Vos prochains RDV (novembre 2022)

Les Amis du Vieil Istres ont prévu une nouvelle conférence et une sortie supplémentaire en novembre 2022 :

Samedi 19 novembre 2022 : sortie près d’Aix-en-Provence avec la visite du site mémorial du Camp des Milles (après-midi).

Jeudi 24 novembre 2022 : conférence de Jacques Lemaire sur les maisons troglodytiques de Saint-Chamas.

Les dates sont à confirmer. Les heures, lieux (et inscriptions-prix pour la sortie) vous seront communiqués dès que possible sur cette même page internet.

Les Rencontres Historiques 2022

Samedi 1er octobre 2022, à l’espace 233 (CEC), se sont déroulées les 30e Rencontres Historiques de la ville d’Istres, organisées par les Amis du Vieil Istres.

Après l’accueil du public et le discours d’inauguration de Nicole Joulia, première adjointe, Michel METENIER, historien et président de l’association Mémoires de Gignac, a ouvert les débats sur le thème : Marseille sous le Premier Empire : à la recherche de Napoléon . En 1793, les Bonaparte de Corse s’enfuient de l’île de Beauté et passent par Marseille : Letizia (mère du futur Napoléon Ier) et une partie de sa progéniture y restent quatre ans. La réussite militaire du jeune Napoléon sortira le clan de la misère et de l’anonymat. Après le coup d’Etat (brumaire an VIII), Marseille, à l’image du pays, est aux ordres du Premier Consul : l’ordre est rétabli, les masses de granit s’imposent (préfet, lycée, concordat…). Les Marseillais n’ont pas la parole car la vie politique est muselée. La bourgeoisie est elle aussi mécontente, la guerre n’étant jamais favorable au commerce. Le blocus continental a engendré une catastrophe pour le port. Après 1810, on voit même des distributions de pain, de viande et de soupe populaire. La chute de l’Empire est ensuite accueillie dans une joie véritable. Marseille va alors connaître une première transformation urbaine, des bâtiments sont bâtis et des espaces sont aménagés … Michel Metenier nous a alors fait visiter le centre-ville de cette époque.

Les quatre conférenciers sont fins prêts. De gauche à droite :
Caroline Pane, Christian Giroussens, Michel Metenier et Nicole Bonsignori.

 

Docteur en Histoire des Universités Aix-Marseille et Bologne, Caroline PANE a enchainé sur le thème : La Casa d’Italia : les Italiens et le fascisme italien à Marseille. La cité phocéenne est historiquement marquée par la Grande émigration italienne de la fin du XIXe siècle. Une période assez connue sauf celle qui concerne les années sombres du fascisme, de l’entre-deux-guerres et de la Seconde Guerre mondiale. Le régime de Mussolini a pourtant porté une attention toute particulière aux Italiens à l’étranger ( gli italiani all’estero ) selon la terminologie fasciste. Plus de 100 000 Italiens résidant à Marseille constituaient alors un levier stratégique pour l’exportation de l’idéologie fasciste et les ambitions impériales de Mussolini.

En 1936, le régime entreprend l’édification d’un vaste complexe architectural : la Casa d’Italia. Cette Maison d’Italie va devenir jusqu’à la fin de la guerre le théâtre du Culte du littorio, la religion civique du fascisme, dont elle va afficher les emblèmes. Tous les Italiens émigrés à Marseille ne fréquentaient pas la Casa certes mais sa dimension physique et symbolique n’était pas négligeable, d’autant plus qu’elle accueillait également le siège du Consulat et les écoles italiennes. Aujourd’hui, les fresques et les motifs fascistes ont été effacés mais les murs de la Casa sont toujours debout. Le Consulat a conservé ses bureaux et le siège du parti fasciste a laissé la place, dans l’après-guerre, au nouvel Institut culturel italien. C’est lui qui fait aujourd’hui vivre et résonner cet espace aux sons et couleurs de l’Italie.

 

Repas de midi au restaurant La Terrasse du CEC.

 

Après le repas, Christian GIROUSSENS , ingénieur et membre des AVI, a inauguré l’après-midi avec une conférence titrée : Les records aéronautiques de vitesse de Sadi-Lecointe et Bonnet, les hommes les plus rapides du monde (Istres, 1923-1925)..

