La sortie à Marseille

Malgré un fort Mistral ce samedi 4 février 2023, une cinquantaine d’Amis du Vieil Istres s’étaient rassemblés à 08h30 au bas de l’esplanade Bernardin Laugier. Le car les a emmenés à Marseille pour visiter la réplique de la grotte Cosquer et le MUCEUM, musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée.

La journée a débuté par la visite de la réplique de la grotte Cosquer ouverte au public depuis le 4 juin 2022. Elle permet aujourd’hui aux visiteurs de connaitre un lieu inaccessible dont l’original vit ses derniers jours. Elle a été réalisée à l’échelle de l’originale et au plus près de la vérité, aussi bien pour reconstituer les parois de la grotte et de ses spéléothèmes que pour ses 480 peintures reproduites. Un art pariétal pour lequel les spécialistes ont employé les mêmes matériaux utilisés autrefois par les occupants.

Un ascenseur scaphandrier (avec des hublots simulant l’immersion) descend le visiteur au niveau -2. La visite s’effectue alors à bord d’un module automatisé de six places se déplaçant à la vitesse de 400 mètres par heure sur un parcours de 220 mètres. Soit une visite de 35 minutes assistée par un audio guide synchronisé où le comédien marseillais Philippe Caubère relate avec précision des textes du préhistorien Thierry Félix.

La visite s’est poursuivie avec des vidéos, l’une relatant l’histoire de la réplique (Salle des Pas perdus) et l’autre celle de la découverte de la grotte originale dans l’amphithéâtre Jean Courtin. Puis ce fut l’accès au niveau 3 de la villa Méditerranée. Un espace est alors consacré aux rapports entre les animaux et les hommes préhistoriques qui vivaient jadis dans ce lieu insoupçonné ainsi qu’aux raisons qui ont amené l’ennoiement de la grotte.

Cette visite nous a immergé dans un extraordinaire retour au passé et dans une grotte habitée et décorée par nos ancêtres. D’ailleurs Cosquer est un terme de toponymie bretonne se traduisant par vieux village, lieu ancien, petite habitation … Une appellation prédestinée …

Les Amis du Vieil Istres devant l’entrée de la Villa Méditerranée
qui abrite la réplique de la grotte Cosquer.

 

Après le repas de midi où chacun a pu choisir son restaurant, la journée s’est poursuivie avec la visite du Muceum qui prend place sur le J4 (bâtiment construit sur l’ancienne jetée n°4 du port).

Le J4 ou Muceum est un cube parfait de 72 mètres de côté, conçu par l’architecte français Rudy Ricciotti. Inauguré le 7 juin 2013 (pendant l’année où Marseille a été élue capitale de la culture), ce J4 s’étend sur différents niveaux :

Niveau -1 : auditorium, accueil de groupe.
Niveau 0 : expositions permanentes (anthropologie, archéologie, histoire, art).
Niveau 1 : médiathèque.
Niveau 2 : expositions temporaires.
Niveau 3 : terrasse et accès au fort Saint-Jean.

Depuis la terrasse du Muceum, on peut donc accéder librement, via une passerelle de 130 mètres, au fort Saint-Jean où des expositions temporaires sont présentées dans certains bâtiments. Ce fort offre des panoramas imprenables sur le Vieux-Port, Notre-Dame de la Garde, le palais du Pharo, le Muceum et la villa Méditerranée. Il a été construit sous Louis XIV d’abord sur des plans de l’ingénieur Louis Nicolas de Clerville jusqu’à son décès en 1678, année où Vauban a pris la suite.

Pour voir la journée en images, cliquez sur les pavé ci-dessous :

Prochaine sortie : le samedi 11 mars 2023 à Arles avec les visites du Muséon Arlaten suivie l’après-midi du musée Arles Antique.

