Sortie au château de Beaucaire

Samedi 12 mars 2016, le car était plein pour conduire les Amis du Vieil Istres visiter le château de Beaucaire. La ville est d’abord née au IIème siècle avant JC sous le nom d’Ugernum, un habitat antique construit sur une colline surplombant le Rhône. Cet oppidum a ensuite pris (XIème siècle) l’appellation de Belcaïre, la belle pierre, une pierre locale très claire, vieille de 25 millions d’années et qui a servi à la construction du château.

Un château reconstruit vers 1180 sous les ordres de Raymond VI comte de Toulouse, à son retour des croisades. Suite au conflit avec les cathares, la forteresse est ensuite assiégée et Simon de Montford prend alors les commandes du site en 1209. Mais le comte de Toulouse Raymond VII qui naquit en 1197 dans ce château, l’assiège et le reconquit en 1216. Pas pour très longtemps … En effet, Raymond VII dut capituler devant le roi de France Louis VIII. Le château de Beaucaire devînt alors une forteresse royale (traité de Paris) qui s’agrandit pendant la Guerre de 100 ans. Cependant en 1632, pour des raisons politiques (en représailles de la rébellion de Gaston d’Orléans contre Louis XIII, son frère), Richelieu ordonna son démantèlement. Aujourd’hui, il ne reste que quelques murs d’enceinte, la cour (ou basse-cour), le donjon et la chapelle Saint Louis.

Les Amis du Vieil Istres ont eu le privilège de visiter le donjon, lieu de résidence seigneuriale. Des ouvertures et des escaliers très étroits (spécialement conçus pour freiner la progression des ennemis en cas d’attaque) ont permis d’accéder aux différents étages de cette tour haute de 24 mètres et aux murs épais d’1,3 mètre. Le seigneur rendait la justice dans la salle du 1er niveau (qui faisait également office de chapelle) alors qu’il dormait avec son épouse dans celle du second . La salle du 3ème étage était consacrée aux armes. Enfin, c’est l’accès à la terrasse qui offre toujours un magnifique panorama sur 360°. Le donjon est de section triangulaire. Ce choix suppose une meilleure résistance peut-être imposée par la forme du sol.

Après une courte visite à la chapelle Saint Louis, le guide nous conduit au musée, en contrebas du château. Il est dédié à Auguste Jacquet (ancien président du Comité des Musées) et aménagé en 1982 sur 700 m2, près des jardins du château, au lieu-dit La Vignasse (La Grande Vigne). Ce musée renferme quelques petits trésors : tableaux, ouvrages, fonds iconographiques précieux, bibliothèque scientifique, mobilier provençal d’époque, coiffes des beaucairoises, costume d’Arles et les portraits des bienfaiteurs des hospices de Beaucaire. Une salle est entièrement consacrée à la célèbre foire de Beaucaire. Une réussite due à l’emplacement de cette cité historique sur la rive ouest du Rhône où trônait un port depuis l’antiquité. Une nouvelle foire (dite de La Madeleine) est créée en 1464. Elle devient régionale au XVIème siècle puis s’offre une envergure internationale deux siècles plus tard. Beaucaire, carrefour routier et fluvial, est alors un rendez-vous commercial des plus prisés avec 100000 visiteurs venus de toute l’Europe pour échanger, négocier, acheter … et trouver tout ce que l’on peut imaginer ! Le niveau inférieur du musée est réservé à l’archéologie avec différentes salles : de l’outillage du Paléolithique Supérieur (-40000 ans avant JC) jusqu’au Néolithique, du mobilier gallo-romain (lampes à huile, pendentifs phalliques … parmi la multitude d’objets de la vie quotidienne), sculptures, statues, sarcophages, nécropoles, autels funéraires … Une salle rend hommage au docteur Numa Julian, archéologue et géologue amateur qui créa le premier musée en 1927 résultant de ses recherches et de ses fouilles. Ses ouvrages et ses découvertes furent les premiers témoignages de la protohistoire jusqu’à l’époque gallo-romaine autour de Beaucaire.

