Le musée Jean Moulin à Saint-Andiol

En avril ne te découvre pas d’un fil… l’adage a pu être vérifié ce samedi 6 avril 2019. La baisse brutale des températures et la pluie battante n’ont pas découragé les Amis du Vieil Istres qui s’étaient inscrits pour visiter le musée Jean Moulin (Souvenirs de mon pays) à Saint-Andiol. Une commune qui lui avait déjà dédié une rue, une place, une école maternelle et désormais ce musée, inauguré le 6 juillet 2018. Il est né grâce à la volonté du maire Luc Agostini et à l’investissement de l’historien Thomas Rabino.

Ce musée occupe un espace de 200 m2 en lieu et place d’une ancienne école communale restaurée que Jean Moulin a fréquenté en tant qu’élève. Il rassemble 10 années de travaux, de recherches et de collectes. 200 photos rares, des films d’époque ainsi que des documents et objets inédits retracent ainsi l’histoire de Jean Moulin, qui a passé son enfance à Saint-Andiol. Les Amis du Vieil Istres ont pu découvrir un Jean Moulin méconnu, souvent masqué par son illustre parcours de résistant et de martyr.

Photo souvenir dans le hall du musée Jean Moulin.

 

La première salle est dite républicaine. Elle offre des panneaux relatant l’enfance de Jean Moulin, son attachement à Saint-Andiol, son itinéraire d’étudiant (licencié en droit), sa mobilisation lors de la Première Guerre mondiale, sa nomination au poste de sous-préfet d’Albertville (Savoie) en 1925 (le plus jeune de France à cette époque) puis au poste de sous-préfet à Châteaulin (Finistère) en 1930, sa nomination au poste de préfet à Chartres (Eure-et-Loir) où il sera révoqué par Vichy le 2 novembre 1940, son mariage éphémère en 1926 avec Marguerite Cerruty, sa passion pour l’art et la peinture.

La seconde salle est dite route résistante. Car comment oublier les activités clandestines de Jean Moulin ? Ainsi, de nouveaux panneaux décrivent ses activités durant la Résistance. Après avoir été relevé de ses fonctions de préfet par le gouvernement de Vichy, Jean Moulin retourne à Saint-Andiol où il s’installe dans la maison de ses parents. Il déclare à la mairie sa nouvelle profession (agriculteur) et son faux nom (Joseph Mercier), une couverture masquant ses activités de l’ombre.

Ces documents retracent également ses autres pseudonymes de résistant (Rex, Max … sous lesquels se cachait la véritable identité du patron des MUR : Mouvements Unis de la Résistance), ses faux papiers sous les identités de Joseph Jean Mercier ou encore de Jacques Martel, sa traque par les Allemands, son arrestation, les tortures infligées par Klaus Barbie (chef de la Gestapo), son décès le 8 juillet 1943 … jusqu’à l’entrée de ses cendres présumées au Panthéon. Une entrée illustrée par un document d’archive particulier. Il s’agit de la vidéo du discours d’André Malraux dont voici un court extrait : Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège … bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret …

Pendant la visite de la salle dite route Route Résistante.

Entre ces deux salles, le clou du musée : un SAS reconstitue la mission Rex, c’est-à-dire la mission ordonnée par le général de Gaulle que Jean Moulin avait rencontré le 23 octobre 1941. Ce jour-là, l’enfant de Saint-Andiol devient le délégué personnel du général pour unifier et financer la Résistance dans la zone sud de la France. La mission Rex a débuté par un parachutage (dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942) de Jean Moulin, Raymond Fassin et Joseph Monjaret au-dessus des Alpilles. Les trois résistants ont pu rejoindre le maset d’Eygalières (propriété de Jean Moulin), pour parvenir ensuite à intégrer au MUR, les trois principales organisations clandestines : Combat, Libération et Franc-Tireur.

Le groupe des Amis du Viel Istres s’est scindé en deux. Pendant que le premier visitait le musée, l’autre partie a pu voir un film dans une salle cinéma, retraçant la vie de ce résistant hors du commun.

Prochaine sortie : le samedi 18 mai (journée complète) avec la visite du Seaquarium (Grau-du-Roi), suivie l’après-midi de la visite des Salins du Midi à Aigues-Mortes.

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Le château d’If, conférence de Robert Strozzi

Ce jeudi 4 avril, Robert Strozzi, secrétaire adjoint des Amis du Vieil Istres, nous a offert, à l’Espace 233, une magnifique conférence : Le roman du Château d’If : légendes et réalités.

Parti d’un poème de Jacques Barreau, écrit en 1871 (l’un des derniers prisonniers politiques que compta le Château d’If), Robert nous a d’abord décrit le célèbre îlot marseillais dont le nom provient sans doute du grec hypos: petite île, les Phocéens l’ayant baptisé Hypée.

Ce rocher a, pendant des siècles, constitué un refuge pour les pirates et autres contrebandiers. Il n’a appartenu à personne jusqu’au XIVe siècle. Car, il faudra attendre l’an 1381 pour que Jeanne de Naples, comtesse de Provence, se l’approprie, comme elle s’est appropriée toutes les îles, depuis Marseille jusqu’à Toulon.

