires ont été alors renvoyés en France pour se présenter, le 29 juillet 1947, en rade de Port-de-Bouc. Malgré les menaces d’officiers britanniques nerveux et brutaux, les prisonniers de ces bateaux-cages ont refusé de débarquer. Rapidement, l’opinion publique internationale apprit les conditions de vie épouvantables, à bord de ces navires. Robert nous a alors décrit le vaste élan de solidarité venu en aide à ces 4 500 personnes enfermées et ballottées dans les cales de ces cargos-prisons. Un élan de solidarité dû à la population de Port-de-Bouc et des communes voisines, des autorités locales, des pouvoirs publics et qui dépassera ensuite les frontières nationales.

Repas de midi (pour ceux qui avaient réservé) au restaurant La Terrasse (CEC).

 

Après le repas de midi, Nicole BONSIGNORI , pharmacienne de profession mais historienne de cœur, a inauguré l’après-midi avec une conférence titrée : La folle équipée de la Duchesse de Berry sur notre côte provençale. La duchesse qui souhaitait installer son fils sous le nom d’Henri V sur le trône de France, a vécu une équipée extravagante qui fut à deux doigts de réussir. Cette passionnante épopée s’est déroulée en majeure partie sur notre Côte Bleue voisine et dans les villages l’environnant. Une conférence qui a permis de nous faire découvrir l’extraordinaire personnalité de la duchesse de Berry (née Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, 1798-1870) : une femme courageuse, dotée d’une volonté hors du commun, souvent oubliée dans les livres d’histoire.

Nicole Bonsignori pendant sa conférence sur la duchesse de Berry.

 

Jean CHAUSSERIE-LAPREE, chef du service Archéologie de la ville de Martigues, nous a ensuite présenté la 4ème et dernière conférence des Rencontres Historiques 2020 : A l’origine de Marseille, l’oppidum gaulois de Saint Blaise, découvertes et approches récentes . Cette conférence portait sur les travaux récemment entrepris sur l’oppidum de Saint-Blaise. Des travaux qui ont mis en évidence et confirmé l’importance et l’ancienneté de l’occupation de cette agglomération protohistorique provençale au cours du premier âge du Fer et en particulier dans les décennies qui ont précédé et accompagné la fondation de Marseille en 600 avant JC. Soit une double enquête historiographique et iconographique : la première portant sur la nature de l’occupation de Saint-Blaise dans l’Antiquité et la seconde sur la longue quête du site de la première rencontre entre Grecs et Gaulois avant la fondation de Marseille.

Jean Chausserie-Laprée pendant sa conférence, face à un public réparti
sur des sièges espacés.

 

La Covid-19 nous a privé du convivial vin d’honneur qui clôture traditionnellement les Rencontres Historiques. Mais vous pourrez retrouver plus en détails ces quatre conférences dans des articles qui paraitront dans le prochain bulletin des Amis du Vieil Istres (n°43, 2021).

Prochain RDV : l’assemblée générale vendredi 16 octobre à 10h00 à l’Espace 233 (CEC).

L’assemblée générale des AVI 2020

La pandémie de la Covid-19 avait impliqué en mars l’annulation des activités des Amis du Vieil Istres et le report de l’Assemblée générale.

L’assemblée générale (initialement prévue le samedi 28 mars puis le jeudi 24 septembre) est désormais fixée au vendredi 16 octobre 2020 à 10h00 à l’Espace 233 (CEC) avec la remise (aux adhérents à jour de leur cotisation) du bulletin n° 42 et de deux nouveaux hors-séries.

ATTENTION : Pour ce RDV, apportez votre masque personnel (obligatoire). Du gel hydroalcoolique sera à disposition à l’entrée de l’Espace 233 où les participants seront installés sur des fauteuils séparés.

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La conférence de Pascal Jacques

Jeudi 23 février, à l’auditorium André Noël, un large public a bu sans compter les paroles d’un passionné d’aéronautique : Pascal Jacques. Sa conférence (la seconde organisée en 2020 par les Amis du Vieil Istres), portait sur le thème : La présence de la NASA sur la base d’Istres dans le cadre de l’atterrissage d’urgence de la navette spatiale américaine.

