La seconde conférence de Jean Philippe Lagrue

Rappelez-vous … Jeudi 9 mai 2019, Jean Philippe Lagrue, archéologue, historien et conférencier, était venu nous conter Le pays de l’étang de Berre au Moyen Age (Xe-XVe siècle) : châteaux, villages et territoires.

Il est revenu passionner le public de l’auditorium André Noël ce jeudi 28 novembre pour nous relater la suite sur le thème : Le pays de l’étang de Berre, de la Renaissance au Grand Siècle (XVIe-XVIIe siècles) : approches historiques et artistiques.

Au début de la Renaissance, Charles III du Maine cède la Provence à Louis XI. Voici les grandes lignes que Jean Philippe Lagrue a retracées sur notre chère région devenue française :

Marseille : Charles VIII, roi de France et fils de Louis XI, ordonne en 1488 la construction de galères à Marseille et y installe des garnisons. Le port phocéen sert de base de départ pour les guerres d’Italie.

Le Parlement de Provence : il est créé à Aix en 1501 par Louis XII, soit une juridiction suprême avec cour d’appel. La province est gérée par un gouverneur (organe direct de la parole du roi) alors que les affaires militaires sont attribuées à un lieutenant général. Puis François Ier imposera en 1549 la rédaction des textes législatifs en français (édit de Villers Cotteret).

Martigues : notre voisine, érigée en vicomté en 1472, devient principauté en 1580. Mais le vicomte de Martigues résidait au château de Lançon.

Fort de Bouc : port commercial à l’entrée du canal de Caronte mais aussi une fortification militaire. Mandaté par Charles Quint, l’amiral génois Andrea Doria n’a pu s’en emparer en 1536. Le fort sera amélioré entre 1601 et 1609 par Raymond de Bonnefons, ingénieur militaire du roi Henri IV puis par son fils Jean.

Les Guerres de Religion : la Provence n’a ressenti que quelques troubles, très éloignés du massacre de la Saint-Barthélemy. Cependant, entre 1560 et 1590, Salon fut à tour de rôle la propriété des protestants et des catholiques. Berre fut assiégé par les protestants tout comme Grans qui connut un pillage et la pendaison de quelques habitants.

Les fortifications : durant cette période du XVIe et XVIIe siècles, certains villages ont se sont fortifiés par la construction de remparts (ou la modification-consolidation des existants) : c’est le cas pour Alleins, Orgon, Saint-Chamas, Lançon, Miramas.

La peste : elle a sévi en Provence en 1518 où 30% des Provençaux ont péri. Le fléau a récidivé en 1528-1532, 1542, 1580-1582 ainsi qu’en 1629-31 où la population de Salon est passée de 3097 à 1100 habitants.

Jean Philippe Lagrue pendant sa conférence.

 

D’autres thèmes sur les rives de l’étang de Berre aux XVIe et XVIIe siècles se sont ensuite enchaînes, citons en vrac :

L’économie : Marseille, métropole économique depuis le Moyen Age, l’est restée et s’est renforcée par la création de nombreuses industries.

Les châteaux : Jean Philippe Lagrue a évoqué quelques édifices comme le château de Confoux remanié et vendu par l’archevêché d’Arles et le château de Cabasse (Miramas) dont la première mention remontre en 1606.

L’irrigation : avec la désormais célèbre construction de canaux dérivés de la Durance par l’ingénieur Adam de Craponne, ouvrant ainsi la voie à diverses cultures dans la plaine de la Crau et sa région immédiate.

Les bourdigues : notamment celles du canal de Caronte à Martigues prélevant dorades, anguilles et bien sûr des muges, base de la poutargue. A cette époque, l’Eglise imposait la consommation de poissons 150 jours par an.

Le mobilier et les céramiques principalement importées d’Italie à l’attention des nobles et des bourgeois visant l‘amélioration de leur confort.

La population : la Provence comptait 350 000 à 400 000 habitants. 200 maisons étaient recensées à Istres au XVIe siècle.

La poudrerie royale de Saint-Chamas construite en 1690 dont l’histoire a été souvent relaté lors des Rencontres historiques.

Les hôtels de ville dont il reste aujourd’hui quelques vestiges : Marseille, Aix, Martigues, Saint-Chamas … et Istres et sa Maison commune qui prenait place dans l’actuelle rue Alfred Courbon.

D’autres bâtiments tels l’hôtel de Foresta à Lançon (résidence du vicomte de Martigues), la maison de Nostradamus et la porte de l’horloge à Salon ainsi que Notre-Dame de la Tour à Entressen construite en 1505. Et aussi d’autres édifices religieux, souvent perchés : Notre-Dame de Vie (Roucas, Vitrolles), Notre-Dame des Marins (Martigues), Notre-Dame de la Madeleine (Saint-Chamas) sans oublier les confréries de Pénitents et les grandes églises, principalement celles de Martigues. Des églises décorées avec des tableaux et des retables (Saint-Chamas, Marignane, Martigues), notamment ceux du peintre Etienne Peson.

Jean Philippe Lagrue remercié à la fin de sa conférence par
Marcel Roos, membre du CA des AVI.