Après l’annexion de la Provence au royaume de France en 1481, François Ier décide en 1524 de fortifier l’îlot afin de sécuriser la rade de Marseille. Les tours du fort sont munies de canons. Ce qui n’est pas du goût des Marseillais, inquiets de leur indépendance, car le fort est munie d’une garnison dévouée au roi de France et peut servir à les intimider en cas de conflit sur leurs privilèges. En 1533, François Ier se rend à Marseille pour le mariage de l’un de ses fils : Henri (futur Henri II) avec Catherine de Medicis et constate que le fort est pratiquement achevé.

En 1590, lors des guerres de religion, les troupes du Grand-duc de Toscane bivouaquent au pied du fort et construisent une enceinte provisoire. Celle-ci sera reprise et améliorée par l’ingénieur Raymond de Bonnafous, responsable des fortifications pour la Provence, de 1600 à 1607, sous le règne d’Henri IV. Le Grand-duc de Toscane ayant prêté beaucoup d’argent à Henri IV, le château d’If sert alors (provisoirement) de gage

Robert Strozzi, assisté de Yolande Yssert.

 

Sous Louis XIV, Vauban juge l’emplacement de l’île très bon pour défendre Marseille mais il souligne la construction paresseuse du fort, prévu à une époque où l’artillerie n’était qu’à ses balbutiements. Des négligences qu’il va s’empresser d’améliorer. Depuis 1598, le fort est géré par la famille de Fortia, viguiers de Marseille. Il en sera ainsi, de père en fils, jusqu’en 1771. L’île d’If devient alors un rendez-vous de pique-niques auxquels participent le roi ainsi que des nobles telle la marquise de Sévigné et la comtesse de Grignan.

Robert nous a ensuite détaillé le fort de bas en haut et de long en large avant de l’aborder sous l’angle carcéral. Car dès 1540, il a servi de prison, enfermant des prisonniers de droit commun ou hébergeant, à l’écart de Marseille, des galériens malades. 3 500 protestants du sud du royaume y ont été incarcérés. Cependant, parmi les légendes du château d’If, il faut souligner que le marquis de Sade et le masque de Fer, n’y ont jamais été emprisonné. Mais certaines personnalités célèbres (comme Honoré Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, 1749-1791) l’ont été.

La Révolution n’a pas eu d’impact direct sur la vie de l’îlot, les contre-révolutionnaires étant guillotinés sur place à Marseille. Plus tard, au cours du XIXe siècle qui connut divers régimes de gouvernement, les cachots ont accueilli durant cette époque de nombreux opposants politiques. Des incarcérations qui se sont poursuivies jusqu’à la Grande Guerre 1914-1918 où furent alors emprisonnés des Allemands travaillant en France où en visite touristique ainsi que des Français soupçonnés d’espionnage et de collaboration avec l’ennemi.

Quant à Edmond Dantès, le célèbre évadé devenu comte de Monte-Cristo dans le roman du non moins célèbre Alexandre Dumas, c’est évidemment une fiction mais qui a rendu célèbre les prisons de ce château, effaçant presque l’histoire militaire du fort et de l’îlot. Une renommée qui a largement contribué à rendre le site touristique, après avoir été classé monument historique en 1926.

En fin de conférence, Robert a été applaudi et remercié ici par Michel Yssert, secrétaire des AVI.

 

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 9 mai 2019, 18h00 à l’auditorium André Noël (nouvelle mairie): Le pays de l’Etang de Berre au Moyen Age : châteaux, villages et territoires par Jean Philippe Lagrue, archéologue, chargé de mission

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L’assemblée générale 2019

Malgré l’absence de la municipalité, prise par l’inauguration du pôle mère-enfant Simone Veil, les Amis du Vieil Istres ont tenu leur assemblée générale au pavillon de Grignan, ce samedi 23 mars 2019.

Les présents (plus de 50 adhérents) et les 26 bons pour pouvoir ont permis d’avoir le quota nécessaire pour débuter la séance. René Giroussens a lancé les débats en annonçant aux plus grands regrets de tous, les décès survenus l’année 2018 avec notamment celui de Jean Pierre Bonnet, président des AVI de 2006 à 2014.

L’assemblée générale s’est ensuite déroulée sans accroc avec la lecture du PV de l’AG du 24 mars 2018, le rappel des activités 2018, la présentation des activités 2019 et la présentation des comptes 2018, approuvés par les commissaires délégués à cet effet.

Signalons l’entrée dans le conseil d’administration de Michel Rubio et de Marcel Roos alors que Bernard Faure nous quitte pour convenance personnelle.

Enfin, Claude Herrera, président des AVI, a présenté le bulletin n°41, toujours offert gratuitement en fin d’assemblée aux adhérents. Lors de son intervention, la trésorière a signalé qu’un second hors-série (Les acquisitions de la municipalité istréenne et du SAN) paraitra en 2020 et sera également remis gratuitement aux adhérents avec le bulletin n°42.

