Le musée de la Romanité à Nîmes

Samedi 9 mars 2019, une trentaine d’Amis du Vieil Istres ont pris le car pour la visite du musée de la Romanité à Nîmes. Un musée récent, inauguré le 2 juin 2018 en présence de Françoise Nyssen, ministre de la Culture. Il rassemble 25 siècles d’histoire grâce à 5 000 pièces exceptionnelles et 64 dispositifs multimédia. Cet immense musée a remplacé le précédent plus modeste et situé dans l’ancienne école des Jésuites.

Le musée de la Romanité présente trois périodes sur l’histoire de Nîmes et de sa région. La première est préromaine et s’étend du VIIe siècle au Ier siècle avant JC. D’abord avec les Gaulois sédentarisés à Nîmes, près de la source de la Fontaine mais aussi autour de la capitale gardoise avec le site de Grezan et l’oppidum de Gailhan où une maison entière a été reconstituée. Ces salles présentent également le mobilier des habitants et les monnaies employées.

Photo souvenir devant les arènes de Nîmes.

 

La seconde période occupe de toute évidence le plus d’espace. Il s’agit bien sûr de la Romanité avec des salles consacrées à l’urbanisme, au décor architectural, à l’habitat, aux fresques et mosaïques, à l’épigraphie, aux monnaies, aux religions et aux pratiques funéraires. Parmi les nombreuses mosaïques présentées, deux sont exceptionnelles : la mosaïque de Penthée, découverte en 2007 à Nîmes lors des fouilles préventives du parking Jean Jaurès. Datée du IIe siècle après JC, elle a dû être restaurée avant son déplacement délicat au musée. 35 m2 rassemblent des tesselles en calcaire, verre et terre cuite. La seconde est la mosaïque de Bellérophon, âgée de 2 000 ans. Elle a été découverte sous le cours Gambetta en 1950. Ses 14 m2 et son poids (3 tonnes) ont nécessité une installation dans le musée deux avant son inauguration. Le toit du bâtiment n’était pas encore posé.

Vous accèderez bientôt aux images de quelques-unes de ces pièces exceptionnelles et à bien d’autres qui ne seront que le pâle reflet des 5 000 pièces offertes aux yeux du public.

La mezzanine des mosaïques.

Enfin, la troisième période du musée est double. Des salles sont consacrées à la période médiévale avec de nombreuses sculptures et d’autres à la période 1500-1900 avec les maquettes en liège de l’archéologue nîmois Auguste Pellet (1785-1865).

Le musée de la Romanité possède également un auditorium, des espaces consacrés à des expositions temporaires, des ateliers pédagogiques, un centre de documentation, une boutique librairie et bien sûr des bureaux administratifs. Mais c’est au dernier étage du bâtiment que les Amis du Vieil Istres ont profité de la terrasse du bâtiment qui offre une vue panoramique sur 360°, arènes incluses.

Prochaine sortie : le samedi 6 avril (après-midi) avec la visite du musée Jean Moulin à Saint-Andiol.

Publié dans AVI

La laïcité : un principe menacé ou liberticide ?

Ce jeudi 7 mars, Jean François Noyes nous a offert à l’auditorium André Noël, une superbe conférence sur l’histoire, l’état et le devenir de la laïcité. Celle-ci fait l’objet, depuis une vingtaine d’années en France, de vifs débats dans lesquels le grand public a du mal à s’y retrouver : êtes-vous pour ou contre le voile, le burkini, les accompagnants scolaires, les crèches dans les mairies ? Au-delà de ces questions ponctuelles qui sont les plus médiatisées, la laïcité fait aussi l’objet de débats de fond sur sa nature et sa capacité d’adaptation à un monde qui a connu de profonds bouleversements. Deux écoles s’affrontent. Certains philosophes, sociologues, juristes prétendent qu’elle est liberticide, tyrannique, frénétique alors que d’autres considèrent qu’elle est gravement menacée et qu’il faut se rassembler pour tenter de la sauver

Le conférencier Jean François Noyes et Claude Herrera, président des AVI.

 

Jean François Noyes a analysé très lucidement la réalité actuelle. D’abord avec des exemples précis de certains pays (Allemagne, Canada, Pays-Bas …) qui ont opté pour le multiculturalisme, un choix politique qui s’est souvent soldé par un échec.

Ensuite en France qui a créé lors de la Révolution la célèbre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen puis opté pour la laïcité avec la loi de 1905 (séparation de l’Eglise et de l’Etat). En théorie, la laïcité est la protectrice du bien vivre ensemble. L’Etat est neutre et garantit le libre-service des cultes dont le fonctionnement ne peut faire l’objet de textes de lois.