 

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Les Rencontres Historiques 2019

Samedi 5 octobre 2018, à l’espace 233 (CEC), se sont déroulées les 27e Rencontres Historiques de la ville d’Istres, organisées par les Amis du Vieil Istres.

Espace 233, 9h30, Claude Herrera, président des Amis des Amis du Vieil Istres, lance les
27e Rencontres Historiques de la ville d’Istres.

 

Après l’accueil du public et en présence de François Bernardini maire d’Istres et de Nicole Joulia, première adjointe, Jacques LEMAIRE, président des Amis du Vieux Saint-Chamas a ouvert les débats avec une première conférence intitulée : 6 novembre 1936 : une explosion dramatique à la Poudrerie de Saint-Chamas. En effet, ce 6 novembre 1936 à 16 H 42, une épouvantable explosion à la Poudrerie Nationale de Saint-Chamas a provoqué la mort de 53 personnes et des blessures à plus de 200 autres. C’est en voulant combattre les flammes qui embrasaient le bâtiment 104, destiné au finissage de la tolite (trinitrotoluène) que les infortunés ouvriers, dirigés par leur directeur, le colonel Jean Etienne Larroque, furent tués ou blessés. Une véritable tragédie aux lourdes conséquences vécue par la ville et ressentie par la France entière.

Professeur de lettres honoraire et ancien président de l’Académie d’Aix-en-Provence, Albert GIRAUD a enchainé sur le thème : Qu’est-ce qu’une vie de galérien ? Pendant plus d’un siècle, Marseille a vécu dans ses murs avec l’étrange monde des galères. Albert Giraud nous a transporté au sein de cet étrange vaisseau, propulsé à la rame, classé dans la catégorie des bateaux de guerre et rassemblant des personnels hétéroclites, pourtant complémentaires : tels des officiers, des matelots, des soldats et surtout des forçats … car la galère était un bagne flottant. Il nous a également éclairé sur les galériens, leur quotidien, la raison de leur enchainement, bref sur la vie de ces hommes rejetés par la société et pourtant associés aux missions régaliennes de l’Etat. .

Repas de midi (pour ceux qui avaient réservé) au CEC et au restaurant La Terrasse
(Maison Familiale de Vacances).

 

Après le repas de midi au centre familial de vacances, Brigitte SABATTINI, maitre de conférence à l’Université d’Aix-Marseille, a inauguré l’après-midi avec une conférence titrée : Les paysages de l’étang de Berre au rythme du labeur et des saveurs.. Depuis 2016, les communes de l’étang de Berre se sont lancées dans le projet d’inscription de l’étang sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que bien mixte et plus précisément en tant que paysage culturel, évolutif et vivant . C’est au sein de cette vaste dépression salée bordée de massifs calcaires, lieu de confluences où se côtoient des paysages naturels remarquables que la conférencière a entrainé son auditoire. L’idée est de retrouver les saveurs paysagères oubliées, le plus souvent effacées par la première image qui vient à l’esprit : la forte emprise de l’industrie (raffineries, aéroport, zones commerciales, centrale EDF de Saint-Chamas …). L’UNESCO et la prise de conscience par tout un chacun changerait fortement cette image et le devenir de ce patrimoine.

Les quatre conférenciers qui ont honoré les 27e Rencontres Historiques. De gauche à droite : Michel Sciara, Albert Giraud, Claude Herrera (président des AVI), Brigitte Sabattini et Jacques Lemaire.

 

Le médecin istréen Michel SCIARA nous a ensuite présenté la 4ème et dernière conférence des Rencontres Historiques 2019. Un sujet différent nous a fait cette fois voyager en Sicile, une île chère au conférencier : Frédéric II, stupor mundi pour les uns, démon issu des Enfers pour le Pape. Michel Sciara nous a conté l’histoire de Frédéric II (Frederic Von Hohenstaufen, 1194-1250), petit-fils de l’empereur Frédéric Barberousse et du roi Roger II de Sicile. Frederic II, roi de Sicile dès l’âge de 4 ans, a conquis le pouvoir impérial en partant de son île natale pour être reconnu empereur du Saint-Empire Romain Germanique grâce aux fidèles Chevaliers Teutoniques. Pour cela, il s’est entouré d’une cour d’érudits arabes pour bâtir de gigantesques édifices et faire de la Sicile une perle de la Méditerranée, ternissant même l’influence du Pape. Couronné de roi de Jérusalem par mariage en 1229, sa puissance l’a hissé à 26 ans au sommet de la hiérarchie des princes d’Occident. Divers Papes ont engagé une lutte à mort contre lui. Frédéric II sera excommunié deux fois, puis déposé. Aussi, après sa mort, en 1250, le Pape utilisera ses alliés Angevins et Provençaux pour exterminer sa descendance et asseoir sa puissance sur la Sicile.

Un vin d’honneur a clôturé ces 27e Rencontres Historiques. Vous pourrez retrouver plus en détails ces quatre conférences dans des articles qui paraitront dans le bulletin n°42 en mars 2020.

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La sortie du 18 mai 2019

Samedi 18 mai 2019, à 8h00, espanade Bernardin Laugier … une trentaine d’Amis du Vieil Istres ont pris le car pour se rendre dans le Gard où une double visite les attendait.