Membre du Conservatoire du Patrimoine Aéronautique Istréen, Pascal Jacques nous a d’abord présenté l’histoire de la navette spatiale américaine depuis sa création et son premier vol (avril 1981) jusqu’à son dernier tir (juillet 2011), la NASA ayant suspendu son programme spatial pour des raisons économiques. Durant cette période, la NASA a effectué 135 tirs de navette (satellites, station MIR …), un tir coutant environ 135 millions de dollars mais moins cher que les fusées. D’un poids à vide de 67 tonnes et d’une hauteur de 17 mètres sur 23 mètres de long, la navette (avec ses 7 astronautes) devait atteindre la vitesse de 27 000 kms/h pour être mise en orbite, soit environ 8 minutes après son décollage.

Pascal Jacques pendant sa conférence.

 

En cas de problèmes après environ 2’30 de vol, la navette ne pouvait plus faire demi-tour et regagner sa base de lancement à Cap Canaveral, attenante au centre spatial JF Kennedy en Floride. Il fallait alors la rerouter vers une base. Celle d’Istres avait été choisie pour sa position géographique, sa météo favorable et surtout pour sa piste d’atterrissage de 5 kms, la plus longue d’Europe. Cela ne s’est jamais produit mais la navette aurait atterri à Istres par le nord environ ½ heure après son départ, cela avec une zone d’exclusion aérienne de 35 kms autour de la base. En théorie, la navette serait « tombée » d’abord en spirale, comme une feuille morte puis, tout en planant, guidée automatiquement à partir de 3 500 mètres sur deux pentes étudiées et inclinées à 19° puis à 1,5°.

Lors du lancement d’une navette, des ingénieurs et des techniciens étaient présents sur la base d’Istres pour pallier un éventuel atterrissage. En cas de crash sur la piste, les pompiers militaires istréens étaient également en alerte. Ils avaient au préalable reçu une formation spécifique de sauvetage et d’intervention sur le site même de la NASA en Floride. Notons que la navette aurait atterri à une vitesse de 380 kms/h (200 kms/h pour un avion de chasse).

Pascal Jacques a illustré sa conférences par de nombreuses photos et vidéos :

  • Le site d’assemblage de la navette, sa mise délicate en position verticale et son transport jusqu’à la base de lancement.
  • L’impressionnant décollage de la navette accolée à de lourds réservoirs de carburants provoquant la poussée verticale.
  • L’entrainement et la formation des pompiers devant intervenir après un crash.
  • La récupération de la navette, son transport sur le dos d’un Boeing 747.
  • Et bien sûr, la désintégration de la navette Challenger le 28 janvier 1986, 73 secondes après son lancement, un accident dû à la défaillance d’un joint d’étanchéité.
Pascal Jacques remercié par Pierre Fontaine, membre du bureau des Amis du Vieil Istres.

 

Prochaine conférence : Jeudi 26 mars 2020, 18h00 à l’auditorium André Noël : L’épopée de la morue de Terre Neuve à Port-de-Bouc par Joseph Ros.
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La sortie au musée de la Filaventure

Samedi 8 février 2020, 36 Amis du Vieil Istres étaient présents à l’arrêt de bus de l’esplanade Bernardin Laugier pour se rendre à l’Isle-sur-la-Sorgue et visiter le musée de la Filaventure, côtoyant l’usine Brun de Vian-Tiran qui produit des lainages de prestige.

L’histoire de cette manufacture a débuté en 1808. Cette année-là, Charles Tiran et son gendre Laurent Vian créent l’entreprise Vian-Tiran à partir d’un simple moulin à foulon. En 1858, Casimir Jassot épouse Pélagie Vian (fille de Laurent) et réalise les premiers aménagements hydrauliques avec des foulons plus puissants. Puis en 1879, Marie Jassot (fille de Casimir) se marie avec Emile Brun. L’époux reprend la manufacture qu’il dénomme Brun de Vian-Tiran. Il y installe les premières machines à filer.

 

Photo souvenir devant l’entrée du musée.