Entre le premier vol contrôlé des frères Wright en 1903 aux Etats-Unis et la Première Guerre mondiale, l’aviation a connu de longs balbutiements. La France s’est très vite hissée à la pointe du progrès. Alors qu’en 1907 Farman réalise le premier vol de plus d’une minute sur le continent sur 1 km de distance, un an plus tard, les records de durée et de distance sont portés à 29 minutes sur 24 km. L’émulation sportive accélère les innovations techniques. En 1913 le record de vitesse est détenu par Jules Védrines, à 200 km/h. La Guerre de 1914-1918 a freiné la course aux records et laissé sa place à l’aviation militaire. Une école de pilotage d’Istres est alors créée en 1917 dans la plaine de la Crau pour fournir les équipages à la nouvelle arme.

La paix revenue, la course aux records a aussitôt repris. Les nations rivalisent en permanence pour améliorer les performances de leurs avions. Au début des années 20, pilotes et constructeurs français tiennent encore le haut du pavé. Entre 1919 et 1922, pas moins de 7 records du monde de vitesse sont successivement établis par Joseph Sadi-Lecointe sur avion Nieuport, jusqu’à atteindre 342 km/h en septembre 1922. Mais dès le mois suivant, le record est pris par un pilote américain. Sadi-Lecointe décide alors d’aller à Istres, seul endroit en France où l’on dispose d’assez de place au sol en bon état pour prendre l’envol et pour l’atterrissage. Un choix heureux, car en février 1923, il porte le record de vitesse à 375 km/h. La même année, les Etats-Unis reprennent le record, jusqu’en décembre 1924 où, à Istres toujours, Florentin Bonnet le pousse à 448 km/h. Dans ce contexte, c’est tout naturellement la base d’Istres qui est retenue pour une course aéronautique internationale de vitesse financée par un mécène américain, soit la course Beaumont, disputée en 1924 et 1925. Celle-ci n’aura cependant guère de rayonnement, et se réduira à l’affrontement entre pilotes français, dont Sadi-Lecointe et Bonnet. C’est ainsi qu’il y a un siècle déjà, Istres fut le lieu incontournable des exploits des meilleurs pilotes et avions français de l’époque.

 

Membre des AVI, Robert Strozzi remet un cadeau à Christian Giroussens
à la fin de sa conférence.

 

Nicole BONSIGNORI, pharmacienne de profession, historienne par goût, nous a ensuite présenté la dernière conférence des Rencontres Historiques 2022 : Sébastien le Prestre dit Vauban. Derrière les forteresses : l’homme .

Trois siècles ont passé depuis la mort de Vauban mais son souvenir est toujours présent dans de nombreuses villes de France. Un guerrier avant tout qui a mené 50 sièges victorieux, un bâtisseur qui a construit plus de 30 places neuves et en a fait restaurer plus d’une centaine. Nicole Bonsignori nous a fait découvrir la face cachée du célèbre architecte. Car, derrière la légende se cachait une personnalité fascinante, un homme aux multiples facettes et un immense humaniste, en avance sur son siècle. Et cela 50 ans avant les lumières et les grands philosophes. Vauban fut le défenseur des petites gens. Il connaissait leurs misères mais aussi la dignité de l’homme et la liberté d’opinion.

Les 30e Rencontres Historiques se sont d’abord poursuivies par une remise de médaille : René Giroussens, président d’honneur des Amis du Vieil Istres, a remis la médaille d’or de la jeunesse et des sports et de l’engagement associatif à Michel Yssert pour son activité dans diverses associations istréennes et notamment pour avoir organiser en 2015 l’inauguration de la voie ferrée de la Côte Bleue lors de son centenaire. Un vin d’honneur a ensuite clôturé les Rencontres Historiques 2022.

René Giroussens décore Michel Yssert, en présence de Yolande, son épouse.

 

Deux prochains rendez-vous sont prévus en novembre :
suivre l’annonce sur la page d’accueil du site.