Présentation du bulletin n°41 par les membres du Conseil d’Administration .
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Le musée de la Romanité à Nîmes

Samedi 9 mars 2019, une trentaine d’Amis du Vieil Istres ont pris le car pour la visite du musée de la Romanité à Nîmes. Un musée récent, inauguré le 2 juin 2018 en présence de Françoise Nyssen, ministre de la Culture. Il rassemble 25 siècles d’histoire grâce à 5 000 pièces exceptionnelles et 64 dispositifs multimédia. Cet immense musée a remplacé le précédent plus modeste et situé dans l’ancienne école des Jésuites.

Le musée de la Romanité présente trois périodes sur l’histoire de Nîmes et de sa région. La première est préromaine et s’étend du VIIe siècle au Ier siècle avant JC. D’abord avec les Gaulois sédentarisés à Nîmes, près de la source de la Fontaine mais aussi autour de la capitale gardoise avec le site de Grezan et l’oppidum de Gailhan où une maison entière a été reconstituée. Ces salles présentent également le mobilier des habitants et les monnaies employées.

Photo souvenir devant les arènes de Nîmes.

 

La seconde période occupe de toute évidence le plus d’espace. Il s’agit bien sûr de la Romanité avec des salles consacrées à l’urbanisme, au décor architectural, à l’habitat, aux fresques et mosaïques, à l’épigraphie, aux monnaies, aux religions et aux pratiques funéraires. Parmi les nombreuses mosaïques présentées, deux sont exceptionnelles : la mosaïque de Penthée, découverte en 2007 à Nîmes lors des fouilles préventives du parking Jean Jaurès. Datée du IIe siècle après JC, elle a dû être restaurée avant son déplacement délicat au musée. 35 m2 rassemblent des tesselles en calcaire, verre et terre cuite. La seconde est la mosaïque de Bellérophon, âgée de 2 000 ans. Elle a été découverte sous le cours Gambetta en 1950. Ses 14 m2 et son poids (3 tonnes) ont nécessité une installation dans le musée deux avant son inauguration. Le toit du bâtiment n’était pas encore posé.

Vous accèderez bientôt aux images de quelques-unes de ces pièces exceptionnelles et à bien d’autres qui ne seront que le pâle reflet des 5 000 pièces offertes aux yeux du public.

La mezzanine des mosaïques.

Enfin, la troisième période du musée est double. Des salles sont consacrées à la période médiévale avec de nombreuses sculptures et d’autres à la période 1500-1900 avec les maquettes en liège de l’archéologue nîmois Auguste Pellet (1785-1865).

Le musée de la Romanité possède également un auditorium, des espaces consacrés à des expositions temporaires, des ateliers pédagogiques, un centre de documentation, une boutique librairie et bien sûr des bureaux administratifs. Mais c’est au dernier étage du bâtiment que les Amis du Vieil Istres ont profité de la terrasse du bâtiment qui offre une vue panoramique sur 360°, arènes incluses.

Prochaine sortie : le samedi 6 avril (après-midi) avec la visite du musée Jean Moulin à Saint-Andiol.

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La laïcité : un principe menacé ou liberticide ?

Ce jeudi 7 mars, Jean François Noyes nous a offert à l’auditorium André Noël, une superbe conférence sur l’histoire, l’état et le devenir de la laïcité. Celle-ci fait l’objet, depuis une vingtaine d’années en France, de vifs débats dans lesquels le grand public a du mal à s’y retrouver : êtes-vous pour ou contre le voile, le burkini, les accompagnants scolaires, les crèches dans les mairies ? Au-delà de ces questions ponctuelles qui sont les plus médiatisées, la laïcité fait aussi l’objet de débats de fond sur sa nature et sa capacité d’adaptation à un monde qui a connu de profonds bouleversements. Deux écoles s’affrontent. Certains philosophes, sociologues, juristes prétendent qu’elle est liberticide, tyrannique, frénétique alors que d’autres considèrent qu’elle est gravement menacée et qu’il faut se rassembler pour tenter de la sauver

Le conférencier Jean François Noyes et Claude Herrera, président des AVI.

 

Jean François Noyes a analysé très lucidement la réalité actuelle. D’abord avec des exemples précis de certains pays (Allemagne, Canada, Pays-Bas …) qui ont opté pour le multiculturalisme, un choix politique qui s’est souvent soldé par un échec.

Ensuite en France qui a créé lors de la Révolution la célèbre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen puis opté pour la laïcité avec la loi de 1905 (séparation de l’Eglise et de l’Etat). En théorie, la laïcité est la protectrice du bien vivre ensemble. L’Etat est neutre et garantit le libre-service des cultes dont le fonctionnement ne peut faire l’objet de textes de lois.