C’est au travers de nouveaux exemples que Jean François Noyes nous a démontré que la réalité s’est éloignée de la théorie. En voici quelques-uns :

  • Il existe une direction des cultes au sein du ministère de l’Intérieur.
  • Les évêques ont un accès direct avec les autorités.
  • L’Etat favorise le financement des cultes en cédant des terrains par bail emphytéotique (15 euros par mois) pour la construction d’édifices religieux. Il subventionne également l’entretien et la restauration de ces édifices construits avec des aides de l’Etat (jusqu’à 70%).
  • L’Etat ou les collectivités locales financent des pratiques ou traditions cultuelles en les masquant par du culturel.
  • L’Etat ferme les yeux sur les dons reçus par des fondations religieuses non déclarées. Des cultes peuvent recevoir des dons par des mécènes qui sont défiscalisés jusqu’à 66%.
  • La loi interdisant le port du voile dans les écoles.
  • La France organise et paie la formation d’imams.
  • Procès d’assise reporté pour cause de Ramadan.
  • Pratique du culte pendant les horaires de travail
  • Etc …

Ces quelques exemples nous montrent une République assez accommodante envers les cultes. La loi de 1905 se vide de plus en plus de sa substance et les règles de la société française sont remises en cause. Ainsi, la France laïque est obligée aujourd’hui de prendre en compte la réalité religieuse. Ce qui se traduit par des rivalités politiques droite-gauche où les arguments de prise de position sont essentiellement guidés par des raisons électorales. Tels ont été les propos (résumés) de Jean François Noyes.

En fin de conférence, Jean François Noyes a été remercié par Claude Teissier, secrétaire des AVI.

 

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 4 avril 2019, 18h00 à l’Espace 233 (CEC) : Le roman du château d’IF, légendes et réalités par Robert Strozzi, membre du bureau des AVI.

Les Procès en sorcellerie, conférence de Marc Suarez

Ce jeudi 28, dernier jour du mois de février 2019, Marc Suarez, membre du conseil d’administration des Amis du Vieil Istres, nous a offert à l’Espace 233 une superbe conférence sur les Procès en sorcellerie au XVIIe siècle en Provence.

En 1609, un curé de Marseille, chargé de faire l’éducation de trois jeunes filles mineures, en a profité pour abuser de l’une d’entre elles. Sous prétexte de lui avoir voler sa virginité pour la donner au Diable, son (pseudo) directeur spirituel fut condamné à mort en 1611 alors que la malheureuse mineure, d’abord déclarée possédée par ce même curé, eut du mal à guérir de son emprisonnement avant de s’exiler et de vivre en recluse.

Après cet exemple, Marc a démontré l’origine de sorcellerie. Elle trouve sa source dans l’Eglise qui avait fixé les limites entre le bien et le mal, Dieu ne pouvant être autrefois que le seul refuge où l’on échappait à Satan.

Les femmes ont très souvent été victimes de ces chasses aux sorcières : les charmantes et les célibataires par jalousie de leur entourage, les laides par leur aspect physique, les hérétiques, les païennes et les guérisseuses ou sages-femmes de l’époque accusées de pratiquer une médecine parallèle. Dans tous les cas, les femmes étaient considérées comme plus faible intellectuellement que les hommes. Si certaines avaient le courage de contredire l’autorité, cette force ne pouvait provenir que du mal au travers de Satan … auquel elles n’avaient pu résister par leur faiblesse naturelle.

Mais les jugements contre ces personnes qui avaient (soi-disant) pactisé avec le Diable, ne pouvaient conduire les accusés qu’au bûcher. Les magistrats étaient répressifs, cherchant dans leur verdict à plaire avant tout au public, au Roi et à l’Eglise. Les accusés n’avaient pas d’autre choix que d’avouer leurs actes maléfiques sous la torture, préalablement confortés par des recherches de preuve physique. Ainsi, un seul grain de beauté n’était qu’autre qu’une trace du Diable et s’avérait suffisant pour les qualifier de sorcier ou de sorcière.

Marc Suarez pendant sa conférence qu’il a illustrée par de nombreuses images de tableaux de sorcellerie car l’art permet de dire des choses que la parole ne permet pas.

La conférence s’est terminée par des analogies à la sorcellerie contemporaine. D’abord avec le Stalinisme et sa dictature qui a employé des moyens analogues à ceux des magistrats d’antan pour contrer, soumettre ou éliminer les récalcitrants au régime soviétique. Il en fut de même avec le Maccarthisme, période de l’histoire américaine, connue également sous le nom de Peur rouge et qualifiée de chasse aux sorcières à l’encontre des partisans du communisme.

Ensuite, par une autre forme de sorcellerie contemporaine se traduisant par la magie des marabouts, la voyance, l’horoscope, les remèdes de grand-mères et la superstition car, selon certains, il est dangereux de passer sous une échelle ! Aujourd’hui, le cinéma participe également à la sorcellerie contemporaine, au travers de films à succès, telle la série des Harry Potter.

En fin de conférence, Marc a été applaudi et remercié ici par Pierre Fontaine, membre des AVI.

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 7 mars 2019, 18h00 à l’auditorium André Noël (nouvelle mairie): Laïcité : un principe menacé ou liberticide par Jean-François Noyes, administrateur territorial hors classe, retraité.

Publié dans AVI

L’énigmatique disparition d’Antoine de Saint-Exupéry

Malgré un mistral glacial, l’auditorium André Noël (nouvelle mairie) était presque plein ce jeudi 10 janvier pour la première conférence organisée par les Amis du Vieil Istres. En effet, Michel Issert, secrétaire l’association, a ouvert les débats de l’année 2019 par une conférence consacrée à Antoine de Saint-Exupéry.