D’abord le Seaquarium le matin, ouvert au public depuis le 11 juillet 1989. Propriété de la ville du Grau-du-Roi, il a ensuite été plusieurs fois agrandi pour présenter aujourd’hui 200 espèces sur 2 400 m2 et évoluant dans 33 aquariums géants.

Photo souvenir devant l’entrée du Seaquarium.

 

Un immense bassin est consacré aux phoques et aux otaries, où les visiteurs peuvent assister à des spectacles repas depuis les gradins de l’amphithéâtre. Un espace est réservé aux tortues marines avec un espace muséographique et, depuis 2003, un centre de soins et de recherches pour tortues : le CESTMed (Centre d’Etudes et de Sauvegarde des Tortues marines de Méditerranée).

A cela s’ajoutent l’espace tropical, le paradis sous-marin des poissons multicolores et l’espace méditerranéen où la diversité des espèces étonne. Soient 2 000 espèces de poissons mais aussi de mollusques, hippocampes, étoiles de mer, crustacés, méduses, coraux …

Le Seaquarium est réputé pour être le n°1 du requin en France. Aussi, une trentaine d’espèces nage dans le Requinarium, un espace constitué de 8 aquariums sur 1 000 m2 et sur deux étages. Le Requinarium est traversé par un tunnel en verre de 22 mètres (le premier construit en Europe).

Enfin, au cours de la visite, l’espace Imaginarium qui comprend maquettes, jeux interactifs, théâtre optique, un parcours enfants … Notons que le Seaquarium comprend également un institut marin agissant pour préserver les espèces marines et les écosystèmes méditerranéens.

Après le repas de midi au Patio de la Mer (Seaquarium), les Amis du Vieil Istres se sont rendus aux
Salins du Midi à Aigues-Mortes où une visite en petit train les attendait.
Un TGV plutôt Grandes Vibrations que Grande Vitesse …

 

C’est donc un petit train touristique qui a emmené à 14h00 les Amis du Vieil Istres visiter l’exploitation des Salins du Midi. Ils appartiennent au groupe Salins, l’un des principaux saliniers européens, propriétaire de salins en France et à l’étranger (Italie, Espagne, Afrique). Cette multinationale est également la seule à se consacrer exclusivement à la production et à la commercialisation de sel (dont la célèbre marque La Baleine créée en 1934). Sa capacité de production s’élève à 4 millions de tonnes de sel par an.

Aigues-Mortes est une commune à vocation salinière depuis le IVe siècle avant JC. Le salin fut amélioré par Pecchius, un ingénieur romain qui créa le canal de Peccais (dérivé de son nom) amenant l’eau de mer aux abords des remparts. La culture du sel s’est ensuite poursuivie par des petits propriétaires jusqu’aux inondations de 1840 et 1842. A cette date, le site détruit est repris par le sieur Rigal jusqu’en 1856 où les salins sont rachetés par une nouvelle compagnie : les Salins du Midi.

Le site est immense. Il s’étend sur 18 kms (nord-sud) et 13 kms (est-ouest). 350 kms de routes et chemins le sillonnent.

Sur le site des salins d’Aigues-Mortes, 200 espèces d’oiseaux, dont 157 espèces protégées, sont présentes. Les oiseaux migrateurs sont peu dérangés dans les vastes étendues de cette entreprise où ils trouvent un grand réservoir alimentaire et un lieu de reproduction. C’est aujourd’hui la première réserve de flamants roses en Europe. Un site où la récolte du sel depuis des centaines d’années a favorisé une flore particulière et spécifique. Soient 208 espèces végétales dont 20 sont protégées. Le site fait partie du parc naturel et régional de Camargue. Il est classé Natura 2000.

Photo souvenir en haut d’une camelle datant de 2013.

 

Les Salins du Midi sont connus dans la région istréenne. En effet, cette société, créée en 1856, avait aussitôt racheté les salins autour des étangs de Lavalduc et d’Engrenier (à l’exception des salins Cappeau). Ce rachat incluait la fabrique de produits chimiques du Plan d’Aren créée au début du XIXe siècle. On en reparlera de manière plus détaillée dans le bulletin 2022 des AVI.

Cliquez sur les pavés ci-dessous pour voir plus d’images et d’explications sur le Seaquarium (matinée) et sur les Salins d’Aigues-Mortes (après-midi).

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La conférence de Jean Philippe Lagrue

Jeudi 9 mai 2019, Jean Philippe Lagrue, archéologue et conférencier, a su, par son talent, passionner le public de l’auditorium André Noël sur le thème : Le pays de l’étang de Berre au Moyen Age (Xe-XVe siècle) : châteaux, villages et territoires.

Alors qu’aujourd’hui le plus grand étang salé d’Europe pourrait être classé à l’UNESCO, l’histoire des communes qui entourent l’étang de Berre débute en 962. Certes, par leurs fouilles, les archéologues ont décelé des habitats plus anciens mais aucun texte officiel ne les mentionne avant cette date.