C’est au travers de nouveaux exemples que Jean François Noyes nous a démontré que la réalité s’est éloignée de la théorie. En voici quelques-uns :

  • Il existe une direction des cultes au sein du ministère de l’Intérieur.
  • Les évêques ont un accès direct avec les autorités.
  • L’Etat favorise le financement des cultes en cédant des terrains par bail emphytéotique (15 euros par mois) pour la construction d’édifices religieux. Il subventionne également l’entretien et la restauration de ces édifices construits avec des aides de l’Etat (jusqu’à 70%).
  • L’Etat ou les collectivités locales financent des pratiques ou traditions cultuelles en les masquant par du culturel.
  • L’Etat ferme les yeux sur les dons reçus par des fondations religieuses non déclarées. Des cultes peuvent recevoir des dons par des mécènes qui sont défiscalisés jusqu’à 66%.
  • La loi interdisant le port du voile dans les écoles.
  • La France organise et paie la formation d’imams.
  • Procès d’assise reporté pour cause de Ramadan.
  • Pratique du culte pendant les horaires de travail
  • Etc …

Ces quelques exemples nous montrent une République assez accommodante envers les cultes. La loi de 1905 se vide de plus en plus de sa substance et les règles de la société française sont remises en cause. Ainsi, la France laïque est obligée aujourd’hui de prendre en compte la réalité religieuse. Ce qui se traduit par des rivalités politiques droite-gauche où les arguments de prise de position sont essentiellement guidés par des raisons électorales. Tels ont été les propos (résumés) de Jean François Noyes.

En fin de conférence, Jean François Noyes a été remercié par Claude Teissier, secrétaire des AVI.

 

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 4 avril 2019, 18h00 à l’Espace 233 (CEC) : Le roman du château d’IF, légendes et réalités par Robert Strozzi, membre du bureau des AVI.

Les Procès en sorcellerie, conférence de Marc Suarez

Ce jeudi 28, dernier jour du mois de février 2019, Marc Suarez, membre du conseil d’administration des Amis du Vieil Istres, nous a offert à l’Espace 233 une superbe conférence sur les Procès en sorcellerie au XVIIe siècle en Provence.

En 1609, un curé de Marseille, chargé de faire l’éducation de trois jeunes filles mineures, en a profité pour abuser de l’une d’entre elles. Sous prétexte de lui avoir voler sa virginité pour la donner au Diable, son (pseudo) directeur spirituel fut condamné à mort en 1611 alors que la malheureuse mineure, d’abord déclarée possédée par ce même curé, eut du mal à guérir de son emprisonnement avant de s’exiler et de vivre en recluse.

Après cet exemple, Marc a démontré l’origine de sorcellerie. Elle trouve sa source dans l’Eglise qui avait fixé les limites entre le bien et le mal, Dieu ne pouvant être autrefois que le seul refuge où l’on échappait à Satan.

Les femmes ont très souvent été victimes de ces chasses aux sorcières : les charmantes et les célibataires par jalousie de leur entourage, les laides par leur aspect physique, les hérétiques, les païennes et les guérisseuses ou sages-femmes de l’époque accusées de pratiquer une médecine parallèle. Dans tous les cas, les femmes étaient considérées comme plus faible intellectuellement que les hommes. Si certaines avaient le courage de contredire l’autorité, cette force ne pouvait provenir que du mal au travers de Satan … auquel elles n’avaient pu résister par leur faiblesse naturelle.

Mais les jugements contre ces personnes qui avaient (soi-disant) pactisé avec le Diable, ne pouvaient conduire les accusés qu’au bûcher. Les magistrats étaient répressifs, cherchant dans leur verdict à plaire avant tout au public, au Roi et à l’Eglise. Les accusés n’avaient pas d’autre choix que d’avouer leurs actes maléfiques sous la torture, préalablement confortés par des recherches de preuve physique. Ainsi, un seul grain de beauté n’était qu’autre qu’une trace du Diable et s’avérait suffisant pour les qualifier de sorcier ou de sorcière.

Marc Suarez pendant sa conférence qu’il a illustrée par de nombreuses images de tableaux de sorcellerie car l’art permet de dire des choses que la parole ne permet pas.

La conférence s’est terminée par des analogies à la sorcellerie contemporaine. D’abord avec le Stalinisme et sa dictature qui a employé des moyens analogues à ceux des magistrats d’antan pour contrer, soumettre ou éliminer les récalcitrants au régime soviétique. Il en fut de même avec le Maccarthisme, période de l’histoire américaine, connue également sous le nom de Peur rouge et qualifiée de chasse aux sorcières à l’encontre des partisans du communisme.

Ensuite, par une autre forme de sorcellerie contemporaine se traduisant par la magie des marabouts, la voyance, l’horoscope, les remèdes de grand-mères et la superstition car, selon certains, il est dangereux de passer sous une échelle ! Aujourd’hui, le cinéma participe également à la sorcellerie contemporaine, au travers de films à succès, telle la série des Harry Potter.

En fin de conférence, Marc a été applaudi et remercié ici par Pierre Fontaine, membre des AVI.

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 7 mars 2019, 18h00 à l’auditorium André Noël (nouvelle mairie): Laïcité : un principe menacé ou liberticide par Jean-François Noyes, administrateur territorial hors classe, retraité.