Après une inévitable présentation de la généalogie et de la carrière de l’écrivain et pilote français, Michel a orienté ses propos sur le mystère entourant sa disparition, survenue le 31 juillet 1944. Ce jour-là, Antoine de Saint-Exupéry décolle à 8h25 d’un aéroport près de Bastia pour une mission militaire de reconnaissance photos dans le Vercors. Lors de son retour, il est repéré par les Allemands qui auraient aussitôt envoyé un avion de chasse à sa poursuite et abattu l’avion du célèbre écrivain. Mais où ?

Toutes les recherches effectuées sur le rivage méditerranéen, de Marseille jusqu’à Nice se sont avérées infructueuses … jusqu’au 7 septembre 1998, où Jean Claude Bianco, patron pêcheur de Mazargues, remonte de ses filets un objet avec quelques éclats brillants. La prise a eu lieu sur la partie marseillaise des calanques de Cassis. Après maints nettoyages, l’objet s’avère être une gourmette d’environ 35 grammes sur laquelle apparait après brossages d’abord la gravure Antoine prolongée après d’autres brossages par Saint Exupéry.

Michel Issert pendant sa conférence.

Si cette gourmette est vraiment celle de l’aviateur abattu le 31 juillet 1944, l’épave de son avion ne doit pas être bien loin. Ainsi commencent les recherches sous-marines par la célèbre COMEX. Des recherches secrètes mais qui n’ont pu le rester jusqu’au 28 octobre 1998, date où vont commencer les ennuis de Jean Claude Bianco. Car, selon la loi, il aurait dû déclarer la gourmette au plus tard 48 heures après sa découverte au DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines). Jean Claude Bianco est même accusé d’avoir violé cette loi du 1er décembre 1989 relative aux biens culturels maritimes. Il doit rendre aux autorités la gourmette à contre-cœur.

La gourmette sera ultérieurement restituée à la famille Giraud d’Agay, héritière légitime de l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, décédé sans enfant (Gabrielle, sœur d’Antoine, avait épousé Pierre Giraud d’Agay). Une famille héritière qui va rentrer en conflit avec le patron pêcheur de Mazargues. Cependant, après avoir récupéré la gourmette, elle a toujours refusé de reconnaître son authenticité mais ne voulait en aucun cas la rendre à celui qui l’avait découverte.

Jean Claude Bianco vit alors plusieurs années de déprime. A son procès, il est débouté et condamné à verser 300 euros d’amende à chaque héritier d’Agay. Différentes voies de presse (journaux télévisés, Paris Match, Science et Vie …) le font passer pour un usurpateur et la gourmette pour une galéjade marseillaise. Mais les détracteurs parisiens et la famille Giraud d’Agay ont dû revoir leur copie …

En effet, le 1er septembre 2003, soit après 5 années de recherches sous-marines, Luc Vanrell de la COMEX trouve enfin une épave inconnue près de l’île de Riou … Après avoir été remontée, elle a été formellement identifiée pour être celle de l’avion piloté par Antoine de Saint Exupéry : carcasse d’un bimoteur P38 Lightning avec numéros de série correspondants.

Jean Claude Bianco a ensuite été réhabilité et conclu un pacte de paix avec la famille d’Agay. Quant à la carcasse remontée, elle a d’abord été exposée à la base d’Istres puis envoyée au Bourget où un espace Saint Exupéry a été créé.

Le lieutenant allemand Horst Rippert (1922-2013) a déclaré en 2008, être le pilote (aux commandes d’un Messerschmitt BF 109) qui a abattu le Lightning P38 de Saint Exupéry le 31 juillet 1944. C’est aujourd’hui la thèse la plus probable expliquant le crash de l’avion français. Horst Rippert était le frère ainé du chanteur Ivan Rebroff (né Hans Rolf Rippert).

Michel Issert et son épouse Yolande, tous deux remerciés en fin de conférence.

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 28 février 2019, 18h00 à l’Espace 233 (CEC): Procès en sorcellerie au XVIIème siècle en Provence par Marc Suarez, membre du bureau des AVI.

Publié dans AVI

Les activités 2019

Le programme des activités pour l’année 2019 est en partie finalisé … Le prix et l’heure de RDV des sorties vous seront communiqués ultérieurement. Voici cependant un résumé des principaux rendez-vous :

1. Trois sorties sont prévues :
Samedi 9 mars 2019, après-midi. Visite du musée de la Romanité à Nîmes.
Prix : 20 euros par personne.
Départ du car : 13h30 précises, place Sainte-Catherine.
Réservation avant le 2 mars.

Samedi 6 avril 2019, après-midi. Le matin : visite du musée Jean Moulin à Saint-Andiol.
Prix : 15 euros par personne.
Départ du car : 13h30 précises, place Sainte-Catherine.
Réservation avant le 31 mars.

Samedi 18 mai 2019, journée complète dans le Gard : Visite du Seaquarium au Grau-du-Roi (matinée) et visite des Salins du Midi à Aigues-Mortes (après-midi).
Prix :
Départ du car : place Sainte Catherine
Réservation avant le 11 mai.

Réservation des sorties :
Chèque à l’ordre des Amis du Vieil Istres et à envoyer à :
Les Amis du Vieil Istres, boulevard de la République (ancienne mairie), 13800 Istres.
ou à :
Huguette Giroussens, 40 Avenue Marcel Roustan. 13800 Istres.
Pour tout autre renseignement, tel : 06 23 98 17 85 ou 04 42 55 12 91.