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La sortie à Montélimar

Samedi 21 mai 2022, 27 Amis du Vieil se sont levés à l’aube pour prendre le car à 07h00, devant l’esplanade Bernardin Laugier. Le car les a emmenés à Montélimar où plusieurs rendez-vous les attendaient.

La matinée était consacrée à la visite du musée européen de l’aviation de chasse, mitoyen à l’aérodrome de Montélimar. 66 avions de chasse et civils se sont laisser admirer sur un espace de 25 000 m2 (dont 5 000 couverts). Parmi eux, des marques légendaires telles Breguet, Douglas, Mig, De Havilland et bien sûr Dassault avec divers Mirage, Falcon, Alphajet, Mystère … A cela se sont ajoutés des réacteurs, un cockpit de DC7, une Caravelle ouverte au public et bien d’autres surprises. Notons que ce musée constitue le site de sauvegarde le plus important du sud de la France. Ouvert au public en décembre 1995, il est géré par des bénévoles passionnés au sein d’une association créée le 24 juin 1987.

Les AVI devant le Jaguar. En arrière-plan, l’avant d’une Caravelle.

 

Après le repas au restaurant Le Saint Mart, les Amis du Vieil Istres ont pris le petit train touristique qui les a emmenés visiter le quartier Saint-Martin, le Jardin Public, les gares routière et SNCF, les Allées Provençales (ex RN7) et le centre historique de Montélimar : un centre piétonnier et commerçant hébergeant des demeures anciennes où vécurent des personnalités tels Diane de Poitiers et Emile Loubet.

Montélimar est indissociable du nougat depuis le XVIIe siècle. La journée s’est inévitablement terminée par la visite d’une fabrique artisanale de nougat : L’Artisan Nougatier. < p>

En voiture !

 

Dernière photo souvenir devant l’entrée de la boutique de L’Artisan Nougatier. .

 

Pour en savoir plus sur la journée à Montélimar, cliquez sur les pavés ci-dessous :

Prochaine sortie : rendez-vous cet automne pour la visite du Camp des Milles, près d’Aix-en-Provence. La date vous sera communiquée ultérieurement.

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La conférence de Bernard Mille

Jeudi 28 avril 2022, à l’auditorium André Noël, Bernard Mille, vice-président de l’Académie d’Aix-en-Provence, nous a offert la cinquième conférence de l’année organisée par les Amis du Vieil Istres. Le thème portait sur un personnage célèbre : Machiavel.

Qui ne connait pas le terme machiavélique (rusé, perfide, astucieux, diabolique … selon nos dictionnaires) ? Un adjectif qui provient de Nicolas Machiavel (1469-1527) humaniste florentin, théoricien de la politique, de l’histoire et de la guerre mais aussi poète et dramaturge.

Bernard Mille nous a d’abord présenté l’histoire de ce personnage haut en couleurs, né le 3 mai 1469 à Florence. Il a débuté sa carrière politique en 1498, date où il est nommé secrétaire général à la seconde chancellerie. En 1513, impliqué dans une conjuration contre les Médicis, il est emprisonné et torturé. Mais le pape Leon X l’amnistie. Machiavel se retire alors chez la famille Rucellai.

Machiavel a écrit deux pièces de théâtre (la Clizzia et Mandragore). Mais ce philosophe est surtout célèbre pour ses écrits politiques et ses prises de position. Il était anticlérical et républicain par l’esprit (bien qu’ayant servi des ducs et des rois). Au sujet des femmes, il les considérait comme un danger dans la maison, causant la ruine d’un Etat et menant un gouvernement à sa perte ! Ses œuvres majeures sont cependant entrées dans l’histoire : L’art de la guerre, le Prince, Discours sur la première décade de Tite-Live, Histoires florentines

Machiavel voyait la politique comme des faits ayant des causes et des conséquences sans lien avec la morale chrétienne. Quelques extraits de ses textes : Il faut ruser pour tromper l’esprit des hommes … Un homme ne peut être grand que s’il dépasse la loyauté des autres … L’Etat doit avoir une solide organisation intérieure, avec des lois pourvues à tout et une milice autonome efficace … Il savoir être méchant pour être craint et faire le mal si nécessaire.