Jean Philippe Lagrue a débuté sa conférence avec des cartes anciennes en décrivant la flore de ce Moyen Age avec en particulier celle de la Nerthe où le chêne vert dominait le pin d’Alep. Cette forêt était à cette époque un defens seigneurial où seuls les nobles pouvaient chasser le cerf et le sanglier. Des arbres ont aujourd’hui disparu tels le noisetier, l’érable, l’hêtre et le châtaignier.

Jean Philippe Lagrue pendant sa conférence.

 

Les châteaux sont mentionnés pour la première fois au Xe siècle dans les communes de Marignane, Vitrolles, Saint-Chamas, Miramas, Les Pennes, Jonquières (Martigues), Fos et Istres. Apparait ensuite une seconde génération de châteaux autour de l’étang de Berre entre 1050 et 1150 dans les communes de Berre, Châteauneuf, Cornillon, l’Ile de Saint Genies et Ferrières (Martigues), La Fare, Gignac, Grans, Lançon et Saint-Mitre.

Des villages se sont apparemment construits au bas de ces châteaux entourés de remparts de protection qui délimitaient le bourg de la campagne. Ils ont appartenu au Moyen Age (Xe-XVe siècle) à différents propriétaires :

  • L’archevêché d’Arles pour Salon, Grans, Saint-Chamas, Castelveyre (Saint-Blaise), Ferrières (Martigues) et Fos où la famille des Porcelet a partagé la seigneurie avec l’archevêché. Une famille seigneurale qui devint ensuite propriétaire des territoires et châteaux sur les domaines de Castelveyre, l’Ile de Saint-Genies et Saint-Mitre. Grans est un cas particulier. Le village s’est construit non pas au bas d’un castrum mais autour d’une église.
  • La seigneurie des Baux, la plus importante sur le plan politique, pour Berre, Châteauneuf, La Fare, Marignane, Rognac, Vitrolles, Lançon et bien sûr : Istres qui comptait 672 habitants en 1378.
  • Les Templiers à Gignac dont il reste aujourd’hui les vestiges de la chapelle Saint-Michel au bord de l’autoroute.
  • Le comte de Provence avec l’ile de Saint-Genies (à partir de 1226) et le fort de Bouc (également à partir de 1226 après avoir été la propriété des seigneurs de Fos). Ce qui lui permettait de verrouiller l’entrée de l’étang de Berre et d’exercer un droit de passage, y compris entre les quartiers martégaux de Jonquières et de Ferrières.
  • Enfin, l’abbaye de Montmajour pour Cornillon, Miramas (le-Vieux) et Jonquières (Martigues).

La partie suivante de la conférence de Jean Philippe Lagrue s’est portée sur les ressources des habitants de ces villages. La vigne prédominait (car on préférait le vin à l’eau) au sein d’autres cultures comme les céréales et l’olivier. Les villageois possédaient des petits jardins complémentaires où ils cultivaient bettes, concombres, choux, épinards, orties, laitues, asperges, pois, fèves, ail, oignons, genévrier et autres arbres fruitiers tels l’amandier, le figuier, le murier et le pommier. Certaines denrées étaient prélevées dans la nature dans des secteurs autorisés.

Dans la nature, on prélevait également le vermillon sur les chênes kermès) pour la teinture rouge. Cette économie sauvage rapportait quelques sous aux habitants qui devaient malgré tout payer une taxe au seigneur. Istres a bien connu cette époque.

La viande consommée était en premier lieu le mouton suivi du porc et du bœuf. La pêche provenait essentiellement des bourdigues. Les villageois, très pieux, mangeaient du poisson environ 150 jours par an. La chasse en barque permettait de prélever quelques foulques alors que le cygne était un mets réservé aux seigneurs.

Jean Philippe Lagrue a ensuite terminé sa conférence non sans avoir évoqué les carrières (celles de Fos au Collet de la Carbonnière et de La Couronne) et bien sûr le sel exploité depuis l’Antiquité tout autour de l’étang de Berre et notamment sur le rivage de l’étang de Lavalduc. Vous en saurez plus sur le Moyen Age autour de l’étang de Berre dans le prochain bulletin (mars 2020) où paraîtra l’article de Jean Philippe Lagrue.

Jean Philippe Lagrue remercié en fin de conférence par Huguette Giroussens,
vice-présidente des Amis du Vieil Istres.

 

Prochaine conférence : rendez-vous le samedi 5 octobre 2019 pour les Rencontres Historiques. Le programme des 4 conférences prévues vous sera communiqué au cours de l’été.

Prochain rendez-vous : sortie en car (journée complète) le 18 mai 2019 au Seaquarium (Grau-du-Roi) suivi l’après-midi de la visite des Salins du Midi à Aigues-Mortes. Prix : 48 euros par personne, repas du midi inclus. Il reste quelques places … Tel : 04 42 55 12 91.

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Le musée Jean Moulin à Saint-Andiol

En avril ne te découvre pas d’un fil… l’adage a pu être vérifié ce samedi 6 avril 2019. La baisse brutale des températures et la pluie battante n’ont pas découragé les Amis du Vieil Istres qui s’étaient inscrits pour visiter le musée Jean Moulin (Souvenirs de mon pays) à Saint-Andiol. Une commune qui lui avait déjà dédié une rue, une place, une école maternelle et désormais ce musée, inauguré le 6 juillet 2018. Il est né grâce à la volonté du maire Luc Agostini et à l’investissement de l’historien Thomas Rabino.