2. L’assemblée générale :
Elle est fixée au samedi 23 mars 2019, à 10h00 au Pavillon de Grignan avec la remise du bulletin n° 41.

3. Cinq conférences sont prévues :

Trois à l’auditorium André Noël, nouvelle mairie :
– Jeudi 10 janvier 2019, 18h00 : Saint-Exupéry et l’énigme de sa disparition par Michel Issert, secrétaire des AVI.
– Jeudi 7 mars 2019, 18h00 : Laïcité : un principe menacé ou liberticide par Jean-François Noyes, administrateur territorial hors classe, retraité.
– Jeudi 9 mai 2019, 18h00 : Le pays de l’Etang de Berre au Moyen Age : châteaux, villages et territoires par Jean Philippe Lagrue, archéologue, chargé de mission

Deux autres à l’Espace 233, CEC :
– Jeudi 28 février 2019, 18h00 : Procès en sorcellerie au XVIIème siècle en Provence par Marc Suarez, membre du bureau des AVI.
– Jeudi 4 avril 2019, 18h00 : Le roman du château d’IF, légendes et réalités par Robert Strozzi, membre du bureau des AVI.

4. Les Rencontres Historiques :
La date est fixée au samedi 5 octobre à 9h00. 4 communications historiques sont prévues (2 le matin et 2 l’après-midi). Le repas sera pris sur place (et toujours sur réservation). Le programme détaillé des RH vous sera communiqué vers le début de l’été. Elles se dérouleront toujours au CEC, espace 233.

Pour plus de détails :

Accès direct à la page des conférences.

Accès direct à la page des sorties.

Accès direct à la page des Rencontres Historiques.

Accès direct à la page de l’Assemblée Générale.

Publié dans AVI

Les Rencontres Historiques 2018

Samedi 6 octobre 2018, à l’espace 233 (CEC), se sont déroulées les 26e Rencontres Historiques de la ville d’Istres, organisées par les Amis du Vieil Istres.

Après l’accueil du public et en présence de Nicole Joulia, première adjointe, François Xavier EMMANUELLI, professeur des universités en histoire moderne, a ouvert les débats avec une première conférence : Une municipalité provençale au temps des Bourbons : Salon de Provence aux XVIIème et XVIIIème siècles. Onzième agglomération de Provence vers 1765, essentiellement rurale, Salon, ville seigneuriale et non royale, était pourvue d’une structure administrative municipale qui a commencé à prendre sa forme définitive tardivement. Comme dans toutes les cités du Midi, elle avait une double fonction : prise en charge des intérêts collectifs et tire-lire comtale. Son originalité (très relative) résidait dans le recours à un système électoral qui ignorait la candidature au profit de la proposition par l’exécutif, elle-même suivie de ratification puis d’un scrutin éventuellement clos par un tirage au sort, la désignation finale ne pouvant être refusée. Ce système était à base censitaire au sein duquel on pouvait distinguer dans la population masculine majeure trois groupes, celui des muets-spectateurs, celui des assistants et celui des intervenants. Placée sous une lourde quintuple tutelle, l’administration joua un rôle essentiel dans la perception de l’impôt et dans la préservation des plus hauts revenus, ceux de la noblesse foncière locale ou foraine.

De gauche à droite, Claude Herrera, président des Amis du Vieil Istres et les 4 conférenciers des 26èmes Rencontres Historiques : Louise, Leates, François-Xavier Emmanuelli, Jacqueline Ursch et Christian Giroussens.

Chercheuse en histoire de l’art et des jardins, Louise LEATES a enchainé avec : Les grottes architecturales dans les jardins du XVIIème siècle en Provence : Arnajon et Albertas. Cette conférence avait pour but de faire une mise au point sur les connaissances des grottes architecturales qui se trouvaient dans quelques jardins en Provence au XVIIème siècle. Louise Leates a auparavant présenté de superbes grottes architecturales parmi les plus connues en Europe et en France. Elles étaient rares, incrustées de coquillages et de minéraux et abritaient des sculptures. L’eau y coulait, créant des endroits privilégiés pendant les grandes chaleurs de l’été provençal. Des recherches récentes ont fourni des informations qui nous aident avec une datation, notamment pour la grotte qui subsiste toujours dans le jardin d’Albertas (Bouc-Bel-Air). Celle-ci se nommait au XVIIème siècle : le jardin des Seguiran, ces deux personnalités furent les premiers présidents en la Cour des Comptes. Celle d’Arnajon (Le Puy-Sainte-Réparade), créée pour Jacques Blanc, trésorier général du pays, est mieux connue. Le pavillon de Vendôme à Aix possède toujours sa grotte, aménagée en chapelle a une époque plus récente. Des grottes de fraîcheur, maintenant disparues, font agrandir cette petite liste : à Carcès pour le comte de Carcès, lieutenant général de Provence, et le pavillon de La Fare pour Henry Maynier d’Oppède, premier président au Parlement.

Trois conférenciers lors de leurs interventions : François-Xavier Emmanuel, Louise Leates et Jacqueline Ursch, assistés par Robert Strozzi, secrétaire adjoint des Amis du Vieil Istres.