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L’énigmatique disparition d’Antoine de Saint-Exupéry

Malgré un mistral glacial, l’auditorium André Noël (nouvelle mairie) était presque plein ce jeudi 10 janvier pour la première conférence organisée par les Amis du Vieil Istres. En effet, Michel Issert, secrétaire l’association, a ouvert les débats de l’année 2019 par une conférence consacrée à Antoine de Saint-Exupéry.

Après une inévitable présentation de la généalogie et de la carrière de l’écrivain et pilote français, Michel a orienté ses propos sur le mystère entourant sa disparition, survenue le 31 juillet 1944. Ce jour-là, Antoine de Saint-Exupéry décolle à 8h25 d’un aéroport près de Bastia pour une mission militaire de reconnaissance photos dans le Vercors. Lors de son retour, il est repéré par les Allemands qui auraient aussitôt envoyé un avion de chasse à sa poursuite et abattu l’avion du célèbre écrivain. Mais où ?

Toutes les recherches effectuées sur le rivage méditerranéen, de Marseille jusqu’à Nice se sont avérées infructueuses … jusqu’au 7 septembre 1998, où Jean Claude Bianco, patron pêcheur de Mazargues, remonte de ses filets un objet avec quelques éclats brillants. La prise a eu lieu sur la partie marseillaise des calanques de Cassis. Après maints nettoyages, l’objet s’avère être une gourmette d’environ 35 grammes sur laquelle apparait après brossages d’abord la gravure Antoine prolongée après d’autres brossages par Saint Exupéry.

Michel Issert pendant sa conférence.

Si cette gourmette est vraiment celle de l’aviateur abattu le 31 juillet 1944, l’épave de son avion ne doit pas être bien loin. Ainsi commencent les recherches sous-marines par la célèbre COMEX. Des recherches secrètes mais qui n’ont pu le rester jusqu’au 28 octobre 1998, date où vont commencer les ennuis de Jean Claude Bianco. Car, selon la loi, il aurait dû déclarer la gourmette au plus tard 48 heures après sa découverte au DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines). Jean Claude Bianco est même accusé d’avoir violé cette loi du 1er décembre 1989 relative aux biens culturels maritimes. Il doit rendre aux autorités la gourmette à contre-cœur.

La gourmette sera ultérieurement restituée à la famille Giraud d’Agay, héritière légitime de l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, décédé sans enfant (Gabrielle, sœur d’Antoine, avait épousé Pierre Giraud d’Agay). Une famille héritière qui va rentrer en conflit avec le patron pêcheur de Mazargues. Cependant, après avoir récupéré la gourmette, elle a toujours refusé de reconnaître son authenticité mais ne voulait en aucun cas la rendre à celui qui l’avait découverte.

Jean Claude Bianco vit alors plusieurs années de déprime. A son procès, il est débouté et condamné à verser 300 euros d’amende à chaque héritier d’Agay. Différentes voies de presse (journaux télévisés, Paris Match, Science et Vie …) le font passer pour un usurpateur et la gourmette pour une galéjade marseillaise. Mais les détracteurs parisiens et la famille Giraud d’Agay ont dû revoir leur copie …

En effet, le 1er septembre 2003, soit après 5 années de recherches sous-marines, Luc Vanrell de la COMEX trouve enfin une épave inconnue près de l’île de Riou … Après avoir été remontée, elle a été formellement identifiée pour être celle de l’avion piloté par Antoine de Saint Exupéry : carcasse d’un bimoteur P38 Lightning avec numéros de série correspondants.

Jean Claude Bianco a ensuite été réhabilité et conclu un pacte de paix avec la famille d’Agay. Quant à la carcasse remontée, elle a d’abord été exposée à la base d’Istres puis envoyée au Bourget où un espace Saint Exupéry a été créé.

Le lieutenant allemand Horst Rippert (1922-2013) a déclaré en 2008, être le pilote (aux commandes d’un Messerschmitt BF 109) qui a abattu le Lightning P38 de Saint Exupéry le 31 juillet 1944. C’est aujourd’hui la thèse la plus probable expliquant le crash de l’avion français. Horst Rippert était le frère ainé du chanteur Ivan Rebroff (né Hans Rolf Rippert).

Michel Issert et son épouse Yolande, tous deux remerciés en fin de conférence.

PROCHAINE CONFÉRENCE : Jeudi 28 février 2019, 18h00 à l’Espace 233 (CEC): Procès en sorcellerie au XVIIème siècle en Provence par Marc Suarez, membre du bureau des AVI.

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Les activités 2019

Le programme des activités pour l’année 2019 est en partie finalisé … Le prix et l’heure de RDV des sorties vous seront communiqués ultérieurement. Voici cependant un résumé des principaux rendez-vous :

1. Trois sorties sont prévues :
Samedi 9 mars 2019, après-midi. Visite du musée de la Romanité à Nîmes.
Prix : 20 euros par personne.
Départ du car : 13h30 précises, place Sainte-Catherine.
Réservation avant le 2 mars.