 

Au début du XXe siècle, les frères Jean et Emile Brun (fils du précédent Emile) débutent l’automatisation de l’usine. Celle-ci intègre alors les grandes étapes de la fabrication (filature, tissage, grattage aux chardons …). En 1932, Louis Brun (fils du précédent Jean) reprend à 17 ans la manufacture. Puis il lancera en 1962 les premières couvertures tout en se spécialisant dans les fibres nobles. Son fils, Pierre Brun lui succède et les développe à partir de lainages de chèvres cachemire, angora (mohair) et cashgora (croisement entre les chèvres cachemire et angora), chameaux, alpagas, lamas, yaks, yangirs (bouquetins) et bien sûr du célèbre mouton Merinos d’Arles qui offre la laine la plus fine d’Europe.

 

Pendant la visite.

 

Le musée de la Filaventure retrace la fabuleuse histoire de cette manufacture et de la laine, spécialité de l’Isle-sur-la-Sorgue depuis l’époque romaine jusqu’à aujourd’hui. Aux prix de transformations délicates des matières premières, le savoir-faire Brun de Vian-Tiran permet d’acheminer à la boutique du musée, des produits finis d’exception. Ils proviennent des laines les plus rares et les plus nobles, toutes importées des quatre coins du monde. L’esprit créatif est également présent d’autant plus que les propriétaires ont conclu en 2016 un partenariat d’excellence avec diverses écoles (ENA, Beaux-Arts …) pour la recherche de nouveaux designs.

Cliquez sur le pavé ci-dessous pour en savoir plus sur le musée de la Filaventure :

Prochaine sortie : Samedi 21 mars 2020, après-midi. Visite du musée de la Légion étrangère à Aubagne.

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La conférence de Robert Strozzi

Jeudi 23 janvier, Robert Strozzi, membre du conseil d’administration de notre association, a inauguré à l’auditorium André Noël, le cycle des conférences proposées pour l’année 2020 par les Amis du Vieil Istres : Esclaves chrétiens, l’or blanc des pirates barbaresques en Méditerranée.

Du IXe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les pirates barbaresques (terme désignant au Moyen Age les pays d’Afrique du Nord situés à l’Ouest de l’Egypte) ont fait régner la terreur dans le bassin occidental méditerranéen. Robert nous a livré de nombreux exemples. En voici deux. D’abord en 858 avec le pillage de Marseille par les Sarrasins qui emmenèrent de nombreux captifs destinés à l’esclavage. Des Sarrasins qui attendaient aussi de leur capture une forte rançon comme celle de Rotland, évêque d’Arles, enlevé en 869. Le second exemple date du début du XIVe siècle, lorsque les pêcheurs martégaux se rebellèrent en attaquant une galiote pirate et pendirent tout l’équipage. Ceci afin d’intimider leur chef Baldazare Spinola (renégat chassé de Monaco par les Grimaldi) qui multipliait les raids sur notre région depuis le fort de Brégançon où il s’était installé.

Les actes de piraterie se sont ainsi succédés, sans trêve, en mer. Mais aussi sur terre (Martigues, Marseille, Camargue, Cassis, La Ciotat, Salins d’Hyères, Bormes, Saint-Tropez, Antibes …). Sur terre, les attaques s’effectuaient de nuit ou de jour en arborant le pavillon rescate (mot d’origine espagnole signifiant troquer). Le navire pouvait ainsi accoster en vue d’une tractation commerciale alors qu’il masquait en fait un raid bien préparé. Hommes et femmes étaient alors faits prisonniers puis emmenés dans les bagnes et autres harems du Maghreb et de l’Empire Ottoman. Certains hommes ont été châtrés pour devenir les fameux eunuques.

Robert Strozzi pendant sa conférence, assisté par Yolande Issert.