Après le repas de midi au centre familial de vacances, Jacqueline URSCH, conservateur général honoraire et présidente de l’association Alexandra David-Neel a ouvert l’après-midi avec Alexandra David-Neel : une femme engagée, dont on fête en cette année 2018 le 150ème anniversaire de sa naissance. Elle a été reconnue dans le monde comme l’une des plus grandes exploratrices du XXème siècle et la première femme occidentale à séjourner à Lhassa, capitale sacrée et interdite du Tibet. Mais la grande voyageuse, allant toujours au bout de ses rêves, a été également artiste, écrivain. Alexandra David-Neel fut une jeune femme engagée, théosophe, anarchiste, franc-maçonne, féministe d’avant-garde, journaliste… Toujours à la recherche d’un vrai bonheur car elle disait : Il est bon d’avoir vécu sa vie. C’est la meilleure chose, la seule raisonnable à faire dans la vie. Une conférence agrémentée d’archives riches et inédites, issues de sa maison de Digne dénommée Samten-Dzong.

Christian GIROUSSENS, ingénieur et fidèle adhérent des AVI, a clôturé ces 26e Rencontres historiques avec une conférence sur Jean Baptiste Regis (1664-1738), un missionnaire géomètre au service de l’empereur de Chine. Longtemps demeuré à l’écart de l’aventure en Extrême-Orient initiée au XVIe siècle, le royaume de France a lancé une opération originale d’étude de la Chine en y envoyant un groupe de Jésuites en 1684, sous l’égide de l’Académie des Sciences. Ainsi se sont rencontrées une pensée scientifique, une arrière-pensée commerciale et la vocation missionnaire des Jésuites pour convertir les peuples étrangers. Intéressé par les connaissances des Pères, l’empereur de Chine leur avait demandé de faire venir un second contingent, qui débarqua en 1698. Parmi ces nouveaux arrivants, Jean-Baptiste Régis, Istréen par sa mère et né à Aix le 31 janvier 1664 dont les compétences en astronomie et géométrie ont été mises à profit pour participer à la grande entreprise ordonnée par l’empereur Kangxi : la cartographie de la Chine. Arpentant littéralement le pays pendant dix ans avec ses collègues, il en tira une description géographique qui sera publiée en France en 1735. Jean-Baptiste Régis, sinologue avant l’heure, s’intéressa également à la chronologie de l’histoire chinoise et à la traduction des livres classiques confucéens. Sa vocation missionnaire fut cependant contrariée par le désaveu que la papauté infligea à l’enseignement catholique dispensé par les Jésuites aux Chinois. Parti de son pays natal sans espoir de retour, il mourut à Pékin en 1738 après avoir passé près de quarante ans au service de trois empereurs successifs.

Un vin d’honneur a clôturé ces 26e Rencontres Historiques.

Quatrième et dernier conférencier, Christian Giroussens a clôturé les 26èmes Rencontres Historiques.

Publié dans AVI

La sortie à Cavaillon

Samedi 2 juin2018, 24 Amis du Vieil Istres ont pris le car pour la troisième et dernière sortie de l’année : destination Cavaillon où les attendait une double visite, celle de la synagogue suivie du musée archéologique de l’Hôtel-Dieu.

La synagogue est forcément liée à l’histoire des juifs, expulsés du royaume de France par Charles VI en 1394. Certains ont trouvé refuge dans le Comtat Venaissin (partie du Vaucluse actuel) qui fut, de 1274 jusqu’à la Révolution, une propriété papale. L’Eglise les acceptèrent alors sous certaines conditions, avec une tolérance soumise à de nombreuses restrictions et servitudes. A Cavaillon, ils furent confinés (selon une loi de 1452) dans un quartier constitué l’année suivante : La Carrière (du provençal carriero : la rue, dénommée aujourd’hui rue Hébraïque). Une rue fermée et surveillée par des gardes chrétiens et juifs de chaque côté des barrières. Ils devaient porter des signes distinctifs : un chapeau jaune pour les hommes et un ruban de la même couleur pour les femmes. Mais dans ce ghetto où vécurent serrés jusqu’à 200 Juifs, ils eurent l’autorisation de bâtir vers 1494 une synagogue sur des plans établis par des architectes chrétiens car c’était l’une des professions interdites aux Juifs. L’édifice sera ensuite reconstruit en 1772 et 1774. Son aspect extérieur est sobre afin de ne pas faire d’ombre aux édifices chrétiens. Elle demeure cependant la seconde synagogue la plus ancienne de France.

Ci-dessus : photo souvenir devant l’entrée de la Carrière (rue Hébraïque).
Ci-dessous : les explications du guide au sein de la synagogue.



L’étage comprend la salle des prières. Elle était réservée aux hommes avec une décoration haute en couleurs. Un cas unique dans la religion juive avec un style baroque (Louis XV), influencé par les traditions provençale et chrétienne. Face à la tribune du rabbin, se trouve le tabernacle (Arche Sainte) avec à sa droite le fauteuil d’Elie, prophète cité dans l’Ancien Testament et disposé en hauteur sur une console en forme de nuage.

Les femmes y étaient interdites d’accès. Elles écoutaient cependant le rabbin depuis le rez-de-chaussée où une salle de prières leur était acquise. Une salle qui faisait également office de boulangerie.