Photo souvenir dans les jardins du château

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Albert Londres, conférence de Marc Suarez

A l’espace 233 du CEC, Marc Suarez a présenté jeudi 25 mars la première des 4 conférences 2016 des Amis du Vieil Istres : le journaliste Albert Londres. C’est au travers de ses reportages et ouvrages que Marc a su tirer la quintessence de ce grand reporter hors normes et qui ne voulait rien dire sans avoir vu. En effet, né le 1er novembre 1884 à Vichy, Albert Londres a parcouru les 4 coins du monde. Ses publications étaient attendues comme le Messie tant elles brillaient par leurs forces et leurs grandeurs. Il analysait, annonçait et dénonçait … Le public l’a immédiatement perçu lorsque Marc nous a fait le plaisir de lire quelques extraits de ses reportages : d’abord à l’aube de sa carrière avec les allemands lors de la Grande Guerre qui ont détruit la cathédrale de Reims, l’un des symboles de la France. Puis le conférencier a ensuite choisi d’autres sujets phares d’Albert Londres :

Dans la Russie des Soviets (1920) où, écœuré par le régime bolchevik, il décrit la souffrance du peuple et la dictature du prolétariat.

Au bagne (1923). Albert Londres s’affirme alors comme un reporter engagé. Il prend parti pour les bagnards de Cayenne qui purgeaient (par la loi de l’époque) une double peine et dénonce leurs conditions de détention. Des conditions qui, au lieu de réparer, ne les poussaient qu’à s’évader et … recommencer.

Les forçats de la route (1924) décrit la vie impitoyable du Tour de France où les coureurs cyclistes se dopaient pour compenser une exigence physique presque intolérable.

Chez les fous (1925) : Albert Londres dénonce les traitements inappropriés ainsi que les carences alimentaires et sanitaires des hôpitaux psychiatriques. Il rappelle une évidence criante de vérité : Notre devoir n’est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie

Marseille, porte du sud (1927) avec des réflexions bien de chez nous et toujours valables aujourd’hui.

Les thèmes se sont ainsi enchaînés avec des textes réalistes et dénonciateurs où l’humour noir de l’auteur venait appuyer son analyse … sur des sujets graves … tel l’esclavage (Terre d’ébène, 1929) et la vie des juifs (Le juif errant est arrivé, 1930). Albert Londres était un visionnaire. Ce journaliste avant-gardiste avait prévu le retour des juifs en terre promise, le conflit avec les palestiniens, la Shoah, la dérive de l’Union Soviétique … entre autres.

Albert Londres fit également office d’agent de renseignements durant ses périples à l’étranger. Sa disparition dans l’océan indien reste un mystère lors de l’incendie du paquebot Georges-Phillipar le 16 mai 1932. Je ramène de la dynamite avait-il dit … Aussi, son décès n’est peut-être pas le fruit du hasard tant ses dénonciations avaient engendré beaucoup d’ennemis. Mais les hommages furent unanimes et le Prix Albert Londres récompense depuis 1932 le meilleur journaliste francophone.

A la fin de sa conférence, Marc Suarez (à droite) a été remercié par Jacques Vanden Driessche, auditeur aux comptes des Amis du Vieil Istres

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Le Programme des Activités 2016

Le programme des activités pour l’année 2016 est finalisé … Le prix et l’heure de RDV des sorties vous sera communiqué ultérieurement. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter la rubrique Agenda (sorties, conférences, AG, Rencontres Historiques … Accès direct à chaque rubrique en fin d’article). Voici cependant un résumé des principaux rendez-vous :

Trois sorties sont prévues :
– Samedi 12 mars (après-midi) : Le château de Beaucaire (Gard).
– Samedi 30 avril (après-midi): Les grottes de Thouzon (près du Thor, Vaucluse).
– Samedi 21 mai (journée entière) : Tautavel avec le musée de l’abeille et du miel (le matin) puis (l’après-midi) le célèbre musée de la préhistoire (repas de midi pris sur place au restaurant El Silex de Tautavel).

L’assemblée générale :
Elle est fixée au samedi 2 avril 2016, à 10h00 au Pavillon de Grignan avec la remise du bulletin n° 38.