Ce musée occupe un espace de 200 m2 en lieu et place d’une ancienne école communale restaurée que Jean Moulin a fréquenté en tant qu’élève. Il rassemble 10 années de travaux, de recherches et de collectes. 200 photos rares, des films d’époque ainsi que des documents et objets inédits retracent ainsi l’histoire de Jean Moulin, qui a passé son enfance à Saint-Andiol. Les Amis du Vieil Istres ont pu découvrir un Jean Moulin méconnu, souvent masqué par son illustre parcours de résistant et de martyr.

Photo souvenir dans le hall du musée Jean Moulin.

 

La première salle est dite républicaine. Elle offre des panneaux relatant l’enfance de Jean Moulin, son attachement à Saint-Andiol, son itinéraire d’étudiant (licencié en droit), sa mobilisation lors de la Première Guerre mondiale, sa nomination au poste de sous-préfet d’Albertville (Savoie) en 1925 (le plus jeune de France à cette époque) puis au poste de sous-préfet à Châteaulin (Finistère) en 1930, sa nomination au poste de préfet à Chartres (Eure-et-Loir) où il sera révoqué par Vichy le 2 novembre 1940, son mariage éphémère en 1926 avec Marguerite Cerruty, sa passion pour l’art et la peinture.

La seconde salle est dite route résistante. Car comment oublier les activités clandestines de Jean Moulin ? Ainsi, de nouveaux panneaux décrivent ses activités durant la Résistance. Après avoir été relevé de ses fonctions de préfet par le gouvernement de Vichy, Jean Moulin retourne à Saint-Andiol où il s’installe dans la maison de ses parents. Il déclare à la mairie sa nouvelle profession (agriculteur) et son faux nom (Joseph Mercier), une couverture masquant ses activités de l’ombre.

Ces documents retracent également ses autres pseudonymes de résistant (Rex, Max … sous lesquels se cachait la véritable identité du patron des MUR : Mouvements Unis de la Résistance), ses faux papiers sous les identités de Joseph Jean Mercier ou encore de Jacques Martel, sa traque par les Allemands, son arrestation, les tortures infligées par Klaus Barbie (chef de la Gestapo), son décès le 8 juillet 1943 … jusqu’à l’entrée de ses cendres présumées au Panthéon. Une entrée illustrée par un document d’archive particulier. Il s’agit de la vidéo du discours d’André Malraux dont voici un court extrait : Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège … bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret …

Pendant la visite de la salle dite route Route Résistante.

Entre ces deux salles, le clou du musée : un SAS reconstitue la mission Rex, c’est-à-dire la mission ordonnée par le général de Gaulle que Jean Moulin avait rencontré le 23 octobre 1941. Ce jour-là, l’enfant de Saint-Andiol devient le délégué personnel du général pour unifier et financer la Résistance dans la zone sud de la France. La mission Rex a débuté par un parachutage (dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942) de Jean Moulin, Raymond Fassin et Joseph Monjaret au-dessus des Alpilles. Les trois résistants ont pu rejoindre le maset d’Eygalières (propriété de Jean Moulin), pour parvenir ensuite à intégrer au MUR, les trois principales organisations clandestines : Combat, Libération et Franc-Tireur.

Le groupe des Amis du Viel Istres s’est scindé en deux. Pendant que le premier visitait le musée, l’autre partie a pu voir un film dans une salle cinéma, retraçant la vie de ce résistant hors du commun.

Prochaine sortie : le samedi 18 mai (journée complète) avec la visite du Seaquarium (Grau-du-Roi), suivie l’après-midi de la visite des Salins du Midi à Aigues-Mortes.

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Le château d’If, conférence de Robert Strozzi

Ce jeudi 4 avril, Robert Strozzi, secrétaire adjoint des Amis du Vieil Istres, nous a offert, à l’Espace 233, une magnifique conférence : Le roman du Château d’If : légendes et réalités.

Parti d’un poème de Jacques Barreau, écrit en 1871 (l’un des derniers prisonniers politiques que compta le Château d’If), Robert nous a d’abord décrit le célèbre îlot marseillais dont le nom provient sans doute du grec hypos: petite île, les Phocéens l’ayant baptisé Hypée.

Ce rocher a, pendant des siècles, constitué un refuge pour les pirates et autres contrebandiers. Il n’a appartenu à personne jusqu’au XIVe siècle. Car, il faudra attendre l’an 1381 pour que Jeanne de Naples, comtesse de Provence, se l’approprie, comme elle s’est appropriée toutes les îles, depuis Marseille jusqu’à Toulon.

Après l’annexion de la Provence au royaume de France en 1481, François Ier décide en 1524 de fortifier l’îlot afin de sécuriser la rade de Marseille. Les tours du fort sont munies de canons. Ce qui n’est pas du goût des Marseillais, inquiets de leur indépendance, car le fort est munie d’une garnison dévouée au roi de France et peut servir à les intimider en cas de conflit sur leurs privilèges. En 1533, François Ier se rend à Marseille pour le mariage de l’un de ses fils : Henri (futur Henri II) avec Catherine de Medicis et constate que le fort est pratiquement achevé.