Samedi 6 avril 2019, après-midi. Le matin : visite du musée Jean Moulin à Saint-Andiol.
Prix : 15 euros par personne.
Départ du car : 13h30 précises, place Sainte-Catherine.
Réservation avant le 31 mars.

Samedi 18 mai 2019, journée complète dans le Gard : Visite du Seaquarium au Grau-du-Roi (matinée) et visite des Salins du Midi à Aigues-Mortes (après-midi).
Prix :
Départ du car : place Sainte Catherine
Réservation avant le 11 mai.

Réservation des sorties :
Chèque à l’ordre des Amis du Vieil Istres et à envoyer à :
Les Amis du Vieil Istres, boulevard de la République (ancienne mairie), 13800 Istres.
ou à :
Huguette Giroussens, 40 Avenue Marcel Roustan. 13800 Istres.
Pour tout autre renseignement, tel : 06 23 98 17 85 ou 04 42 55 12 91.

2. L’assemblée générale :
Elle est fixée au samedi 23 mars 2019, à 10h00 au Pavillon de Grignan avec la remise du bulletin n° 41.

3. Cinq conférences sont prévues :

Trois à l’auditorium André Noël, nouvelle mairie :
– Jeudi 10 janvier 2019, 18h00 : Saint-Exupéry et l’énigme de sa disparition par Michel Issert, secrétaire des AVI.
– Jeudi 7 mars 2019, 18h00 : Laïcité : un principe menacé ou liberticide par Jean-François Noyes, administrateur territorial hors classe, retraité.
– Jeudi 9 mai 2019, 18h00 : Le pays de l’Etang de Berre au Moyen Age : châteaux, villages et territoires par Jean Philippe Lagrue, archéologue, chargé de mission

Deux autres à l’Espace 233, CEC :
– Jeudi 28 février 2019, 18h00 : Procès en sorcellerie au XVIIème siècle en Provence par Marc Suarez, membre du bureau des AVI.
– Jeudi 4 avril 2019, 18h00 : Le roman du château d’IF, légendes et réalités par Robert Strozzi, membre du bureau des AVI.

4. Les Rencontres Historiques :
La date est fixée au samedi 5 octobre à 9h00. 4 communications historiques sont prévues (2 le matin et 2 l’après-midi). Le repas sera pris sur place (et toujours sur réservation). Le programme détaillé des RH vous sera communiqué vers le début de l’été. Elles se dérouleront toujours au CEC, espace 233.

Pour plus de détails :

Accès direct à la page des conférences.

Accès direct à la page des sorties.

Accès direct à la page des Rencontres Historiques.

Accès direct à la page de l’Assemblée Générale.

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Les Rencontres Historiques 2018

Samedi 6 octobre 2018, à l’espace 233 (CEC), se sont déroulées les 26e Rencontres Historiques de la ville d’Istres, organisées par les Amis du Vieil Istres.

Après l’accueil du public et en présence de Nicole Joulia, première adjointe, François Xavier EMMANUELLI, professeur des universités en histoire moderne, a ouvert les débats avec une première conférence : Une municipalité provençale au temps des Bourbons : Salon de Provence aux XVIIème et XVIIIème siècles. Onzième agglomération de Provence vers 1765, essentiellement rurale, Salon, ville seigneuriale et non royale, était pourvue d’une structure administrative municipale qui a commencé à prendre sa forme définitive tardivement. Comme dans toutes les cités du Midi, elle avait une double fonction : prise en charge des intérêts collectifs et tire-lire comtale. Son originalité (très relative) résidait dans le recours à un système électoral qui ignorait la candidature au profit de la proposition par l’exécutif, elle-même suivie de ratification puis d’un scrutin éventuellement clos par un tirage au sort, la désignation finale ne pouvant être refusée. Ce système était à base censitaire au sein duquel on pouvait distinguer dans la population masculine majeure trois groupes, celui des muets-spectateurs, celui des assistants et celui des intervenants. Placée sous une lourde quintuple tutelle, l’administration joua un rôle essentiel dans la perception de l’impôt et dans la préservation des plus hauts revenus, ceux de la noblesse foncière locale ou foraine.

De gauche à droite, Claude Herrera, président des Amis du Vieil Istres et les 4 conférenciers des 26èmes Rencontres Historiques : Louise, Leates, François-Xavier Emmanuelli, Jacqueline Ursch et Christian Giroussens.