 

Durant des siècles, les pirates barbaresques se sont donc adonnés à la pêche aux esclaves blancs en Méditerranée. Bien entendu, ces prises humaines ont nui au développement du négoce et de la pêche alors que les rançons élevées provoquaient la ruine et la décomposition du tissu social. Citons une personne célèbre enlevée en 1575 : Miguel Cervantès (futur auteur de Don Quichotte) détenu ensuite pendant cinq ans à Alger. Dans la capitale algérienne étaient recensés en 1620 environ 35 000 esclaves chrétiens. Cette population européenne a conforté la puissance d’Alger par une main d’œuvre gratuite pour tous les durs travaux du pays.

René d’Anjou, comte de Provence et surnomme le Bon Roi René, ainsi que de nombreux organismes religieux et laïques se sont dévoués pour négocier et racheter (le plus possible) ces esclaves chrétiens. Les archives municipales de Martigues contiennent de nombreux documents sur les marins et villageois capturés et qui ont pu ensuite retourner sur leur terre natale après paiement d’une rançon. Quelques noms de cette époque restent fréquents aujourd’hui dans la Venise Provençale : Olive, Chaix, Jourdan, Tourel, Pellegrin, Bouc, Vidal …

Evidemment, il ne faut pas confondre pirates (qui opéraient pour leurs comptes personnels) et corsaires. Ces derniers étaient employés par une autorité (un roi par exemple) pour piller et couler des navires marchands ennemis. Quelques corsaires français sont connus aujourd’hui par leurs exploits comme Jean Bart (1650-1702), René Duguay-Trouin (1673-1736) et Robert Surcouf (1773-1827).

Les Chrétiens européens ne sont pas exempts de tout reproche ayant enlevé des Africains pour les exploiter dans leur Nouveau Monde américain. Mais aujourd’hui, les actes de pirateries existent toujours, notamment sur les côtes de Somalie. Il en est de même pour l’esclavage de jeunes enfants mal payés travaillant pour de grandes multinationales dans des pays dits en voie de développement. Aussi, Robert a conclu sa conférence par cette question : Quelle différence avec les pirates barbaresques … L’Humanité a-t-elle vraiment progressé ?

Robert Strozzi remercié par Claude Teissier, trésorière des Amis du Vieil Istres.

 

Prochaine conférence : jeudi 13 février 2020, 18h00 : La présence de la NASA sur la base d’Istres dans le cadre de l’atterrissage d’urgence de la navette spatiale par Pascal Jacques (auditorium André Noël).
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La conférence de Gisèle Senes

Jeudi 12 décembre 2019 à l’auditorium André Noël, un large public est venu assister à la dernière conférence de l’année 2019 organisée par les Amis du Vieil Istres : Champollion et le secret des hiéroglyphes, par Gisèle Sénès, directrice de la médiathèque de Saint-Mitre-les-Remparts.

Après un rapide rappel géographique et historique sur l’histoire de l’Egypte ancienne et sur les 33 dynasties de Pharaons, la conférencière est entrée dans le vif du sujet : les mystérieuses hiéroglyphes (écriture des dieux en grec), langage le plus ancien après le sumérien. Car les Egyptiens avaient pour référence deux divinités : Thot, scribe des dieux, inventeur de l’écriture et Seshat, déesse de l’écriture, des bibliothèques et des archives.

Beaucoup de savants se sont attelés au déchiffrement des hiéroglyphes par des traductions erronées ou des interprétations fantaisistes tel l’Allemand Athanase Kircher (1602-1680) ou encore l’Anglais Thomas Young (1773-1829). Mais c’est le Français Jean-François Champollion (1790-1832) qui eut l’honneur d’en percer le mystère.

Gisèle Senes pendant sa conférence.

 

Champollion a su regrouper des analogies entre divers hiéroglyphes et ceux écrits sur la pierre de Rosette, une stèle découverte en 1799 lors de l’expédition de Napoléon et comportant trois écritures de l’Egypte ancienne : hiéroglyphique, démotique et celle utilisant l’alphabet grec. Ainsi l’histoire des Pharaons a pu être connue telle quelle l’a été écrite par les scribes de ces célèbres rois … jusqu’aux recettes de cuisine !