En 1590, lors des guerres de religion, les troupes du Grand-duc de Toscane bivouaquent au pied du fort et construisent une enceinte provisoire. Celle-ci sera reprise et améliorée par l’ingénieur Raymond de Bonnafous, responsable des fortifications pour la Provence, de 1600 à 1607, sous le règne d’Henri IV. Le Grand-duc de Toscane ayant prêté beaucoup d’argent à Henri IV, le château d’If sert alors (provisoirement) de gage

Robert Strozzi, assisté de Yolande Issert.

 

Sous Louis XIV, Vauban juge l’emplacement de l’île très bon pour défendre Marseille mais il souligne la construction paresseuse du fort, prévu à une époque où l’artillerie n’était qu’à ses balbutiements. Des négligences qu’il va s’empresser d’améliorer. Depuis 1598, le fort est géré par la famille de Fortia, viguiers de Marseille. Il en sera ainsi, de père en fils, jusqu’en 1771. L’île d’If devient alors un rendez-vous de pique-niques auxquels participent le roi ainsi que des nobles telle la marquise de Sévigné et la comtesse de Grignan.

Robert nous a ensuite détaillé le fort de bas en haut et de long en large avant de l’aborder sous l’angle carcéral. Car dès 1540, il a servi de prison, enfermant des prisonniers de droit commun ou hébergeant, à l’écart de Marseille, des galériens malades. 3 500 protestants du sud du royaume y ont été incarcérés. Cependant, parmi les légendes du château d’If, il faut souligner que le marquis de Sade et le masque de Fer, n’y ont jamais été emprisonné. Mais certaines personnalités célèbres (comme Honoré Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, 1749-1791) l’ont été.

La Révolution n’a pas eu d’impact direct sur la vie de l’îlot, les contre-révolutionnaires étant guillotinés sur place à Marseille. Plus tard, au cours du XIXe siècle qui connut divers régimes de gouvernement, les cachots ont accueilli durant cette époque de nombreux opposants politiques. Des incarcérations qui se sont poursuivies jusqu’à la Grande Guerre 1914-1918 où furent alors emprisonnés des Allemands travaillant en France où en visite touristique ainsi que des Français soupçonnés d’espionnage et de collaboration avec l’ennemi.

Quant à Edmond Dantès, le célèbre évadé devenu comte de Monte-Cristo dans le roman du non moins célèbre Alexandre Dumas, c’est évidemment une fiction mais qui a rendu célèbre les prisons de ce château, effaçant presque l’histoire militaire du fort et de l’îlot. Une renommée qui a largement contribué à rendre le site touristique, après avoir été classé monument historique en 1926.

En fin de conférence, Robert a été applaudi et remercié ici par Michel Issert, secrétaire des AVI.

 

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 9 mai 2019, 18h00 à l’auditorium André Noël (nouvelle mairie): Le pays de l’Etang de Berre au Moyen Age : châteaux, villages et territoires par Jean Philippe Lagrue, archéologue, chargé de mission

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L’assemblée générale 2019

Malgré l’absence de la municipalité, prise par l’inauguration du pôle mère-enfant Simone Veil, les Amis du Vieil Istres ont tenu leur assemblée générale au pavillon de Grignan, ce samedi 23 mars 2019.

Les présents (plus de 50 adhérents) et les 26 bons pour pouvoir ont permis d’avoir le quota nécessaire pour débuter la séance. René Giroussens a lancé les débats en annonçant aux plus grands regrets de tous, les décès survenus l’année 2018 avec notamment celui de Jean Pierre Bonnet, président des AVI de 2006 à 2014.

L’assemblée générale s’est ensuite déroulée sans accroc avec la lecture du PV de l’AG du 24 mars 2018, le rappel des activités 2018, la présentation des activités 2019 et la présentation des comptes 2018, approuvés par les commissaires délégués à cet effet.

Signalons l’entrée dans le conseil d’administration de Michel Rubio et de Marcel Roos alors que Bernard Faure nous quitte pour convenance personnelle.

Enfin, Claude Herrera, président des AVI, a présenté le bulletin n°41, toujours offert gratuitement en fin d’assemblée aux adhérents. Lors de son intervention, la trésorière a signalé qu’un second hors-série (Les acquisitions de la municipalité istréenne et du SAN) paraitra en 2020 et sera également remis gratuitement aux adhérents avec le bulletin n°42.

Présentation du bulletin n°41 par les membres du Conseil d’Administration .
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Le musée de la Romanité à Nîmes

Samedi 9 mars 2019, une trentaine d’Amis du Vieil Istres ont pris le car pour la visite du musée de la Romanité à Nîmes. Un musée récent, inauguré le 2 juin 2018 en présence de Françoise Nyssen, ministre de la Culture. Il rassemble 25 siècles d’histoire grâce à 5 000 pièces exceptionnelles et 64 dispositifs multimédia. Cet immense musée a remplacé le précédent plus modeste et situé dans l’ancienne école des Jésuites.