Le mikvé, bain rituel juif, se trouve par contre dans une autre maison de la Carrière, contigüe côté sud à la synagogue. Une maison dite Jouve, du nom d’une famille sensible au patrimoine de Cavaillon et qui avait racheté de nombreux édifices afin que l’histoire de leur commune ne se perde pas. Le mikvé est inaccessible aujourd’hui pour des raisons de sécurité. Cependant, dans la salle des prières réservée aux femmes, des panneaux explicatifs retracent l’histoire de ce rite purificateur, dédié lors d’une immersion complète, à la renaissance du corps et de l’esprit. Le mikvé a été classé au titre des monuments historiques le 17 décembre 2007.

Les différentes pièces de la synagogue abritent en parallèle des pièces de collection, issues de la guenisah, une autre salle de la synagogue où étaient rangés les objets de culte. Ils sont présentés dans des vitrines formant ainsi le musée juif comtadin. Un musée créé en 1963 alors que la synagogue a été le premier édifice judaïque classé monument historique en 1924.

Dans son souci de conserver le patrimoine de Cavaillon, la riche famille Jouve avait racheté de nombreux bâtiments et, bien sûr, celui qui fut l’objet de la seconde partie de la visite de Cavaillon. Il s’agit de l’Hôtel-Dieu, de sa chapelle et de ses dépendances, rachetés en plusieurs étapes à partir de 1907. Au décès des trois frères et sœur Jouve, l’Hôtel-Dieu est devenu un musée lapidaire qui prit progressivement sa forme actuelle où domine l’archéologie de Cavaillon et de sa région.

Ci-dessus : photo souvenir devant l’entrée de l’Hôtel-Dieu.
Ci-dessous : les explications de la guide dans la seconde salle dénommée André Dumoulin.



Aujourd’hui, ce musée présente des collections témoins de l’occupation humaine et du développement urbain de Cavaillon et de sa région depuis la Préhistoire. Il est composé de trois salles :

La première, dite salle lapidaire, n’est autre que l’ancienne chapelle de l’Hôtel-Dieu, dédiée à Sainte-Marthe. Elle comporte beaucoup de vestiges d’époques gallo-grecque et gallo-romaine. Cette salle offre aux visiteurs des statues, des stèles, des colonnes, des éléments de chapiteaux, corniches et d’autels ainsi que quelques amphores.

La seconde salle (où se trouve l’accueil du musée) est dénommée André Dumoulin (1913-1981), fondateur et conservateur du musée après le décès des frères et sœur Jouve. Elle est consacrée à la Préhistoire. Les périodes néolithique et chalcolithique sont les plus représentées avec des outillages et du mobilier issus de Cavaillon (colline Saint-Jacques) et de communes voisines : Cheval-Blanc (grotte des Enfers, Grotte Basse, Grande Grotte), Robion (grottes du Lierre et du Castellas et site du Boulon), Bonnieux (site des Fabri) et Mérindol (grotte ogivale et site des Maufrines). La salle André Dumoulin présente également les ossements d’un ancien habitant de Robion (entre 2300 et 1600 avant JC). Le squelette est dénommé Ferdinand puisqu’il a été mis en vitrine un 30 mai …

La troisième salle est située au premier étage. Elle est consacrée à l’évolution de la population cavaillonnaise depuis la création de l’oppidum par les Cavares (peuple celto-ligure) sur la colline Saint-Jacques. Une population qui a évolué et a été influencée par le commerce effectué avec les Grecs et les Romains. Cette salle présente en effet des pièces relatives aux cultes, croyances, nourriture, architecture, urbanisme, santé et aux pratiques funéraires de cette population ancienne qui s’est ensuite installée dans la ville basse (Cavaillon actuel) à partir du IVe siècle avant JC.

Vous pouvez voir cette après-midi plus en détails en images en cliquant sur le pavé ci-dessous :

Publié dans AVI

L’église de la Sainte-Famille

Ingénieur en bâtiments, Pierre Schaffauser, est venu ce mercredi 18 mai nous présenter les divers aspects de l’édification de l’église de la Sainte-Famille. Le projet est né du regretté curé Abdon Donain pour deux raisons principales : l’ancienne chapelle ne pouvait plus accueillir les paroissiens de plus en plus nombreux tandis que Notre-Dame de Beauvoir, par sa position, reste et restera éternellement difficile d’accès pour les anciens. La construction d’une église plus spacieuse et d’un centre paroissial en centre-ville s’est alors imposée.

L’architecte François Gautier a conçu cette nouvelle église du centre-ville comme un demi-œuf avec beaucoup de choix symboliques sur les matériaux tel la pierre (symbole d’éternité), le bois (paradis terrestre) ainsi que dans les formes : l’œuf (symbole de la famille), le cercle (ciel), l’ovale (image céleste) et le carré symbolisant alors le passage de la terre au ciel.