Dans ses textes, l’auteur dévoile son style et l’originalité de son personnage : des constructions logiques, des analyses très fines révélant des détails très riches et un don particulier pour l’observation. Ses récits sont vivaces et réalistes. Mais Machiavel est toujours resté modeste quand il parlait de lui.

Nicolas Machiavel nous a quitté le 22 juin 1527 à la suite de douleurs de ventre survenues deux jours auparavant. Les œuvres ambiguës de ce haut fonctionnaire déchu ont cependant révolutionné le monde politique. Elles ont laissé des traces ineffaçables qui ont inspiré les générations suivantes et même les actuelles.

Bernard Mille remercié en fin de conférence par
René Giroussens, président d‘honneur des Amis du Vieil Istres.

Prochaines conférences : rendez-vous le samedi 1er octobre 2022 à 9h00 à l’Espace 233 (CEC) pour les 30e Rencontres historiques. Quatre conférences vous seront proposées (deux le matin et deux l’après-midi). Le programme de cette journée est accessible depuis la page d’accueil.

La conférence de Christian Bruschi

Jeudi 7 avril 2022, à l’auditorium Charles Aznavour, Christian Bruschi, professeur émérite d’histoire du droit et des institutions à l’Université Aix-Marseille, nous a offert la quatrième conférence de l’année organisée par les Amis du Vieil Istres : Le Parlement de Provence au XVIIIe siècle face au roi absolu et aux Lumières.

En 1487, le comté de Provence rejoint le royaume de France. Mais ce n’est qu’en 1501 que Louis XII établit à Aix un Parlement (l’endroit où l’on parle), soit une Cour de justice qui statuait le plus souvent en dernière instance. Dans ces Parlements (Provinces et Paris), les membres n’étaient pas élus mais nommés par le roi. Ils étaient chargés d’appliquer les ordonnances royales après un enregistrement officiel. Mais, parfois, lors de désaccords, ces enregistrements tardaient. Ils étaient alors soumis à des critiques qui repoussaient l’application de ces lois royales de plusieurs années. Le monarque avait dans tous les cas le dernier mot.

On connait l’adage, un peu caricatural : le Mistral, le Parlement et la Durance sont les trois fléaux de la Provence … Mais Christian Bruschi nous a cependant présenté un Parlement de Provence plutôt prudent et réservé, préférant la conciliation à l’opposition. Au XVIIIe siècle, les divers arrêts du Parlement démontrent qu’il ne s’est pas vraiment ouvert aux Lumières et aux idées nouvelles à l’exception du domaine économique où il a plutôt favorisé le libéralisme naissant.

Un Parlement modéré certes mais qui a su parfois prendre parti, notamment avec une majorité de Gallicans dans ses membres qui ne reconnaissaient pas la pleine autorité du Pape sur l’Eglise. Le Parlement d’Aix a par exemple prôné la sécularisation de l’enseignement et interdit la Compagnie des Jésuites en Provence. Côté pénal, dans ses jugements et instructions, le Parlement de Provence était réticent à l’idée de l’intime conviction. Il ne connaissait que la théorie des preuves légales pour annoncer un verdict. Pour cela, il avait recours à la torture pour faire avouer les suspects, un supplice pourtant aboli par Louis XVI.

Les Parlements de Paris et de Province ont été affaiblis et certains dissous sous Louis XV. Mais dans un but de réconciliation, Louis XVI les a rétablis. Eclaboussé par divers scandales, celui de Provence a vécu pitoyablement ses dernières années avant d’être définitivement, supprimé lors de la Révolution.

Christian Bruschi remercié en fin de conférence par Chantal Husson.

Prochaine conférence : jeudi 28 avril 2022, 18h00 à l’auditorium André Noël : Machiavel par Bernard Mille, vice-président de l’Académie d’Aix-en-Provence.

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La sortie dans le Gard

Samedi 2 avril 2022, 34 Amis du Vieil Istres ont bravé le retour du froid pour prendre le car à 07h30, au bas de l’esplanade Bernardin Laugier. Un car qui les a emmenés dans le Gard pour la visite de deux musées : celui du Désert (le matin à Mialet) et celui du Scribe (l’après-midi à Saint-Christol-lez-Ales).