Réservation des sorties : chèque à l’ordre des Amis du Vieil Istres et à envoyer à :
Les Amis du Vieil Istres, boulevard de la République (ancienne mairie), 13800 Istres.
ou à : Michel Issert, Terrasse des Oliviers, 30, rue du roi René. 13800 Istres.

Prix des sorties et heure de départ : à voir sur la page d’accueil (cliquez sur Voir le programme des activités 2023).

Pour tout autre renseignement, tel : 06 23 98 17 85 ou 04 42 55 67 13.

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La conférence de Jo Ros

Jeudi 26 janvier 2023, à l’auditorium Charles Aznavour, Jo Ros, peintre, écrivain et poète, nous a offert la première conférence de l’année organisée par les Amis du Vieil Istres. Le thème portait sur un sujet proche d’Istres : Histoire de la prud’homie de pêche de Martigues.

Tout avait commencé au IXe siècle avec la création des bourdigues, un système d’agencement de roseaux servant par barrage à piéger les poissons dans le canal de Martigues. Ce qui créa des conflits entre les pêcheurs bourdigaliers et les embarcations se rendant en mer. D’autres conflits sont nés également entre les pêcheurs martégaux et les autorités friandes de poissons tels les comtes de Provence, le vicomte de Marseille, les seigneurs de la région, l’archevêché d’Arles, les Papes … Des pêcheurs professionnels sont alors devenus des médiateurs pour apporter une expertise dans les décisions de justice liées à ces rivalités, toujours oralement, sans écrit et sans frais.

Jo Ros lors de sa conférence à l’auditorium Charles Aznavour.

Il en a été ainsi jusqu’à la Révolution. En effet, la prud’homie de Martigues est devenue une institution officielle le 1er janvier 1791. Les prud’hommes siégeaient alors au Plan de Meyran (îlot disparu entre Jonquières et l’Île) et dans l’ancienne chapelle des Pénitents noirs désaffectée depuis 1758. Puis en 1859 dans une nouvelle bâtisse proche de la précédente.

Mais au début du XXe siècle, le Plan de Meyran est détruit afin d’élargir et approfondir le canal Gallifet (entre Jonquières et l’Île) et permettre le passage de navires plus importants vers l’étang de Berre. La prud’homie est expropriée. Elle déménage alors en 1920 dans ses locaux actuels, situés au 12, quai Lucien Toulmond (quartier de l’Île).

L’actuelle prudhommie martégale (ou tribunal de pêche) est depuis le siège de la juridiction des prud’hommes du quartier maritime de Martigues. Onze prud’hommes y siègent. Sa juridiction s’étend de la Camargue (embouchure du Rhône) jusqu’à l’anse de Boumandariel (entre Carro et Sausset-les-Pins), étang de Berre (et donc Istres) inclus. Elle gère toujours les conflits liés à la règlementation de la pêche décidée par le ministère de la Mer (outils employés, périodes de récoltes etc …). Notons que 33 prud’homies sont recensées de Vintimille à Port-Vendres

Jo Ros répondant aux nombreuses questions du public en fin de conférence.

Prochaine conférence : jeudi 9 février 2023 à 18h00 à l’auditorium Charles Aznavour. Thème : D’Arles la romaine à la Cité médiévale par Robert Strozzi, membre du bureau des AVI.

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Les activités 2023

Le programme des activités pour l’année 2023 est en partie finalisé … Pour les sorties, le prix et l’heure de RDV vous seront communiqués ultérieurement sur cette même page. Voici cependant un résumé des principaux rendez-vous :

1. Trois sorties sont prévues :

Samedi 4 février 2023, journée complète, Marseille : visites de la réplique de la grotte Cosquer et du MUCEUM (accès libre au fort Saint-Jean inclus).
Prix : en attente.
Départ du car : heure en attente, esplanade Bernardin Laugier.
Réservation avant le 29 janvier.

Samedi 11 mars 2023, journée complète, Arles : visites du Muséon Arlaten et du musée Arles Antique.
Prix : en attente.
Départ du car : heure en attente, esplanade Bernardin Laugier.
Réservation avant le 4 mars.