Cinq conférences sont prévues (Espace 233, CEC les Heures Claires):
– Jeudi 25 février, 18h00 : Albert Londres, humaniste, amoureux de Marseille, créateur du journalisme d’investigation par Marc Suarez, secrétaire des AVI.
– Jeudi 24 mars, 18h00 : De la Chapelle St Eloi au portail d’Arles par René Giroussens, président d’honneur des AVI.
– Jeudi 21 avril, 18h00 : Le monde fermé de la Franc-Maçonnerie ; essai de décryptage par Robert Strozzi, membre des AVI.
– Jeudi 19 mai, 18h00 : Les derniers Bourbons et l’entrée de Naples dans l’Italie unifiée par Jean Pane, historien.
– En novembre (date à définir), conférence supplémentaire d’Hubert Gay : Les unités du XVéme corps d’Armée en août 1914 d’après les Journaux des Marches et Opérations ( J.M.O.) des différentes unités.

Les Rencontres Historiques :
La date est fixée au samedi 1er octobre 9h00. 6 communications historiques sont prévues (3 le matin et 3 l’après-midi). Le repas sera pris sur place (et toujours sur réservation). Le programme détaillé des RH vous sera communiqué vers le début de l’été. Elles se dérouleront toujours au CEC, espace 233.

Pour plus de détails :

Accès direct aux conférences.

Accès direct aux sorties.

Accès direct aux Rencontres Historiques.

Accès direct à la page de l’Assemblée Générale.

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Joyeuses Fêtes

Une bonne nouvelle pour 2017 : la cotisation reste à 18 euros (!) et le programme de l’année à venir sera comme d’habitude des plus enrichissants … notamment pour le 70ème anniversaire des Amis du Vieil Istres.

Si vous êtes en panne d’idées, les AVI vous proposent un menu spécial fêtes :
– Le cocktail de l’Amitié … bien sûr.
– Le Suprême de Bonne Santé.
– La dinde accompagnée d’un gratin de Prospérité.
– Un plateau de fromages concocté par les Nouveaux Adhérents.
– Et parmi les 13 desserts : n’oubliez pas la bûche des Bonnes Nouvelles
– Le tout arrosé d’un Magnum cuvée Bonheur 2016 … Une Rencontre Historique dans votre verre !

Et quoi qu’il arrive … Vous resterez toujours nos … Amis !
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Les Rencontres Historiques 2015

Bien rodées depuis leur création en 1992, les 23èmes Rencontres Historiques des Amis du Vieil Istres se sont déroulées la journée du samedi 3 octobre 2015 de 9 heures à 18 heures à l’Espace 233 du CEC. Carole Koch a ouvert les débats dès 9h30 en nous présentant son association (ID Méditerrannnée) dont elle est la co-fondatrice. Elle rassemble des documents rares et précieux sur l’histoire du moulin de Grignan à Istres. Les recherches sont en cours. Aussi, l’urbaniste et chercheur en histoire des techniques nous a donné rendez-vous pour une prochaine conférence dans un an pour nous présenter son premier bilan. Robert Strozzi, qui avait remplacé au pied levé Jean-Marie Triat malade, a enchainé. Egal à lui même, Robert nous a offert 250 ans de franc-maçonnerie dans notre région. Puis le couple d’historiens Céline Regnard et Stéphane Mourlane ont retracé l’histoire de la migration italienne à Marseille de 1840 à 1940. Après la pause déjeuner, Claude Sintes a passionné l’assistance en relatant les fouilles du Rhône à Arles où les fonds nécessaires ont pu être débloqué grâce à Marseille Provence 2013. On retient évidemment l’épopée du bateau romain de 31 mètres depuis sa découverte dans le fleuve jusqu’à sa méticuleuse restauration et son exposition dans l’actuel Musée Arles Antique. Archéologue conservatrice du patrimoine, Hélène Barge nous a ensuite transporté dans les Hautes Alpes avec les mines de cuivre de Saint Véran. Au terme de cette conférence qui a usé d’un langage très technique et peut-être trop professionnel pour l’assistance, le pélissannais Jean Proust a clôturé la journée avec une conférence sur le passage des troupes royales en Provence du XVII au XIXème siècle.