Champollion et ses successeurs se sont cependant heurtés à de nombreuses difficultés de déchiffrage telles les fautes d’orthographe, l’absence de ponctuation et de voyelles, une mauvaise transcription des textes écrits sur papyrus par les sculpteurs ou encore la priorité laissée à l’esthétique des cartouches avec des symboles placés dans un ordre inversé de lecture. Les Egyptiens connaissaient les nombres (mais pas le zéro inventé par les Arabes), retranscrits bien sûr par des symboles hiéroglyphiques, fractions comprises (1/2, 1/4…).

Gisèle Senes nous a présenté également deux autres systèmes d’écriture : l’écriture hiératique (dérivée et simplifiée des hiéroglyphes, utilisée entre 1900 et 1200 avant notre ère) et l’écriture démotique (simplifiée de la précédente et utilisée entre 400 et 100 avant notre ère. Mais ces deux nouvelles écritures ont toujours cohabité avec les hiéroglyphes jusqu’à la fin de la dernière dynastie des Pharaons.

Gisèle Senes a illustré sa conférences par de nombreuses illustrations qui ont permis au public de mieux saisir la complexité des symboles hiéroglyphiques. A titre d’exemple, voici le nom d’un des célèbres Pharaons nommés Ramsès : le cartouche débute avec un soleil (Ré, Ra en langage copte, l’enfant Horus étant le premier Pharaon et le fils d’Horus, dieu du ciel). Il se termine avec une double « épingle » correspondant un double S. Mais le second est inutile, soit un autre exemple lié à la complexité du déchiffrement des hiéroglyphes.

Gisèle Senes remerciée à la fin de sa conférence par
Michel Issert, secrétaire des AVI.

 

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La seconde conférence de Jean Philippe Lagrue

Rappelez-vous … Jeudi 9 mai 2019, Jean Philippe Lagrue, archéologue, historien et conférencier, était venu nous conter Le pays de l’étang de Berre au Moyen Age (Xe-XVe siècle) : châteaux, villages et territoires.

Il est revenu passionner le public de l’auditorium André Noël ce jeudi 28 novembre pour nous relater la suite sur le thème : Le pays de l’étang de Berre, de la Renaissance au Grand Siècle (XVIe-XVIIe siècles) : approches historiques et artistiques.

Au début de la Renaissance, Charles III du Maine cède la Provence à Louis XI. Voici les grandes lignes que Jean Philippe Lagrue a retracées sur notre chère région devenue française :

Marseille : Charles VIII, roi de France et fils de Louis XI, ordonne en 1488 la construction de galères à Marseille et y installe des garnisons. Le port phocéen sert de base de départ pour les guerres d’Italie.

Le Parlement de Provence : il est créé à Aix en 1501 par Louis XII, soit une juridiction suprême avec cour d’appel. La province est gérée par un gouverneur (organe direct de la parole du roi) alors que les affaires militaires sont attribuées à un lieutenant général. Puis François Ier imposera en 1549 la rédaction des textes législatifs en français (édit de Villers Cotteret).

Martigues : notre voisine, érigée en vicomté en 1472, devient principauté en 1580. Mais le vicomte de Martigues résidait au château de Lançon.

Fort de Bouc : port commercial à l’entrée du canal de Caronte mais aussi une fortification militaire. Mandaté par Charles Quint, l’amiral génois Andrea Doria n’a pu s’en emparer en 1536. Le fort sera amélioré entre 1601 et 1609 par Raymond de Bonnefons, ingénieur militaire du roi Henri IV puis par son fils Jean.

Les Guerres de Religion : la Provence n’a ressenti que quelques troubles, très éloignés du massacre de la Saint-Barthélemy. Cependant, entre 1560 et 1590, Salon fut à tour de rôle la propriété des protestants et des catholiques. Berre fut assiégé par les protestants tout comme Grans qui connut un pillage et la pendaison de quelques habitants.

Les fortifications : durant cette période du XVIe et XVIIe siècles, certains villages ont se sont fortifiés par la construction de remparts (ou la modification-consolidation des existants) : c’est le cas pour Alleins, Orgon, Saint-Chamas, Lançon, Miramas.

La peste : elle a sévi en Provence en 1518 où 30% des Provençaux ont péri. Le fléau a récidivé en 1528-1532, 1542, 1580-1582 ainsi qu’en 1629-31 où la population de Salon est passée de 3097 à 1100 habitants.