Samedi 1er avril 2023, journée complète, Marseille : visites du stade vélodrome et de la Cité radieuse (Le Corbusier).
Prix : en attente.
Départ du car : heure en attente, esplanade Bernardin Laugier.
Réservation avant le 25 mars.

Réservation des sorties :
Chèque à l’ordre des Amis du Vieil Istres et à envoyer à :
Les Amis du Vieil Istres, boulevard de la République (ancienne mairie), 13800 Istres.
ou à :
Michel Issert, Terrasse des Oliviers, 30, rue du roi René. 13800 Istres.
Pour tout autre renseignement, tel : 06 23 98 17 85 ou 04 42 55 67 13.

2. L’assemblée générale :
Elle est fixée au samedi 25 mars 2023, à 10h00 au Pavillon de Grignan avec la remise du bulletin n° 45.

3. Cinq conférences sont prévues, toutes à l’auditorium Charles Aznavour (derrière le gymnase Le Podium, quartier de Trigance) et à 18h00 :

Jeudi 26 janvier 2023 : Histoire de la prud’homie de pêche de Martigues, par Jo Ros, écrivain.

Jeudi 9 février 2023 : D’Arles la romaine à la Cité médiévale par Robert Strozzi, membre du bureau des AVI.

Jeudi 2 mars 2023 : Le droit des femmes dans l’entre deux guerres par Jeanne Marie Sauvage-Avit, historienne.

Jeudi 6 avril 2023 : Florence, de la Cité à l’État par Jean Pane, historien.

Jeudi 27 avril 2023 : Les habitations troglodytiques de Saint-Chamas par Jacques Lemaire, ancien président des Amis du Vieux Saint-Chamas.

4. Les Rencontres Historiques , CEC (Espace 233) :
La date est fixée au samedi 7 octobre 2023 à 9h00.
4 communications historiques sont prévues (2 le matin et 2 l’après-midi).
Le repas sera pris sur place (et toujours sur réservation).
Le programme vous sera dévoilé au cours de l’été.

Pour plus de détails :

Accès direct à la page des conférences.

Accès direct à la page des sorties.

Accès direct à la page des Rencontres Historiques.

Accès direct à la page de l’Assemblée Générale.

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Sortie au Camp des Milles

Samedi 19 novembre 2022, les Amis du Vieil Istres s’étaient rassemblés à 13h00 au bas de l’esplanade Bernardin Laugier. Le car les a emmenés dans la banlieue d’Aix-en-Provence pour visiter le Site-mémorial du Camp des Milles.

Inauguré le 10 septembre 2012 en présence de 2 000 personnalités nationales et internationales, puis ouvert au public le 14 septembre suivant, le site-mémorial du camp des Milles allie histoire et mémoire pour ne pas oublier la tragique période de la Shoah (catastrophe en hébreu). Il a, de plus, la vocation d’alerter les générations actuelles et futures pour les prévenir des menaces permanentes du racisme, de la xénophobie, de l’antisémitisme, de l’intolérance et du fanatisme.

Les Amis du Vieil Istres devant l’entrée du site mémorial du Camp des Milles.

 

Pour leurs sorties, les Amis du Vieil Istres recherchent l’histoire et la culture. Mais cette fois-ci, ils ont subi un pénible retour au passé après s’être confrontés de plein fouet au génocide de la Seconde Guerre mondiale, qui a vu l’extermination de 6 millions de Juifs (sur les 10 millions vivant en Europe). Le camp des Milles y a tristement participé. Choisi pour sa position éloignée (en pleine campagne à cette époque) mais proche d’une voie ferrée, ce camp avait ouvert ses portes en 1939 dans une tuilerie-briquèterie désaffectée pour connaitre ensuite trois phases différentes :

Première phase, de septembre 1939 à juin 1940 : la Seconde Guerre mondiale est déclarée. C’est le camp dit des sujets ennemis, placé sous commandement militaire français. Des Allemands et des Autrichiens sont alors détenus par sécurité (risques d’attentats, d’espionnage …), y compris ceux ayant fui (par émigration) le régime nazi.