Le musée de la Romanité présente trois périodes sur l’histoire de Nîmes et de sa région. La première est préromaine et s’étend du VIIe siècle au Ier siècle avant JC. D’abord avec les Gaulois sédentarisés à Nîmes, près de la source de la Fontaine mais aussi autour de la capitale gardoise avec le site de Grezan et l’oppidum de Gailhan où une maison entière a été reconstituée. Ces salles présentent également le mobilier des habitants et les monnaies employées.

Photo souvenir devant les arènes de Nîmes.

 

La seconde période occupe de toute évidence le plus d’espace. Il s’agit bien sûr de la Romanité avec des salles consacrées à l’urbanisme, au décor architectural, à l’habitat, aux fresques et mosaïques, à l’épigraphie, aux monnaies, aux religions et aux pratiques funéraires. Parmi les nombreuses mosaïques présentées, deux sont exceptionnelles : la mosaïque de Penthée, découverte en 2007 à Nîmes lors des fouilles préventives du parking Jean Jaurès. Datée du IIe siècle après JC, elle a dû être restaurée avant son déplacement délicat au musée. 35 m2 rassemblent des tesselles en calcaire, verre et terre cuite. La seconde est la mosaïque de Bellérophon, âgée de 2 000 ans. Elle a été découverte sous le cours Gambetta en 1950. Ses 14 m2 et son poids (3 tonnes) ont nécessité une installation dans le musée deux avant son inauguration. Le toit du bâtiment n’était pas encore posé.

Vous accèderez bientôt aux images de quelques-unes de ces pièces exceptionnelles et à bien d’autres qui ne seront que le pâle reflet des 5 000 pièces offertes aux yeux du public.

La mezzanine des mosaïques.

Enfin, la troisième période du musée est double. Des salles sont consacrées à la période médiévale avec de nombreuses sculptures et d’autres à la période 1500-1900 avec les maquettes en liège de l’archéologue nîmois Auguste Pellet (1785-1865).

Le musée de la Romanité possède également un auditorium, des espaces consacrés à des expositions temporaires, des ateliers pédagogiques, un centre de documentation, une boutique librairie et bien sûr des bureaux administratifs. Mais c’est au dernier étage du bâtiment que les Amis du Vieil Istres ont profité de la terrasse du bâtiment qui offre une vue panoramique sur 360°, arènes incluses.

Prochaine sortie : le samedi 6 avril (après-midi) avec la visite du musée Jean Moulin à Saint-Andiol.

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Les Procès en sorcellerie, conférence de Marc Suarez

Ce jeudi 28, dernier jour du mois de février 2019, Marc Suarez, membre du conseil d’administration des Amis du Vieil Istres, nous a offert à l’Espace 233 une superbe conférence sur les Procès en sorcellerie au XVIIe siècle en Provence.

En 1609, un curé de Marseille, chargé de faire l’éducation de trois jeunes filles mineures, en a profité pour abuser de l’une d’entre elles. Sous prétexte de lui avoir voler sa virginité pour la donner au Diable, son (pseudo) directeur spirituel fut condamné à mort en 1611 alors que la malheureuse mineure, d’abord déclarée possédée par ce même curé, eut du mal à guérir de son emprisonnement avant de s’exiler et de vivre en recluse.

Après cet exemple, Marc a démontré l’origine de sorcellerie. Elle trouve sa source dans l’Eglise qui avait fixé les limites entre le bien et le mal, Dieu ne pouvant être autrefois que le seul refuge où l’on échappait à Satan.

Les femmes ont très souvent été victimes de ces chasses aux sorcières : les charmantes et les célibataires par jalousie de leur entourage, les laides par leur aspect physique, les hérétiques, les païennes et les guérisseuses ou sages-femmes de l’époque accusées de pratiquer une médecine parallèle. Dans tous les cas, les femmes étaient considérées comme plus faible intellectuellement que les hommes. Si certaines avaient le courage de contredire l’autorité, cette force ne pouvait provenir que du mal au travers de Satan … auquel elles n’avaient pu résister par leur faiblesse naturelle.

Mais les jugements contre ces personnes qui avaient (soi-disant) pactisé avec le Diable, ne pouvaient conduire les accusés qu’au bûcher. Les magistrats étaient répressifs, cherchant dans leur verdict à plaire avant tout au public, au Roi et à l’Eglise. Les accusés n’avaient pas d’autre choix que d’avouer leurs actes maléfiques sous la torture, préalablement confortés par des recherches de preuve physique. Ainsi, un seul grain de beauté n’était qu’autre qu’une trace du Diable et s’avérait suffisant pour les qualifier de sorcier ou de sorcière.

Marc Suarez pendant sa conférence qu’il a illustrée par de nombreuses images de tableaux de sorcellerie car l’art permet de dire des choses que la parole ne permet pas.

La conférence s’est terminée par des analogies à la sorcellerie contemporaine. D’abord avec le Stalinisme et sa dictature qui a employé des moyens analogues à ceux des magistrats d’antan pour contrer, soumettre ou éliminer les récalcitrants au régime soviétique. Il en fut de même avec le Maccarthisme, période de l’histoire américaine, connue également sous le nom de Peur rouge et qualifiée de chasse aux sorcières à l’encontre des partisans du communisme.