Les 15 salles du musée du Désert prennent place dans le mas Soubeyran, soit la maison natale du chef camisard Pierre Laporte (1680-1704) dit Rolland. Ce musée comporte des pièces et des documents authentiques qui retracent l’histoire des protestants en France et dans la région cévenole. En effet, suite à la Réforme et à la croissance des églises réformées (la première à Paris en 1555), les protestants sont déclarés hérétiques. Ce qui a engendré de sanglantes guerres de religion (dont le célèbre massacre de la Saint-Barthélemy) de 1562 jusqu’à la promulgation de l’édit de Nantes en 1598 par Henri IV. Un édit qui accorda enfin la liberté de culte ainsi que des droits civiques et politiques aux protestants. Mais Louis XIV le révoqua via l’édit de Fontainebleau en 1685. Les protestants devaient alors se convertir au catholicisme sous peine de répression. Ce qui déclencha de nouveaux conflits sanglants entre ces deux cultes religieux jusqu’en 1787, date où Louis XVI promulgua un nouvel édit de tolérance à Versailles.

Photo souvenir devant l’entrée du musée du Désert.

 

Le musée du Désert fait revivre cette longue période houleuse où les protestants ont été persécutés. Ainsi de nombreux documents attestent le passé huguenot avec la Réforme, les guerres de religion, les différents édits royaux, la période du Désert (1685-1787, avec notamment les assemblées clandestines réunissant les protestants dans des lieux secrets et hors-des sentiers battus), la guerre des camisards, la résistance pacifique de certains chefs de file, l’histoire des fugitifs réfugiés à l’étranger, celle des galériens et des prisonniers … Bref, la vie quotidienne dans la clandestinité des huguenots et la longue marche vers la liberté de conscience.

Pendant la visite (salle de la Réforme).

 

Autour du thème principal, le musée du Désert présente également un mobilier cévenol, des objets familiers du XVIIIe siècle, la reconstitution d’une veillée cévenole, des armes et des cartes de la guerre des Cévennes, les cachettes des hommes traqués et des livres interdits, les affiches du pouvoir royal, des chaires et des coupes de la Sainte Cène, des actes de naissance et de mariage au Désert, un ensemble remarquable de Bibles ainsi qu’une importante collection de gravures et de tableaux illustrant l’histoire et la répression protestante dans les Cévennes.

Photo souvenir devant l’entrée du musée du Scribe.

 

Après le repas de midi au restaurant Le Clos du Mûrier à Générargues (où l’andouillette maison cuite au feu de bois était excellente …), l’après-midi était consacrée à la visite du musée du Scribe, situé au cœur du vieux village. Il prend place dans une partie des anciennes dépendances du château central (XVIIe siècle) de la commune. Sa restauration sert aujourd’hui d’écrin à une collection complète sur l’écriture. Ce musée est né en 1991 grâce à Jean-Louis Bonnefille, un collectionneur qui a rassemblé pendant 50 ans des milliers d’objets liés à l’écriture.

Environ huit salles s’étendent sur 450 m2 et sur deux étages. Les collections retracent l’histoire de l’écriture, ses différents supports (jusqu’au papier recyclé), les encres, les encriers les instruments d’écriture … La dernière salle reconstitue une salle de classe des années 1920.

Pendant la visite dans la salle des encriers avec un audio-guide collé à l’oreille.

 

Pour en savoir plus sur la visite des musées du Désert et du Scribe, cliquez sur les pavés ci-dessous :

Prochaine sortie : samedi 21 mai 2022, journée complète à Montélimar (Drôme) avec entre autres les visites du centre historique, d’une fabrique de nougat et du musée européen de l’aviation de chasse (inscriptions avant le 14 mai 2022).

La conférence de Bernard Ravet

Se mobiliser pour une jeunesse en marge de la République était le thème de la conférence organisée par les Amis du Vieil Istres ce jeudi 31 mars à l’auditorium André Noël.