Chercheuse en histoire de l’art et des jardins, Louise LEATES a enchainé avec : Les grottes architecturales dans les jardins du XVIIème siècle en Provence : Arnajon et Albertas. Cette conférence avait pour but de faire une mise au point sur les connaissances des grottes architecturales qui se trouvaient dans quelques jardins en Provence au XVIIème siècle. Louise Leates a auparavant présenté de superbes grottes architecturales parmi les plus connues en Europe et en France. Elles étaient rares, incrustées de coquillages et de minéraux et abritaient des sculptures. L’eau y coulait, créant des endroits privilégiés pendant les grandes chaleurs de l’été provençal. Des recherches récentes ont fourni des informations qui nous aident avec une datation, notamment pour la grotte qui subsiste toujours dans le jardin d’Albertas (Bouc-Bel-Air). Celle-ci se nommait au XVIIème siècle : le jardin des Seguiran, ces deux personnalités furent les premiers présidents en la Cour des Comptes. Celle d’Arnajon (Le Puy-Sainte-Réparade), créée pour Jacques Blanc, trésorier général du pays, est mieux connue. Le pavillon de Vendôme à Aix possède toujours sa grotte, aménagée en chapelle a une époque plus récente. Des grottes de fraîcheur, maintenant disparues, font agrandir cette petite liste : à Carcès pour le comte de Carcès, lieutenant général de Provence, et le pavillon de La Fare pour Henry Maynier d’Oppède, premier président au Parlement.

Trois conférenciers lors de leurs interventions : François-Xavier Emmanuel, Louise Leates et Jacqueline Ursch, assistés par Robert Strozzi, secrétaire adjoint des Amis du Vieil Istres.

Après le repas de midi au centre familial de vacances, Jacqueline URSCH, conservateur général honoraire et présidente de l’association Alexandra David-Neel a ouvert l’après-midi avec Alexandra David-Neel : une femme engagée, dont on fête en cette année 2018 le 150ème anniversaire de sa naissance. Elle a été reconnue dans le monde comme l’une des plus grandes exploratrices du XXème siècle et la première femme occidentale à séjourner à Lhassa, capitale sacrée et interdite du Tibet. Mais la grande voyageuse, allant toujours au bout de ses rêves, a été également artiste, écrivain. Alexandra David-Neel fut une jeune femme engagée, théosophe, anarchiste, franc-maçonne, féministe d’avant-garde, journaliste… Toujours à la recherche d’un vrai bonheur car elle disait : Il est bon d’avoir vécu sa vie. C’est la meilleure chose, la seule raisonnable à faire dans la vie. Une conférence agrémentée d’archives riches et inédites, issues de sa maison de Digne dénommée Samten-Dzong.

Christian GIROUSSENS, ingénieur et fidèle adhérent des AVI, a clôturé ces 26e Rencontres historiques avec une conférence sur Jean Baptiste Regis (1664-1738), un missionnaire géomètre au service de l’empereur de Chine. Longtemps demeuré à l’écart de l’aventure en Extrême-Orient initiée au XVIe siècle, le royaume de France a lancé une opération originale d’étude de la Chine en y envoyant un groupe de Jésuites en 1684, sous l’égide de l’Académie des Sciences. Ainsi se sont rencontrées une pensée scientifique, une arrière-pensée commerciale et la vocation missionnaire des Jésuites pour convertir les peuples étrangers. Intéressé par les connaissances des Pères, l’empereur de Chine leur avait demandé de faire venir un second contingent, qui débarqua en 1698. Parmi ces nouveaux arrivants, Jean-Baptiste Régis, Istréen par sa mère et né à Aix le 31 janvier 1664 dont les compétences en astronomie et géométrie ont été mises à profit pour participer à la grande entreprise ordonnée par l’empereur Kangxi : la cartographie de la Chine. Arpentant littéralement le pays pendant dix ans avec ses collègues, il en tira une description géographique qui sera publiée en France en 1735. Jean-Baptiste Régis, sinologue avant l’heure, s’intéressa également à la chronologie de l’histoire chinoise et à la traduction des livres classiques confucéens. Sa vocation missionnaire fut cependant contrariée par le désaveu que la papauté infligea à l’enseignement catholique dispensé par les Jésuites aux Chinois. Parti de son pays natal sans espoir de retour, il mourut à Pékin en 1738 après avoir passé près de quarante ans au service de trois empereurs successifs.

Un vin d’honneur a clôturé ces 26e Rencontres Historiques.

Quatrième et dernier conférencier, Christian Giroussens a clôturé les 26èmes Rencontres Historiques.

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La sortie à Cavaillon

Samedi 2 juin2018, 24 Amis du Vieil Istres ont pris le car pour la troisième et dernière sortie de l’année : destination Cavaillon où les attendait une double visite, celle de la synagogue suivie du musée archéologique de l’Hôtel-Dieu.

La synagogue est forcément liée à l’histoire des juifs, expulsés du royaume de France par Charles VI en 1394. Certains ont trouvé refuge dans le Comtat Venaissin (partie du Vaucluse actuel) qui fut, de 1274 jusqu’à la Révolution, une propriété papale. L’Eglise les acceptèrent alors sous certaines conditions, avec une tolérance soumise à de nombreuses restrictions et servitudes. A Cavaillon, ils furent confinés (selon une loi de 1452) dans un quartier constitué l’année suivante : La Carrière (du provençal carriero : la rue, dénommée aujourd’hui rue Hébraïque). Une rue fermée et surveillée par des gardes chrétiens et juifs de chaque côté des barrières. Ils devaient porter des signes distinctifs : un chapeau jaune pour les hommes et un ruban de la même couleur pour les femmes. Mais dans ce ghetto où vécurent serrés jusqu’à 200 Juifs, ils eurent l’autorisation de bâtir vers 1494 une synagogue sur des plans établis par des architectes chrétiens car c’était l’une des professions interdites aux Juifs. L’édifice sera ensuite reconstruit en 1772 et 1774. Son aspect extérieur est sobre afin de ne pas faire d’ombre aux édifices chrétiens. Elle demeure cependant la seconde synagogue la plus ancienne de France.