Seconde phase, de juillet 1940 à juillet 1942 : le camp des Milles devient celui des indésirables. Y sont transférés les étrangers des camps du Sud-Ouest, des Brigades internationales d’Espagne ainsi que des Juifs expulsés du Palatinat, du Wurtemberg et du pays de Bade. En novembre 1940, le camp, passé sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, devient le seul camp de transit en France pour une émigration Outre-Mer, transit régulier ou illégal avec l’aide de particuliers, d’organisations ou de filières locales et internationales.

Troisième phase, août et septembre 1942 : le site des Milles devient un camp de déportation. Après leurs détentions, plus de 2 000 Juifs ont été embarqués de force dans des trains (via 5 convois échelonnés entre le 11 août et le 13 septembre 1942) pour rejoindre Auschwitz en Pologne : un camp de concentration et d’extermination devant répondre à La Solution Finale imposée par Hitler en 1942.

Pendant la visite avec un guide passionné qui a passé son enfance à Istres.

 

Le gouvernement de Vichy a tristement collaboré pour déporter, sans retour, ces milliers de Juifs détenus au camp des Milles … alors que la zone sud de la France (dite libre) n’était pas encore occupée par l’Allemagne. Parmi ces passagers de l’horreur : des hommes, des femmes et plus d’une centaine d’enfants (le plus jeune n’était âgé que d’un an). Ils entraient dans l’accord des 10 000 Juifs promis par Pétain et Laval à … Hitler.

Dans notre région, les rafles de Juifs ont continué en 1942 et 1943 et le camp des Milles a ensuite servi de détention provisoire avant de transférer les détenus dans d’autres camps. Durant ces trois périodes, il a vu passer 10 000 internés de 38 nationalités dont de nombreux artistes et intellectuels comme les peintres-sculpteurs allemands Max Ernst et Hans Bellmer.

Reconnu par l’Etat comme Monument historique, le site mémorial du camp des Milles est le seul grand camp français d’internement et de déportation resté intact. Il fait désormais partie des neuf hauts-lieux de mémoire en France.

Pour en savoir plus sur la visite du Camp des Milles, cliquez sur le pavé ci-dessous :

Prochain RDV : Jeudi 24 novembre à 18h00 à l’auditorium Charles Aznavour pour une conférence sur les maisons troglodytiques de Saint-Chamas par Jacques Lemaire, ancien président des Amis du Vieux Saint-Chamas.

Rendez-vous ensuite l’année prochaine, le programme des activités 2023 vous sera bientôt dévoilé.

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Les Rencontres Historiques 2022

Samedi 1er octobre 2022, à l’espace 233 (CEC), se sont déroulées les 30e Rencontres Historiques de la ville d’Istres, organisées par les Amis du Vieil Istres.

Après l’accueil du public et le discours d’inauguration de Nicole Joulia, première adjointe, Michel METENIER, historien et président de l’association Mémoires de Gignac, a ouvert les débats sur le thème : Marseille sous le Premier Empire : à la recherche de Napoléon . En 1793, les Bonaparte de Corse s’enfuient de l’île de Beauté et passent par Marseille : Letizia (mère du futur Napoléon Ier) et une partie de sa progéniture y restent quatre ans. La réussite militaire du jeune Napoléon sortira le clan de la misère et de l’anonymat. Après le coup d’Etat (brumaire an VIII), Marseille, à l’image du pays, est aux ordres du Premier Consul : l’ordre est rétabli, les masses de granit s’imposent (préfet, lycée, concordat…). Les Marseillais n’ont pas la parole car la vie politique est muselée. La bourgeoisie est elle aussi mécontente, la guerre n’étant jamais favorable au commerce. Le blocus continental a engendré une catastrophe pour le port. Après 1810, on voit même des distributions de pain, de viande et de soupe populaire. La chute de l’Empire est ensuite accueillie dans une joie véritable. Marseille va alors connaître une première transformation urbaine, des bâtiments sont bâtis et des espaces sont aménagés … Michel Metenier nous a alors fait visiter le centre-ville de cette époque.