Jean Philippe Lagrue pendant sa conférence.

 

D’autres thèmes sur les rives de l’étang de Berre aux XVIe et XVIIe siècles se sont ensuite enchaînes, citons en vrac :

L’économie : Marseille, métropole économique depuis le Moyen Age, l’est restée et s’est renforcée par la création de nombreuses industries.

Les châteaux : Jean Philippe Lagrue a évoqué quelques édifices comme le château de Confoux remanié et vendu par l’archevêché d’Arles et le château de Cabasse (Miramas) dont la première mention remontre en 1606.

L’irrigation : avec la désormais célèbre construction de canaux dérivés de la Durance par l’ingénieur Adam de Craponne, ouvrant ainsi la voie à diverses cultures dans la plaine de la Crau et sa région immédiate.

Les bourdigues : notamment celles du canal de Caronte à Martigues prélevant dorades, anguilles et bien sûr des muges, base de la poutargue. A cette époque, l’Eglise imposait la consommation de poissons 150 jours par an.

Le mobilier et les céramiques principalement importées d’Italie à l’attention des nobles et des bourgeois visant l‘amélioration de leur confort.

La population : la Provence comptait 350 000 à 400 000 habitants. 200 maisons étaient recensées à Istres au XVIe siècle.

La poudrerie royale de Saint-Chamas construite en 1690 dont l’histoire a été souvent relaté lors des Rencontres historiques.

Les hôtels de ville dont il reste aujourd’hui quelques vestiges : Marseille, Aix, Martigues, Saint-Chamas … et Istres et sa Maison commune qui prenait place dans l’actuelle rue Alfred Courbon.

D’autres bâtiments tels l’hôtel de Foresta à Lançon (résidence du vicomte de Martigues), la maison de Nostradamus et la porte de l’horloge à Salon ainsi que Notre-Dame de la Tour à Entressen construite en 1505. Et aussi d’autres édifices religieux, souvent perchés : Notre-Dame de Vie (Roucas, Vitrolles), Notre-Dame des Marins (Martigues), Notre-Dame de la Madeleine (Saint-Chamas) sans oublier les confréries de Pénitents et les grandes églises, principalement celles de Martigues. Des églises décorées avec des tableaux et des retables (Saint-Chamas, Marignane, Martigues), notamment ceux du peintre Etienne Peson.

Jean Philippe Lagrue remercié à la fin de sa conférence par
Marcel Roos, membre du CA des AVI.

 

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Les activités 2020

Le programme des activités pour l’année 2020 est en partie finalisé … Le prix et l’heure des RDV des sorties vous seront communiqués ultérieurement. Voici cependant un résumé des principaux rendez-vous :  

1. Quatre sorties sont prévues :

Samedi 8 février 2020, après-midi. Visite du musée de la Laine à L’Isle-sur-la-Sorgue (musée Brun de Vian-Tiran et manufacture des fibres nobles depuis 1808).
Prix : 18 euros.
Départ du car : 13h30, esplanade Bernardin Laugier.
Réservation avant le 1er février.

Samedi 21 mars 2020, après-midi. visite du musée de la Légion étrangère à Aubagne.
Prix : 15 euros.
Départ du car : 13h00, esplanade Bernardin Laugier.
Réservation avant le 14 mars.

Samedi 4 avril 2020, journée complète dans le Gard :
Le matin : visite du musée du Désert à Mialet (histoire des Huguenots et des Camisards).
Après-midi : visite du musée du Scribe à Saint-Christol-lez-Alès (histoire de l’écriture).
Prix : 50 euros (repas de midi inclus au restaurant Le Cevenol à Anduze).
Départ du car : 7h30 précises
Réservation avant le 29 mars.

Samedi 16 mai 2020, journée complète à Montélimar (Drôme) :
Le matin : parcours touristique de la ville en petit train puis visite d’une fabrique de nougats.
Après-midi : visite du musée européen de l’aviation de chasse.
Prix : non défini (repas de midi inclus).
Départ du car : idem
Réservation avant le 9 mai.