Aujourd’hui retraité, écrivain et président de la commission Éducation de la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme), le conférencier Bernard Ravet a su concentrer son thème à partir de ses expériences vécues dans l’Education nationale. En effet, il a dirigé de 1984 à 1989 le Centre de Production de Média d’Istres, hébergé par CETEB (aujourd’hui LEP Latécoère), après avoir dirigé le Centre Départemental de Documentation Pédagogique des Bouches-du-Rhône. En 1999, il est devenu Principal de collège. D’abord au collège Edouard Manet (quartiers nord de Marseille) puis au collège Versailles (centre-ville de Marseille).

Dans ces deux collèges phocéens, il a vécu la montée de l’intégrisme religieux où la parole de l’élève est devenue supérieure à celle de l’enseignant. Bernard Ravet a bien sûr souligné la différence entre l’Islam et l’Islamisme, ce dernier intégrant la politique à la religion en suivant un parcours contraire aux valeurs laïques de la République. Une République qui perd de plus en plus de territoires via une jeunesse marginalisée qui intègre son propre système au détriment des lois françaises.

Bernard Ravet nous a offert plusieurs exemples. En voici un qui en dit long lorsqu’en 2004, des élèves de 5ème interpellent leur professeur pendant un cours sur la justice : Ce n’est pas normal, on doit couper la main à un voleur et lapider une femme infidèle … Ces élèves (parmi les mieux notées de la classe) étaient manipulés par un surveillant qui faisait circuler un petit livre au sein du collège, un ouvrage pourtant interdit en France et imprimé en Arabie Saoudite.

Bernard Ravet.

Ces faits, souvent violents, transforment la loi de 1905 sur la laïcité (séparation de l’Eglise de l’Etat) où, en ce début du XXe siècle, la religion est passée dans la sphère du privé. Une loi de liberté se convertissant progressivement en loi liberticide et mettant de plus en plus à distance les valeurs de la République avec une marginalisation qui s’étend à des enfants non concernés. Des enfants évoluant dans des quartiers difficiles, abandonnés par l’Etat où la structure sociale a été remplacée par des règles locales hors des lois de l’hexagone.

Bernard Ravet reste amer envers les politiques qui ont refusé de voir et laissé faire pour de basses raisons électorales. Selon lui, les enfants sont victimes de carence éducative. Il reste de ce fait du travail à faire par l’Etat sur la protection de l’enfance, y compris dans les associations qui sont souvent des filiales religieuses sans contrôle. Il faut également renforcer la protection de l’enfance dans un cadre juridique.

Prochaine conférence : jeudi 7 avril 2022, 18h00 à l’auditorium Charles Aznavour (derrière le gymnase Le Podium) : Le Parlement de Provence au XVIIIe siècle face au roi absolu et aux Lumières par Christian Bruschi, professeur émérite d’histoire du droit et des institutions à l’Université Aix-Marseille.

L’assemblée générale 2022

A la suite des nouvelles règles dues à la crise sanitaire, les Amis du Vieil Istres ont pu tenir leur assemblée générale le samedi 26 mars 2022 à 10h00, au pavillon de Grignan.

Les présents (environ 65) et les bons pour pouvoir (32) ont permis d’atteindre le quorum nécessaire pour débuter la séance. René Giroussens, président honoraire, a d’abord présenté les adhérents disparus en 2021 :

– Fanny Arbousset, 105 ans (1915-2021), doyenne des Istréens et des AVI, adhérente à notre association depuis sa fondation en 1947.

– Rémi Balzano, 92 ans (1929-2021), auteur d’ouvrages sur l’histoire d’Istres.

– Paulette Bonnet, 79 ans (1942-2021), longtemps membre du CA des AVI et veuve de Jean-Pierre Bonnet, président des AVI de 2006 à 2014.

L’assemblée générale s’est ensuite déroulée sans accroc. D’abord avec un discours du président Claude Herrera qui a rappelé, avec sa philosophie personnelle, les devoirs d’une association d’histoire telle que la nôtre. Michel Yssert, secrétaire des AVI a enchainé par la lecture du PV de l’assemblée générale du 30 juin 2021 puis par la présentation des sorties culturelles 2022.