La construction d’une coupole en pierres est interdite en basse Provence. Mais des études sismiques et des modifications adaptées ont permis sa réalisation. Il a fallu 1942 pierres de taille dont 820 pour la coupole (recouverte de plaques de cuivre lors des finitions). Elles proviennent essentiellement de la carrière de Ménerbes (Vaucluse) et certaines, plus dures, d’Isère. Des pierres taillées par des machines à commande numérique, de forme plus ou trapézoïdale selon le rang et que seul le savoir-faire des Compagnons du Devoir a permis d’assembler avec un coulis de mortier particulier et chaud. Les chapiteaux sont gravés à l’effigie de 4 évangélistes. L’autel en pierre de Tavel (Gard) pèse 4 tonnes.

Pierre Schaffauser lors de ses explications sur les études de la coupole.

Les études ont commencé en 1998 et le permis de construire, obtenu en 2000, a autorisé la pose de la première pierre le 6 janvier 2001, bénite par Monseigneur Claude Feidt. Les travaux (d’un coût de 4 100 000 euros, payés par le diocèse d’Aix) ont ensuite débuté en novembre 2002. La Sainte-Famille a été inaugurée le 27 juin 2004.

La conférence de Pierre Schaffauser a été étayée par de nombreuses photos spectaculaires qui ont relaté ces travaux depuis le parking souterrain de 84 places jusqu’au sommet du dôme. Ces images ont démontré la réalisation d’un pari osé grâce à la volonté du curé Abdon Donain, la maitrise des artisans Compagnons et des conducteurs de travaux ainsi que l’originalité de l’architecte car cela faisait 350 ans qu’un bâtiment sacré n’avait plus été construit en pierres porteuses.

Pierre Schaffauser a été longuement applaudi en fin de conférence, répondant sans faille au questions du public. Il est ici remercié par Claude Teissier, trésorière des AVI.

Publié dans AVI

Sortie dans le Gard

Samedi 14 avril 2018, à 7h30 place Sainte-Catherine, 28 Amis du Vieil Istres sont montés dans le car qui les a emmenés dans le département du Gard. La matinée était consacrée à la visite du Préhistorama de Rousson, un musée dédié à la découverte de nos origines et qui accueille 10 000 visiteurs par an.

Le Préhistorama est l’œuvre du scientifique finlandais Eirik Granqvist. Cet expert de renommée internationale l’a d’abord créé en 1986 près de Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche) avant son déménagement à Rousson en 1996. Eirik Granqvist l’a ainsi dénommé, mixant les termes préhistoire et diorama dont on va reparler.

Ce musée se compose de 78 vitrines. Citons d’abord 7 vitrines de moulages de cranes et d’ossements effectués chez nos ancêtres les plus connus (Toumaï, Lucy, Tautavel, Cro-Magnon, Neandertal …). D’autres se rapportent à l’archéologie et à l’ethnographie. Mais 38 d’entres elles sont des dioramas, soient des scènes qui reconstituent grandeur nature (en se basant sur des découvertes scientifiques) la vie des hommes et des animaux dans leur contexte de l’époque.

Le Préhistorama peut aussi se décomposer en 4 parties : les fossiles des ères primaire, secondaire et tertiaire qui représentent le début de la vie sur terre. Puis la préhistoire avec l’apparition et l’évolution d’hominidés tels les genres Australopithecus, Homo … jusqu’à l’actuel Homo sapiens (dit l’homme moderne). La troisième section du musée concerne les animaux et plus particulièrement ceux de l’ère glaciaire et de ses espèces disparues comme le célèbre mammouth. Enfin, une salle indépendante des trois parties précédentes est consacrée à l’exposition de fossiles de France et de pays étrangers.

Photo souvenir des Amis du Vieil Istres devant l’entrée du Visiatome à Marcoule.

Après le repas de midi au restaurant L’Atomic à Bagnols-sur-Cèze, les Amis du Vieil Istres ont oublié la préhistoire matinale pour un tout autre domaine : celui du Visiatome à Marcoule. Créé en 2005 par le CEA de Marcoule, ce musée pédagogique est consacré à la radioactivité et au partage des connaissances du monde nucléaire. Il s’étend sur 600 m2 et se compose de 10 salles. 75 % de l’électricité en France est d’origine nucléaire et place notre pays en seconde position mondiale après les Etats-Unis.

Les trois premières salles sont consacrées aux déchets en France. Des déchets de tout ordre : ordures ménagères, boues des stations d’épuration, déchets agricoles … ainsi que leurs traitements. Chaque personne rejette chaque année 500 kg de déchets : 40 % sont incinérés, 40 % sont enfuis et 20 % sont recyclés. Les déchets industriels sont plus importants (10 tonnes / an / personne) alors que les déchets radioactifs sont de l’ordre d’1 kg / an / personne. Et bien sûr les déchets radioactifs sous contrôle qui nous attendaient plus en détails dans les salles suivantes

Ce fut le cas dès la salle 4 qui présente les centres de stockage spéciaux des déchets peu et moyennement radioactifs. Deux centres sont établis dans le département de l’Aube : celui de Morvilliers (ouvert en 2003 pour stocker jusqu’à 650 000 m3 de déchets très faiblement radioactifs) et celui de Soulaines (ouvert en 1992, 1 million de m3, déchets moyennement radioactifs à vie courte). Pour les plus dangereux (déchets hautement radioactifs a vie longue), L’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) a prévu, vers 2025, de les enfouir dans le sous-sol argileux de la commune de Bure dans la Meuse à 500 mètres de profondeur. Ce site remplacera celui des usines (traitant le combustible usé issu des centrales nucléaires) de La Hague dont le stockage est proche de la saturation.