Ensuite, par une autre forme de sorcellerie contemporaine se traduisant par la magie des marabouts, la voyance, l’horoscope, les remèdes de grand-mères et la superstition car, selon certains, il est dangereux de passer sous une échelle ! Aujourd’hui, le cinéma participe également à la sorcellerie contemporaine, au travers de films à succès, telle la série des Harry Potter.

En fin de conférence, Marc a été applaudi et remercié ici par Pierre Fontaine, membre des AVI.

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 7 mars 2019, 18h00 à l’auditorium André Noël (nouvelle mairie): Laïcité : un principe menacé ou liberticide par Jean-François Noyes, administrateur territorial hors classe, retraité.

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L’énigmatique disparition d’Antoine de Saint-Exupéry

Malgré un mistral glacial, l’auditorium André Noël (nouvelle mairie) était presque plein ce jeudi 10 janvier pour la première conférence organisée par les Amis du Vieil Istres. En effet, Michel Issert, secrétaire l’association, a ouvert les débats de l’année 2019 par une conférence consacrée à Antoine de Saint-Exupéry.

Après une inévitable présentation de la généalogie et de la carrière de l’écrivain et pilote français, Michel a orienté ses propos sur le mystère entourant sa disparition, survenue le 31 juillet 1944. Ce jour-là, Antoine de Saint-Exupéry décolle à 8h25 d’un aéroport près de Bastia pour une mission militaire de reconnaissance photos dans le Vercors. Lors de son retour, il est repéré par les Allemands qui auraient aussitôt envoyé un avion de chasse à sa poursuite et abattu l’avion du célèbre écrivain. Mais où ?

Toutes les recherches effectuées sur le rivage méditerranéen, de Marseille jusqu’à Nice se sont avérées infructueuses … jusqu’au 7 septembre 1998, où Jean Claude Bianco, patron pêcheur de Mazargues, remonte de ses filets un objet avec quelques éclats brillants. La prise a eu lieu sur la partie marseillaise des calanques de Cassis. Après maints nettoyages, l’objet s’avère être une gourmette d’environ 35 grammes sur laquelle apparait après brossages d’abord la gravure Antoine prolongée après d’autres brossages par Saint Exupéry.

Michel Issert pendant sa conférence.

Si cette gourmette est vraiment celle de l’aviateur abattu le 31 juillet 1944, l’épave de son avion ne doit pas être bien loin. Ainsi commencent les recherches sous-marines par la célèbre COMEX. Des recherches secrètes mais qui n’ont pu le rester jusqu’au 28 octobre 1998, date où vont commencer les ennuis de Jean Claude Bianco. Car, selon la loi, il aurait dû déclarer la gourmette au plus tard 48 heures après sa découverte au DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines). Jean Claude Bianco est même accusé d’avoir violé cette loi du 1er décembre 1989 relative aux biens culturels maritimes. Il doit rendre aux autorités la gourmette à contre-cœur.

La gourmette sera ultérieurement restituée à la famille Giraud d’Agay, héritière légitime de l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, décédé sans enfant (Gabrielle, sœur d’Antoine, avait épousé Pierre Giraud d’Agay). Une famille héritière qui va rentrer en conflit avec le patron pêcheur de Mazargues. Cependant, après avoir récupéré la gourmette, elle a toujours refusé de reconnaître son authenticité mais ne voulait en aucun cas la rendre à celui qui l’avait découverte.

Jean Claude Bianco vit alors plusieurs années de déprime. A son procès, il est débouté et condamné à verser 300 euros d’amende à chaque héritier d’Agay. Différentes voies de presse (journaux télévisés, Paris Match, Science et Vie …) le font passer pour un usurpateur et la gourmette pour une galéjade marseillaise. Mais les détracteurs parisiens et la famille Giraud d’Agay ont dû revoir leur copie …

En effet, le 1er septembre 2003, soit après 5 années de recherches sous-marines, Luc Vanrell de la COMEX trouve enfin une épave inconnue près de l’île de Riou … Après avoir été remontée, elle a été formellement identifiée pour être celle de l’avion piloté par Antoine de Saint Exupéry : carcasse d’un bimoteur P38 Lightning avec numéros de série correspondants.

Jean Claude Bianco a ensuite été réhabilité et conclu un pacte de paix avec la famille d’Agay. Quant à la carcasse remontée, elle a d’abord été exposée à la base d’Istres puis envoyée au Bourget où un espace Saint Exupéry a été créé.

Le lieutenant allemand Horst Rippert (1922-2013) a déclaré en 2008, être le pilote (aux commandes d’un Messerschmitt BF 109) qui a abattu le Lightning P38 de Saint Exupéry le 31 juillet 1944. C’est aujourd’hui la thèse la plus probable expliquant le crash de l’avion français. Horst Rippert était le frère ainé du chanteur Ivan Rebroff (né Hans Rolf Rippert).

Michel Issert et son épouse Yolande, tous deux remerciés en fin de conférence.

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 28 février 2019, 18h00 à l’Espace 233 (CEC): Procès en sorcellerie au XVIIème siècle en Provence par Marc Suarez, membre du bureau des AVI.

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