Réservation des sorties :
Chèque à l’ordre des Amis du Vieil Istres et à envoyer à :
Les Amis du Vieil Istres, boulevard de la République (ancienne mairie), 13800 Istres.
ou à :
Huguette Giroussens, 40 Avenue Marcel Roustan. 13800 Istres.
Pour tout autre renseignement, tel : 06 23 98 17 85 ou 04 42 55 12 91.

2. L’assemblée générale :
Elle est fixée au samedi 28 mars 2020, à 10h00 au Pavillon de Grignan avec la remise du bulletin n° 42 et de 2 nouveaux hors-séries.

3. Quatre conférences sont prévues :

Trois à l’auditorium André Noël, nouvelle mairie :
– Jeudi 23 janvier 2020, 18h00 : Les esclaves chrétiens : l’or blanc des pirates barbaresques par Robert Strozzi, membre du bureau des AVI.
– Jeudi 13 février 2020, 18h00 : La présence de la NASA sur la base d’Istres dans le cadre de l’atterrissage d’urgence de la navette spatiale par Pascal Jacques.
– Jeudi 26 mars 2020, 18h00 : L’épopée de la morue de Terre Neuve à Port-de-Bouc par Joseph Ros.

Une autre conférence à l’Espace 233, CEC :
– Jeudi 9 avril 2020, 18h00 : La peste de 1720 à Marseille et en Provence par Claude Herrera, président des AVI.

4. Les Rencontres Historiques :
La date est fixée au samedi 3 octobre à 9h00. 4 communications historiques sont prévues (2 le matin et 2 l’après-midi). Le repas sera pris sur place (et toujours sur réservation au 04 42 55 12 91). Elles se dérouleront toujours au CEC, Espace 233. Le programme détaillé des RH sera transmis au cours de l’été 2020 à partir de la page d’accueil.

Pour plus de détails :

Accès direct à la page des conférences.

Accès direct à la page des sorties.

Accès direct à la page des Rencontres Historiques.

Accès direct à la page de l’Assemblée Générale.

Les Rencontres Historiques 2019

Samedi 5 octobre 2018, à l’espace 233 (CEC), se sont déroulées les 27e Rencontres Historiques de la ville d’Istres, organisées par les Amis du Vieil Istres.

Espace 233, 9h30, Claude Herrera, président des Amis des Amis du Vieil Istres, lance les
27e Rencontres Historiques de la ville d’Istres.

 

Après l’accueil du public et en présence de François Bernardini maire d’Istres et de Nicole Joulia, première adjointe, Jacques LEMAIRE, président des Amis du Vieux Saint-Chamas a ouvert les débats avec une première conférence intitulée : 6 novembre 1936 : une explosion dramatique à la Poudrerie de Saint-Chamas. En effet, ce 6 novembre 1936 à 16 H 42, une épouvantable explosion à la Poudrerie Nationale de Saint-Chamas a provoqué la mort de 53 personnes et des blessures à plus de 200 autres. C’est en voulant combattre les flammes qui embrasaient le bâtiment 104, destiné au finissage de la tolite (trinitrotoluène) que les infortunés ouvriers, dirigés par leur directeur, le colonel Jean Etienne Larroque, furent tués ou blessés. Une véritable tragédie aux lourdes conséquences vécue par la ville et ressentie par la France entière.

Professeur de lettres honoraire et ancien président de l’Académie d’Aix-en-Provence, Albert GIRAUD a enchainé sur le thème : Qu’est-ce qu’une vie de galérien ? Pendant plus d’un siècle, Marseille a vécu dans ses murs avec l’étrange monde des galères. Albert Giraud nous a transporté au sein de cet étrange vaisseau, propulsé à la rame, classé dans la catégorie des bateaux de guerre et rassemblant des personnels hétéroclites, pourtant complémentaires : tels des officiers, des matelots, des soldats et surtout des forçats … car la galère était un bagne flottant. Il nous a également éclairé sur les galériens, leur quotidien, la raison de leur enchainement, bref sur la vie de ces hommes rejetés par la société et pourtant associés aux missions régaliennes de l’Etat. .