Les quatre conférenciers sont fins prêts. De gauche à droite :
Caroline Pane, Christian Giroussens, Michel Metenier et Nicole Bonsignori.

 

Docteur en Histoire des Universités Aix-Marseille et Bologne, Caroline PANE a enchainé sur le thème : La Casa d’Italia : les Italiens et le fascisme italien à Marseille. La cité phocéenne est historiquement marquée par la Grande émigration italienne de la fin du XIXe siècle. Une période assez connue sauf celle qui concerne les années sombres du fascisme, de l’entre-deux-guerres et de la Seconde Guerre mondiale. Le régime de Mussolini a pourtant porté une attention toute particulière aux Italiens à l’étranger ( gli italiani all’estero ) selon la terminologie fasciste. Plus de 100 000 Italiens résidant à Marseille constituaient alors un levier stratégique pour l’exportation de l’idéologie fasciste et les ambitions impériales de Mussolini.

En 1936, le régime entreprend l’édification d’un vaste complexe architectural : la Casa d’Italia. Cette Maison d’Italie va devenir jusqu’à la fin de la guerre le théâtre du Culte du littorio, la religion civique du fascisme, dont elle va afficher les emblèmes. Tous les Italiens émigrés à Marseille ne fréquentaient pas la Casa certes mais sa dimension physique et symbolique n’était pas négligeable, d’autant plus qu’elle accueillait également le siège du Consulat et les écoles italiennes. Aujourd’hui, les fresques et les motifs fascistes ont été effacés mais les murs de la Casa sont toujours debout. Le Consulat a conservé ses bureaux et le siège du parti fasciste a laissé la place, dans l’après-guerre, au nouvel Institut culturel italien. C’est lui qui fait aujourd’hui vivre et résonner cet espace aux sons et couleurs de l’Italie.

 

Repas de midi au restaurant La Terrasse du CEC.

 

Après le repas, Christian GIROUSSENS , ingénieur et membre des AVI, a inauguré l’après-midi avec une conférence titrée : Les records aéronautiques de vitesse de Sadi-Lecointe et Bonnet, les hommes les plus rapides du monde (Istres, 1923-1925)..

Entre le premier vol contrôlé des frères Wright en 1903 aux Etats-Unis et la Première Guerre mondiale, l’aviation a connu de longs balbutiements. La France s’est très vite hissée à la pointe du progrès. Alors qu’en 1907 Farman réalise le premier vol de plus d’une minute sur le continent sur 1 km de distance, un an plus tard, les records de durée et de distance sont portés à 29 minutes sur 24 km. L’émulation sportive accélère les innovations techniques. En 1913 le record de vitesse est détenu par Jules Védrines, à 200 km/h. La Guerre de 1914-1918 a freiné la course aux records et laissé sa place à l’aviation militaire. Une école de pilotage d’Istres est alors créée en 1917 dans la plaine de la Crau pour fournir les équipages à la nouvelle arme.