Jean Proust (à gauche) a clôturé les 23èmes Rencontres Historiques avant le … vin d’honneur

A gauche, deux autres conférenciers : Robert Strozzi et Hélène Barge. A droite, l’accueil des Rencontres Historiques : Claude Teissier, Huguette Giroussens, Malou et Max Fabre ont gardé le sourire
malgré les pluies diluviennes qui ont probablement démotivé la venue de
certains spectateurs supplémentaires.



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Centenaire de la ligne du chemin de fer de la Côte Bleue

23 tunnels, 18 viaducs et 11 années de travaux ont été nécessaires pour créer la ligne ferroviaire reliant Marseille à Port de Bouc via la côte Bleue et prolonger la voie unique entre Port de Bouc et Miramas. Cette voie a permis de suppléer la ligne unique et déjà existante Marseille-Miramas via Rognac.

Cette ligne qui surplombe les calanques de la Côte Bleue a été ouverte en 1915. Cependant, la guerre de 1914-1918 a empêché son inauguration. Mieux vaut tard que jamais … Aussi, cet oubli va être réparé le dimanche 4 octobre 2015 lors de son centenaire.

Les Amis du Vieil Istres (co-organisateurs de la manifestation)
vous donnent 2 rendez-vous :

Mercredi 30 septembre 2015, 18h00, CEC Les Heures Claires (Espace 233) :
Conférence par le fils de Louis Roubaud, historien et auteur du livre : Le chemin de fer de la Côte Bleue. Entrée gratuite sans réservation.

Dimanche 4 octobre 2015 : Inauguration de la ligne de chemin de fer Miramas Marseille via la Côte Bleue (centenaire de cette ligne ouverte en 1915). Pour cet événement, une locomotive à vapeur, 4 voitures (wagons) de 80 places chacune et une autre de 30 places (wagon-bar) ont été spécialement commandés. Le train reliera Miramas (départ à 13h30) à Marseille avec quelques escales : une à Martigues (14h30) pour assister au discours de cérémonie du centenaire) et une autre à Marseille (d’une heure environ). Puis retour sur Miramas (prévu vers 20 heures).

Réservation des billets de train (obligatoire) :
Billets en vente (12 euros par personne) à l’Office du Tourisme d’Istres à partir du 1er septembre.

Un agréable circuit et de beaux panoramas vous attendent ce dimanche 4 octobre. Mais ce sera une locomotive à vapeur et des voitures d’époque qui formeront le Train Bleu.



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Les Rencontres Historiques 2015

Les conférences et les sorties sont terminées. Votre prochain grand rendez-vous sera celui des Rencontres Historiques, le samedi 3 octobre 2015.

Changement de dernière minute, le conférencier Jean-Marie Triat malade ne pourra se déplacer. Sa conférence est remplacée par celle d’un autre conférencier de talent :
Robert STROZZI : Des plaines de la Crau aux rives de l’Etang de Berre : 250 ans de présence maçonnique.

Cliquez sur le pavé ci-dessous pour connaitre les nouveaux horaires des conférenciers.

RAPPEL : Pour les personnes qui souhaitent venir au repas de midi (restaurant du CEC), inscriptions possibles jusqu’au 26 septembre. Voir le formulaire d’inscription rubrique Agenda / Rencontres Historiques.


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La sortie du 30 mai 2015

La sortie probablement la plus attendue de l’année s’est déroulée comme prévue le samedi 30 mai 2015. Un samedi ensoleillé. Aussi, les Amis du Vieil Istres se sont levés tôt pour se rendre en Ardèche et visiter un site classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité … Dès leur sortie du car, les 50 inscrits ont été plongés sans compromis dans les civilisations de l’aurignacien (de la grotte d’Aurignac en Haute Garonne, -38000 à -29000 ans avant JC) et du gravettien (du site de la Gravette à Bayac en Dordogne, -29000 à -22000 ans avant JC). En effet, les Amis du Vieil Istres ont pu découvrir une réplique de la célèbre grotte Chauvet (Ardèche), située à 2 kilomètres environ de l’originale découverte en 1994 par trois spéléologues : Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hilaire.