 

Claude Herrera a repris le micro pour présenter le reste des activités 2022 ainsi que le bilan du site internet. Claude Teissier, trésorière, a ensuite présenté le bilan comptable 2021, approuvé par les auditeurs aux comptes.

Place ensuite à la liste des membres se présentant au conseil d’administration (qui seront élus mardi prochain) et à la présentation du sommaire de l’incontournable bulletin n°44 avec entre autres trois articles sur la ligne de chemin de fer Miramas-L’Estaque et la gare d’Istres. Une nouveauté cette année : la couverture est en couleurs !

L’assemblée générale s’est poursuivie par deux discours. D’abord celui de Pierre Dharreville, député de la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône, relayé ensuite par celui de François Bernardini, maire d’Istres et président du Conseil de territoire Istres Ouest Provence. Mais après deux ans d’absence (pandémie), elle a pu se clôturer par un vin d’honneur.

 

Présentation du bulletin n°44 et vin d’honneur clôturant l’assemblée générale du 26 mars 2022.

 

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Le musée de la Légion étrangère à Aubagne

Tiens, voilà du boudin … Samedi 12 mars 2022, cet hymne célèbre a retenti aux oreilles des 30 Amis du Vieil présents à 13h00 au bas de l’esplanade Bernardin Laugier. Le car les a emmenés à Aubagne visiter le musée de la Légion étrangère.

Le 9 mars 1831, le roi Louis-Philippe signe la loi créant la Légion étrangère. Cette loi reprend la tradition ancestrale des étrangers ayant servi la France depuis l’époque de la Guerre de 100 ans. Sept bataillons sont alors formés de militaires suisses, allemands, italiens, espagnols, belges et hollandais. Dès l’été 1831, ils embarquent à Toulon pour l’Algérie dont la conquête avait débuté l’année précédente. La Légion étrangère combattra ensuite pour la France en Espagne (guerre carliste, 1835-1838), en Crimée (1854-1856), en Italie (1859), au Mexique (1863-1867), et lors de la guerre franco-prussienne (1870-1871). Elle atteint alors sa maturité sous la IIIème République.

 

Les Amis du Vieil Istres devant l’entrée du musée.

 

La Légion étrangère a subi de nombreux remaniements et autres organisations de ses régiments. Elle sera envoyée combattre pour la France aux quatre coins du monde : Sud-Oranais (1882-1907), Tonkin (1883-1910 puis 1914-1940), Formose (1885), Dahomey (Bénin, 1892-1894), Soudan (1893-1894), Madagascar (1895-1901 puis 1947-1950), Maroc (1907-1918 puis 1920-1935 et 1953-1956), Orient (1914-1918), Syrie (1925-1927), Indochine (1939-1954), Tunisie (1952-1954), Algérie (1954-1962), Mauritanie (1956-1957), Tchad (1962-1970 puis 1978-1979 puis 1988 et 1992-2009), Zaïre (1978), Liban (1983-1984), Irak-Koweit (1991), République Centre Africaine (1991-1996), Cambodge (1992-1993), Ex-Yougoslavie (1993-2001), Congo (1997), Afghanistan (2001-2012) et le Mali (depuis 2013), sans oublier la France (Première et Seconde Guerre mondiale) ainsi que d’autres pays (depuis 1969) tels que les Comores, la Cote d’Ivoire, le Gabon, le Rwanda, l’Irak, Djibouti, la Somalie, l’Indonésie, Haïti …

Depuis sa création en 1831, ces interventions militaires ont causé la mort de 31 504 légionnaires auxquels il faut ajouter 969 officiers et 3 390 sous-officiers. La guerre d’Indochine a été la plus meurtrière (12 000 légionnaires tués).

Les valeurs légionnaires reposent sur quatre piliers : le caractère sacré de la mission, la rigueur dans l’exécution, la solidarité et le culte du souvenir. Les drapeaux de la Légion portent depuis 1921 la mention Honneur et Fidélité en remplacement de l’ancienne devise Honneur et Patrie.

La Légion étrangère doit être à la page. Cette modernisation a commencé sous l’égide du général Paul Frédéric Rollet (1875-1941, dit le Père de la Légion) qui fut le premier inspecteur de ce corps. Il a su adapter les inévitables évolutions militaires tout en codifiant les traditions légionnaires. Une œuvre gigantesque qui sert d’exemple aujourd’hui à ses successeurs.