Repas de midi (pour ceux qui avaient réservé) au CEC et au restaurant La Terrasse
(Maison Familiale de Vacances).

 

Après le repas de midi au centre familial de vacances, Brigitte SABATTINI, maitre de conférence à l’Université d’Aix-Marseille, a inauguré l’après-midi avec une conférence titrée : Les paysages de l’étang de Berre au rythme du labeur et des saveurs.. Depuis 2016, les communes de l’étang de Berre se sont lancées dans le projet d’inscription de l’étang sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que bien mixte et plus précisément en tant que paysage culturel, évolutif et vivant . C’est au sein de cette vaste dépression salée bordée de massifs calcaires, lieu de confluences où se côtoient des paysages naturels remarquables que la conférencière a entrainé son auditoire. L’idée est de retrouver les saveurs paysagères oubliées, le plus souvent effacées par la première image qui vient à l’esprit : la forte emprise de l’industrie (raffineries, aéroport, zones commerciales, centrale EDF de Saint-Chamas …). L’UNESCO et la prise de conscience par tout un chacun changerait fortement cette image et le devenir de ce patrimoine.

Les quatre conférenciers qui ont honoré les 27e Rencontres Historiques. De gauche à droite : Michel Sciara, Albert Giraud, Claude Herrera (président des AVI), Brigitte Sabattini et Jacques Lemaire.

 

Le médecin istréen Michel SCIARA nous a ensuite présenté la 4ème et dernière conférence des Rencontres Historiques 2019. Un sujet différent nous a fait cette fois voyager en Sicile, une île chère au conférencier : Frédéric II, stupor mundi pour les uns, démon issu des Enfers pour le Pape. Michel Sciara nous a conté l’histoire de Frédéric II (Frederic Von Hohenstaufen, 1194-1250), petit-fils de l’empereur Frédéric Barberousse et du roi Roger II de Sicile. Frederic II, roi de Sicile dès l’âge de 4 ans, a conquis le pouvoir impérial en partant de son île natale pour être reconnu empereur du Saint-Empire Romain Germanique grâce aux fidèles Chevaliers Teutoniques. Pour cela, il s’est entouré d’une cour d’érudits arabes pour bâtir de gigantesques édifices et faire de la Sicile une perle de la Méditerranée, ternissant même l’influence du Pape. Couronné de roi de Jérusalem par mariage en 1229, sa puissance l’a hissé à 26 ans au sommet de la hiérarchie des princes d’Occident. Divers Papes ont engagé une lutte à mort contre lui. Frédéric II sera excommunié deux fois, puis déposé. Aussi, après sa mort, en 1250, le Pape utilisera ses alliés Angevins et Provençaux pour exterminer sa descendance et asseoir sa puissance sur la Sicile.

Un vin d’honneur a clôturé ces 27e Rencontres Historiques. Vous pourrez retrouver plus en détails ces quatre conférences dans des articles qui paraitront dans le bulletin n°42 en mars 2020.

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Les Amis du Vieil Istres passent à la TV !

Deux Amis du Vieil Istres ont fait honneur à l’association lors d’un passage télévisé dans l’émission C’est le Sud diffusée sur la chaine PROVENCE AZUR (canal 30 de la TNT ou canal 375 de la box Orange et 362 de la box Bouygues). Il s’agit de Robert Strozzi, secrétaire adjoint des Amis du Vieil Istres, qui a présenté sur le plateau TV l’histoire d’Istres et de Claude Herrera, président des AVI, qui a été interviewé au pied de la chapelle Saint-Sulpice, du Portail d’Arles et de Notre-Dame de Beauvoir.

L’émission a été diffusée pour la première fois le lundi 10 juin 2019 à 7h00 du matin. Elle est rediffusée plusieurs fois par jour jusqu’au vendredi 14 juin inclus.

Mais vous pouvez également la voir sur YOUTUBE en cliquant sur le pavé ci-dessous :

Robert Strozzi avec Anne Limbour (à droite), présentatrice de l’émission et deux autres invités (à gauche).