Une réplique grandeur nature, stupéfiante qui a occasionné des prouesses techniques d’une durée de 3 ans pour reconstituer à l’identique l’originale. La réplique porte désormais l’appellation Caverne du Pont d’Arc mais quatre salles intérieures ont été dénommées salle Brunel (nord et sud) et salle Hilaire (nord et sud). Jean-Marie Chauvet a conservé l’appellation de l’originale. Celle-ci, protégée par un éboulement, a permis la conservation des peintures rupestres et d’autre part la reconstitution de ces chefs-d’œuvre de l’art pariétal : des centaines d’animaux sont représentés (dont une panthère des neiges, unique au monde) ainsi que des mains négatives et positives témoignant de la présence de l’homme des cavernes. Certains sont dessinés au doigt à l’ocre, au charbon de bois d’autres gravés avec des outils.

Cependant, les artistes du paléolithique n’ont pas habité la grotte même si des empreintes de pieds d’enfants y ont été décelées. La grotte était un sanctuaire visité occasionnellement. Les ours étaient en fait les habitants principaux du site. Ils hivernaient et parfois mouraient puisque les fouilles ont livré 4000 ossements d’animaux (dont 2000 d’ours et 200 cranes d’ours) mais aucun d’humain. Les dessins répliqués sont l’œuvre de deux artistes plasticiens réputés : Gilles Tosello et Alain Dalis, des faussaires certes mais dans le meilleur sens du terme et dignes d’admiration.

Après le repas au gite du Domaine des Dames (Vallon Pont d’Arc), la sortie s’est poursuivie à la Bastide de Virac, village tout en pierres abritant un château du XVème siècle : C’est le Château des Roure, perché comme la plupart des forteresses médiévales sur un bel éperon rocheux. Historiquement, ce château fut une place forte sur l’ancienne route du Pont d’Arc et présidait le passage des gorges de l’Ardèche … Un haut lieu des guerres de religion entre catholiques et protestants. Le Comte du Roure, fervent huguenot, fut l’un des grands propriétaires nobles du site durant son histoire et demanda secours au Duc de Rohan en 1628 pour combattre les catholiques. Le duc fut hébergé dans ce château. En 1825, il est vendu à la famille Pradier dont l’un des descendants James Pradier sera un sculpteur renommé (la Fontaine Pradier de Nîmes en 1851, nombreuses statues aux Invalides …).

Lors de la visite commentée, les Amis du Vieil Istres ont pu découvrir les différentes pièces du château : la cour intérieure, la grande salle (ou salle d’armes) ornée d’une cheminée monumentale, les chambres de la comtesse et du Duc de Rohan, des plafonds à la française et des manuscrits anciens de grande valeur. Des escaliers à vis nous ont conduits sur la terrasse qui offre un superbe panorama à 360° sur le village et ses alentours ainsi que par bonne luminosité sur les Cévennes, le Mont Gerbier de Jonc et le Mont Lozère.

Le château des Roure a été classé Monument Historique le 20 mars 1978. Il abrite aujourd’hui une magnanerie et un musée du ver à soie. La magnanerie fut l’une des plus importantes de la région en son époque, représentant toute une économie familiale. Aujourd’hui, l’élevage du ver à soie est toujours actif au sein du domaine où tout a été reconstitué. Ainsi ont pu être observés : le cycle complet de la larve (vers de différents âges, cocons, Bombyx du Murier, muriers) alors que l’atelier de la soie nous a présenté l’industrie du fil et les anciennes machines à tisser, colorer, torsader … Des machines qui fonctionnaient avec la force motrice de l’eau de la rivière.