 

Pendant la visite du musée et sous les commentaires du guide.

 

La légion étrangère s’est installée à Aubagne en 1962 (à la fin de la guerre d’Algérie) dans un ancien camp militaire et sous les ordres du colonel (et futur général) Albéric Vaillant, décédé à 96 ans en 2011. L’état-major et l’administration de la Légion étrangère sont depuis basés dans le centre d’Aubagne où le musée retrace avec précision l’histoire de ce corps d’élite. Un Corps composé aujourd’hui d’environ 10 000 légionnaires sélectionnés-recrutés à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) puis formés à Castelnaudary (Aude). Sous commandement français, les interventions de la Légion étrangère sont souvent placées sous l’égide des Nations Unies, de l’OTAN ou de l’Union Européenne.

Pour en savoir plus sur la visite de ce musée, cliquez sur le pavé ci-dessous :

Prochaine sortie : Samedi 2 avril 2022, journée complète dans le Gard. Le matin : visite du musée du Désert à Mialet (histoire des Huguenots et des Camisards) et l’après-midi : visite du musée du Scribe à Saint-Christol-lez-Alès (histoire de l’écriture depuis 2000 ans avant JC).

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La conférence de Clément Moynault

Jeudi 24 février 2022, à l’auditorium André Noël, Clément Moynault, président d’Histoire et traditions gransoises, nous a offert la seconde conférence de l’année organisée par les Amis du Vieil Istres. Un conférencier bien connu des habitués de la médiathèque et une conférence intitulée : César de Nostredame, historien de Provence.

Fils du célèbre Michel de Nostradamus, César de Nostredame (1553-1631) a porté diverses casquettes : écrivain, poète, peintre, musicien, premier consul de Salon en mai 1598 … Cependant, la conférence était principalement axée sur : Histoires et Chroniques en Provence, un ouvrage que l’auteur a réalisé durant une dizaine d’années.

Cet ouvrage de César de Nostredame recense l’histoire de la Provence de ses débuts jusqu’à son décès avec (entre autres) la reine Jeanne, le bon roi René, Adam de Craponne, les guerres de religion, le massacre de la Saint-Barthélemy, les visites à Salon du roi Charles IX (1594) et de la reine Marie de Medicis (1600) …

Autoportrait de César de Nostredame, présenté à l’auditorium André Noël
par Clément Moynault.

 

L’auteur n’hésite pas à critiquer les mœurs de son temps et du passé. Par exemple, il disserte sur la noblesse et la chevalerie devenues oisives et parasites. Les armes des chevaliers ne dépucèlent aujourd’hui que des cerfs et des lièvres. Mais il anticipe les critiques en écrivant que chacun sache que j’écris pour décorer ma patrie et non pour la déshonorer ou encore que L’historien ne doit pas avoir pour but de flatter les puissants mais avec quelques bémols au sujet des guerres de religion : L’historien doit savoir couper sa plume pour ne vexer personne.

Son ouvrage présente des passages très poétiques ajoutant du charme aux textes. La forme est cependant très singulière car l’auteur mêle ses humeurs à l’histoire et intègre des détails inutiles et des anecdotes personnelles plutôt malvenues. Il a de ce fait subi les critiques de divers historiens tels Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), Jean-Pierre Papon (1734-1803) et Honoré Bouche (1599-1671). Certains ne l’ont pas pris au sérieux et il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour que Frédéric Mistral rende quelques honneurs à ce gentilhomme provençal.

César de Nostredame n’a pu résister à l’épidémie de peste décédant à Salon le 22 août 1631, soient deux jours après sa sœur Diane. Il a ensuite été inhumé au cimetière Saint-François où il a rejoint son épouse Claire de Grignan décédée en 1607.

Clement Moyanault remercié par Robert Strozzi en fin de conférence.

 

Prochaine conférence : jeudi 31 mars 2022, 18h00 à l’auditorium André Noël : Se mobiliser pour une jeunesse en marge de la République par Bernard Ravet, ancien principal de collège.

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