Ci-dessus : photo souvenir devant l’entrée de la Carrière (rue Hébraïque).
Ci-dessous : les explications du guide au sein de la synagogue.



L’étage comprend la salle des prières. Elle était réservée aux hommes avec une décoration haute en couleurs. Un cas unique dans la religion juive avec un style baroque (Louis XV), influencé par les traditions provençale et chrétienne. Face à la tribune du rabbin, se trouve le tabernacle (Arche Sainte) avec à sa droite le fauteuil d’Elie, prophète cité dans l’Ancien Testament et disposé en hauteur sur une console en forme de nuage.

Les femmes y étaient interdites d’accès. Elles écoutaient cependant le rabbin depuis le rez-de-chaussée où une salle de prières leur était acquise. Une salle qui faisait également office de boulangerie.

Le mikvé, bain rituel juif, se trouve par contre dans une autre maison de la Carrière, contigüe côté sud à la synagogue. Une maison dite Jouve, du nom d’une famille sensible au patrimoine de Cavaillon et qui avait racheté de nombreux édifices afin que l’histoire de leur commune ne se perde pas. Le mikvé est inaccessible aujourd’hui pour des raisons de sécurité. Cependant, dans la salle des prières réservée aux femmes, des panneaux explicatifs retracent l’histoire de ce rite purificateur, dédié lors d’une immersion complète, à la renaissance du corps et de l’esprit. Le mikvé a été classé au titre des monuments historiques le 17 décembre 2007.

Les différentes pièces de la synagogue abritent en parallèle des pièces de collection, issues de la guenisah, une autre salle de la synagogue où étaient rangés les objets de culte. Ils sont présentés dans des vitrines formant ainsi le musée juif comtadin. Un musée créé en 1963 alors que la synagogue a été le premier édifice judaïque classé monument historique en 1924.

Dans son souci de conserver le patrimoine de Cavaillon, la riche famille Jouve avait racheté de nombreux bâtiments et, bien sûr, celui qui fut l’objet de la seconde partie de la visite de Cavaillon. Il s’agit de l’Hôtel-Dieu, de sa chapelle et de ses dépendances, rachetés en plusieurs étapes à partir de 1907. Au décès des trois frères et sœur Jouve, l’Hôtel-Dieu est devenu un musée lapidaire qui prit progressivement sa forme actuelle où domine l’archéologie de Cavaillon et de sa région.

Ci-dessus : photo souvenir devant l’entrée de l’Hôtel-Dieu.
Ci-dessous : les explications de la guide dans la seconde salle dénommée André Dumoulin.



Aujourd’hui, ce musée présente des collections témoins de l’occupation humaine et du développement urbain de Cavaillon et de sa région depuis la Préhistoire. Il est composé de trois salles :

La première, dite salle lapidaire, n’est autre que l’ancienne chapelle de l’Hôtel-Dieu, dédiée à Sainte-Marthe. Elle comporte beaucoup de vestiges d’époques gallo-grecque et gallo-romaine. Cette salle offre aux visiteurs des statues, des stèles, des colonnes, des éléments de chapiteaux, corniches et d’autels ainsi que quelques amphores.

La seconde salle (où se trouve l’accueil du musée) est dénommée André Dumoulin (1913-1981), fondateur et conservateur du musée après le décès des frères et sœur Jouve. Elle est consacrée à la Préhistoire. Les périodes néolithique et chalcolithique sont les plus représentées avec des outillages et du mobilier issus de Cavaillon (colline Saint-Jacques) et de communes voisines : Cheval-Blanc (grotte des Enfers, Grotte Basse, Grande Grotte), Robion (grottes du Lierre et du Castellas et site du Boulon), Bonnieux (site des Fabri) et Mérindol (grotte ogivale et site des Maufrines). La salle André Dumoulin présente également les ossements d’un ancien habitant de Robion (entre 2300 et 1600 avant JC). Le squelette est dénommé Ferdinand puisqu’il a été mis en vitrine un 30 mai …

La troisième salle est située au premier étage. Elle est consacrée à l’évolution de la population cavaillonnaise depuis la création de l’oppidum par les Cavares (peuple celto-ligure) sur la colline Saint-Jacques. Une population qui a évolué et a été influencée par le commerce effectué avec les Grecs et les Romains. Cette salle présente en effet des pièces relatives aux cultes, croyances, nourriture, architecture, urbanisme, santé et aux pratiques funéraires de cette population ancienne qui s’est ensuite installée dans la ville basse (Cavaillon actuel) à partir du IVe siècle avant JC.

Vous pouvez voir cette après-midi plus en détails en images en cliquant sur le pavé ci-dessous :

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