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Conférence de Jean Pane : Naples au siècle des Lumières

Professeur d’histoire, Jean Pane nous a offert ce mercredi 22 avril 2015, une conférence maitrisée sur la ville de Naples au siècle des Lumières. Une ville dont il est tombé amoureux en 1968 et qu’il revisite chaque année. Le siècle des Lumières (ou XVIIIème siècle) est le celui des arts et de la culture. Naples va alors rayonner dans toute l’Europe. D’abord avec un premier Roi : le bourbon Charles III d’Espagne qui va régner de 1734 à 1759 dans un royaume indépendant et qui s’apprête à surclasser Rome. Car Charles III (Carlo) transforme le Palais de Capodimonte (1734) puis construit le somptueux San Carlo (1738), un théâtre opéra dont sa forme en fer de cheval et ses loges multi-étagées en font la plus grande salle de spectacles d’Europe. Passionné de chasse, Carlo fait également construire des pavillons dont certains sont transformés en palais. Mais la soif du roi ne s’arrête pas là. Il lance la construction à Caserte (à 30 kms de Naples) d’un palais majestueux où les jardins, sculptures et fontaines s’apparent à Versailles ! Les parcs et le palais ne sont d’ailleurs pas achevés en 1769. La noblesse napolitaine n’est pas en reste avec en parallèle l’édification dans Naples des palais Trabucco, d’Espagne et San Felice. Le clergé assisté par les ordres des Carmes, des Franciscains, des Dominicains et autres Jésuites laissent également des traces de leur présence. La vie culturelle est intense. Outre les arts et la philosophie, Naples devient également la capitale européenne de la musique. Les opéras bouffes dominent et les femmes cantatrices étant mal considérées, on recherche alors des castra qui vont confirmer la supériorité napolitaine en matière de chant. Ce sont souvent des enfants que les parents pauvres sacrifient au supplice entre 7 et 12 ans avec le mince espoir qu’ils réussissent plus tard …

A gauche : l’opéra San Carlo de Naples. A droite : le palais royal de Caserte et ses jardins.

En 1759, Carlo est proclamé Roi d’Espagne et son troisième fils, Ferdinand IV de Naples, lui succède jusqu’en 1825. On le surnomme le Re-Nasone (le Roi au gros nez) mais il sera très populaire et hautement apprécié par son peuple puisqu’il n’hésitait pas à vendre lui-même sur les marchés les produits de sa pêche. En 1789, il ouvre une manufacture de soierie à Caserte avec des employés qui vont bénéficier d’un droit à la retraite ! Rare chez un Roi dont l’originalité va se poursuivre au sein de son mariage de raison. En 1768, il s’unit avec Marie Caroline, l’une des filles de l’Impératrice d’Autriche. Ils eurent 18 enfants … (dont Marie Thérèse, future mère de Marie Louise, la seconde épouse de Napoléon). Ferdinand poursuit l’œuvre artistique de son père, les universités se modernisent, la musique rayonne, Fragonard et le Marquis de Sade n’hésitent pas à se déplacer pour visiter la ville la plus réputée d’Europe.

La France révolutionnaire était devenue pour la Reine de Naples Marie Caroline un ennemi irréductible qui avait décapité sa sœur, Marie Antoinette. Aussi la proclamation de la République française est peu appréciée au pied du Vésuve. En 1798, la République de Rome ouvre les yeux et les troupes françaises mettent en fuite la famille royale napolitaine. Elle se réfugie en Sicile. Le général français Championnet proclame alors la République Parthénopéenne. Une République éphémère qui ne durera que quelques mois jusqu’au retrait (presque) complet de l’armée française. En juin 1799, Ferdinand peut alors rentrer chez lui. Un retour triomphal à Naples où il retrouve son Royaume et son peuple qui l’aime tant. Mais tous ceux qui ont pris parti pour la République vont cependant être traqués et exécutés sans pitié.

L’image de Naples est aujourd’hui faussée par la Camorra et le chômage. Mais comme le soulignait Jean Pane, l’ancienne capitale de l’Europe au siècle des Lumières a su recenser dans ses musées et ses palais la richesse incomparable de son patrimoine issu du siècle des Lumières.

De gauche à droite : Claude Herrera, Robert Strozzi qui vient de remettre un livre cadeau au
conférencier Jean Pane.