La salle 5 aborde la radioactivité, un phénome naturel découvert par Henri Becquerel au XIXe siècle et approfondi ensuite par Pierre et Marie Curie. Ainsi sont traités les types d’exposition (contamination, irradiation), les rayons alpha, beta, gamma, comment s’en protéger et les éliminer ainsi que l’utilisation de la radioactivité dans les usines nucléaires.

La salle 6 présente le cycle du combustible nucléaire avec évidemment l’uranium depuis l’extraction du minerai, suivi de ses étapes industrielles de transformation et jusqu’à la gestion des déchets. La radioactivité de ces déchets diminue dans le temps. Elle devient nulle au bout de 300 ans pour les peu radioactifs alors qu’il faut attendre 20 000 ans pour les hautement radioactifs. Cette salle présente également les différentes utilisations de la radioactivité : électricité, examens et traitements médicaux, stérilisation d’équipements médicaux, datation de vestiges anciens …

Les salles 7, 8 et 9 sont consacrées aux lois et décisions gouvernementales liés au retraitement du combustible nucléaire usé ainsi qu’au stockage des déchets radioactifs à longue vie. Avec bien sûr le stockage géologique sous terre dans des containers où ces déchets sont piégés puis emprisonnés pour des milliers d’années. L’isolement de ces déchets dangereux est effectué par du bitume et du béton pour les déchets moyennement radioactifs alors que la fusion du verre est réservée aux déchets hautement radioactifs.

La salle 10 se compose d’arches formant un périphérique autour de la salle 6. Elle est dédiée aux principales ressources énergétiques actuelles ainsi qu’à des réflexions sur l’avenir. Car certaines énergies s’épuisent et l’avenir s’annonce lié à l’énergie nucléaire et au développement durable …

La visite s’est clôturée après la projection de trois films sur les rayons X, puis sur l’épopée du radium et enfin sur la surveillance des usines nucléaires et de leur environnement.

Vous pouvez voir cette journée plus en détails en images en cliquant sur le pavé ci-dessous :

Publié dans AVI

La conférence de Nicolas Balique

Jeudi 5 avril à l’Espace 233, l’historien militaire Nicolas Balique est venu nous nous présenter la quatrième conférence organisée par les Amis du Vieil Istres : Ernst Dunker et la Gestapo de Marseille.

Né à Martigues, Nicolas Balique nous a d’abord offert un documentaire vidéo sur l’occupation allemande de sa ville natale avec de nombreux témoignages de Martégaux dont celui de Paul Lombard, maire honoraire de la Venise provençale.

Puis, il est entré dans le vif du sujet avec l’horrible Ernst Dunker, né le 27 janvier 1912 à Halle (Allemagne), Un petit voyou, condamné à plusieurs mois de prison pour vols alors qu’il était encore mineur et qui récidive après sa sortie dans le proxénétisme. Un vice qu’il va conserver pendant la Seconde Guerre mondiale où, après diverses aventures et mésaventures à l’échelle internationale, il devient sergent dans l’armée allemande. Ce qui ne l’empêchera pas d’être dégradé dans une affaire louche. Il est ensuite réintégré et promu au grade de sergent-chef lorsqu’il est muté en 1943 à Marseille dans la police de sureté allemande.

Dans la cité phocéenne, il vit dans une villa située au n° 425 de la rue Paradis. C’est là qu’il dirige le service de la Gestapo locale. Un sergent-chef, capable des pires tortures et de tuer de sang-froid, qui devint rapidement directeur de ce service pour avoir eu la chance de côtoyer Jean Multon, un résistant qui vira casaque en dénonçant et livrant différents réseaux de la Résistance régionale. A Marseille, il fut également aidé et appuyé par le milieu marseillais : Sabiani, Carbone, Spirito …

Ernst Dunker est donc à l’origine de la chaine de répression qui a conduit, via des réseaux allemands parallèles à des centaines d’arrestation de résistants. Citons Jean Moulin, arrêté par Klaus Barbie à Lyon le 21 juin 1943 alors qu’à Martigues, c’est toujours sur dénonciation qu’il a pu démanteler un réseau de résistance qui, après tortures, conduira en juin 1944 au tristement célèbre massacre du Fenouillet, près de Lambesc.

La guerre aborde sa phase finale et, juste avant le débarquement allié à Marseille, Ernst Dunker, sur ordre de l’état-major allemand, réussit à prendre la fuite et regagner l’Allemagne. Après un passage en suisse, il retourne en mars 1945 sous une fausse identité à Paris où il est reconnu et arrêté. Le 2 janvier 1947, le tribunal militaire de Marseille le juge et décide de son sort : Ernst Dunker est condamné à mort. La sentence sera appliquée trois ans plus tard, soit le 6 juin 1950.

Huguette Giroussens, vice-présidente des Amis du Vieil Istres, remercie Nicolas Balique. Le conférencier possède un CV assez chargé. Auteur de divers ouvrages, ce journaliste fut rédacteur en chef à
Radio France Internationale, grand reporter en Afrique et enseignant à l’école de journalisme
de Yaoudé (Cameroun). Il est aujourd’hui spécialisé en histoire militaire.

Publié dans AVI