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Sortie au Musée Raimu à Marignane

J’aime bien jouer avec Fernandel parce que justement avec lui, je ne joue pas, je parleJe ne suis pas marseillais, je suis toulonnais, l’accent est plus distingué … Deux des nombreuses citations du célèbre acteur que 45 Amis du Vieil Istres ont pu découvrir samedi 11 avril sur les panneaux du Musée Raimu à Marignane.

Anciennement installé à Cogolin, ce musée a ouvert ses portes le 18 septembre 2014 dans l’ancienne villa bourgeoise de Marius Martin, cuisinier du Tsar Nicolas II. Un projet né d’une double volonté : celle d’Eric Le Dissès, conseiller général, maire de Marignane et d’Isabelle Nohain-Raimu, petite fille de l’acteur et de l’animateur Jean Nohain.

Isabelle Nohain-Raimu nous attendait pour nous présenter l’histoire du musée et de sa double ascendance aux noms célèbres. Puis place exclusive à son grand-père : Jules Muraire né le 18 décembre 1883 à Toulon, soit 131 ans avant l’ouverture du musée. A partir de 1910, il choisit d’inverser les deux premières syllabes de son nom et devient Raimu pour le grand public. La chanteuse française Esther Lekain lui avoue alors : Raimu, c’est un nom qui n’accroche pas, ça ne marchera jamais … Et pourtant, l’acteur qui galérait dans le music-hall amateur, est à l’aube d’une immense carrière qui va s’envoler avec la rencontre de son ami Marcel Pagnol. Les Amis du Vieil Istres ont pu ensuite visionner dans une salle de cinéma de 50 places, un film sur cet acteur hors normes, élaboré à l’aide de nombreux documents par des élèves de 14 à 16 ans.

De gauche à droite, 4 affiches parmi les 46 films de Raimu : La Fille du Puisatiers (1940), Ces Messieurs de la Santé (1934), Théodore et Cie (1933) et son dernier film : L’Homme au Chapeau Rond (1946).

Le musée s’étend sur deux niveaux. Il est composé de pièces et documents (tous originaux) retraçant sa vie au théâtre, au cinéma ainsi que dans son cadre familial et privé. Y figurent plus de 800 photos ainsi que des affiches, manuscrits, correspondances, contrats, vêtements, décorations, mobilier et autres objets personnels. Des anecdotes également. Citons en trois : Raimu refusa que sa charmante épouse, Honorine Metayer, au look de star, joue devant une caméra … Il n’y aura qu’un seul couillon à faire du cinéma dans la famille disait-il ! La Femme du Boulanger, l’un de ses films les plus célèbres, resta projeté en VO durant 7 années dans une salle de New-York. Une performance record qui lui vaudra en 1940, le prix américain de meilleur acteur de l’année. Un prix qu’il n’a jamais pu recevoir en mains propres à cause de ses phobies du bateau et de l’avion. Enfin, 3ème anecdote : Raimu refusa le rôle de Panisse dans la trilogie de Pagnol. Il imposa celui de César et demanda à l’écrivain aubagnais de l’étoffer. C’était d’ailleurs souvent Raimu qui mettait en scène certains passages, changeant le projet et les textes de Pagnol qui lui confia ensuite : Jules, tu es un génie !

A gauche, la statue de Raimu, promu Chevalier de la Légion d’Honneur le 4 février 1938 en tant qu’acteur dramatique. Le prodige a également reçu un César d’Honneur en 1983. A droite : la table originale de la célèbre partie de cartes jouée au théâtre.

Le 20 septembre 1946, Raimu entre à l’hôpital de Neuilly-sur-Seine pour une banale opération d’hémorroïdes. Allergique au chloroforme, il ne rouvrira plus les yeux après l’anesthésie. Un Monstre Sacré du cinéma français et sociétaire de la Comédie Française venait de disparaitre. Orson Welles le considérait comme le plus grand acteur ayant jamais vécu.

Samedi 11 avril 2015 : photo souvenir des 45 Amis du Vieil Istres devant l’entrée du Musée Raimu.


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