La paix revenue, la course aux records a aussitôt repris. Les nations rivalisent en permanence pour améliorer les performances de leurs avions. Au début des années 20, pilotes et constructeurs français tiennent encore le haut du pavé. Entre 1919 et 1922, pas moins de 7 records du monde de vitesse sont successivement établis par Joseph Sadi-Lecointe sur avion Nieuport, jusqu’à atteindre 342 km/h en septembre 1922. Mais dès le mois suivant, le record est pris par un pilote américain. Sadi-Lecointe décide alors d’aller à Istres, seul endroit en France où l’on dispose d’assez de place au sol en bon état pour prendre l’envol et pour l’atterrissage. Un choix heureux, car en février 1923, il porte le record de vitesse à 375 km/h. La même année, les Etats-Unis reprennent le record, jusqu’en décembre 1924 où, à Istres toujours, Florentin Bonnet le pousse à 448 km/h. Dans ce contexte, c’est tout naturellement la base d’Istres qui est retenue pour une course aéronautique internationale de vitesse financée par un mécène américain, soit la course Beaumont, disputée en 1924 et 1925. Celle-ci n’aura cependant guère de rayonnement, et se réduira à l’affrontement entre pilotes français, dont Sadi-Lecointe et Bonnet. C’est ainsi qu’il y a un siècle déjà, Istres fut le lieu incontournable des exploits des meilleurs pilotes et avions français de l’époque.

 

Membre des AVI, Robert Strozzi remet un cadeau à Christian Giroussens
à la fin de sa conférence.

 

Nicole BONSIGNORI, pharmacienne de profession, historienne par goût, nous a ensuite présenté la dernière conférence des Rencontres Historiques 2022 : Sébastien le Prestre dit Vauban. Derrière les forteresses : l’homme .

Trois siècles ont passé depuis la mort de Vauban mais son souvenir est toujours présent dans de nombreuses villes de France. Un guerrier avant tout qui a mené 50 sièges victorieux, un bâtisseur qui a construit plus de 30 places neuves et en a fait restaurer plus d’une centaine. Nicole Bonsignori nous a fait découvrir la face cachée du célèbre architecte. Car, derrière la légende se cachait une personnalité fascinante, un homme aux multiples facettes et un immense humaniste, en avance sur son siècle. Et cela 50 ans avant les lumières et les grands philosophes. Vauban fut le défenseur des petites gens. Il connaissait leurs misères mais aussi la dignité de l’homme et la liberté d’opinion.

Les 30e Rencontres Historiques se sont d’abord poursuivies par une remise de médaille : René Giroussens, président d’honneur des Amis du Vieil Istres, a remis la médaille d’or de la jeunesse et des sports et de l’engagement associatif à Michel Yssert pour son activité dans diverses associations istréennes et notamment pour avoir organiser en 2015 l’inauguration de la voie ferrée de la Côte Bleue lors de son centenaire. Un vin d’honneur a ensuite clôturé les Rencontres Historiques 2022.

René Giroussens décore Michel Yssert, en présence de Yolande, son épouse.

 

Deux prochains rendez-vous sont prévus en novembre :
suivre l’annonce sur la page d’accueil du site.

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La sortie à Montélimar

Samedi 21 mai 2022, 27 Amis du Vieil se sont levés à l’aube pour prendre le car à 07h00, devant l’esplanade Bernardin Laugier. Le car les a emmenés à Montélimar où plusieurs rendez-vous les attendaient.

La matinée était consacrée à la visite du musée européen de l’aviation de chasse, mitoyen à l’aérodrome de Montélimar. 66 avions de chasse et civils se sont laisser admirer sur un espace de 25 000 m2 (dont 5 000 couverts). Parmi eux, des marques légendaires telles Breguet, Douglas, Mig, De Havilland et bien sûr Dassault avec divers Mirage, Falcon, Alphajet, Mystère … A cela se sont ajoutés des réacteurs, un cockpit de DC7, une Caravelle ouverte au public et bien d’autres surprises. Notons que ce musée constitue le site de sauvegarde le plus important du sud de la France. Ouvert au public en décembre 1995, il est géré par des bénévoles passionnés au sein d’une association créée le 24 juin 1987.

Les AVI devant le Jaguar. En arrière-plan, l’avant d’une Caravelle.

 

Après le repas au restaurant Le Saint Mart, les Amis du Vieil Istres ont pris le petit train touristique qui les a emmenés visiter le quartier Saint-Martin, le Jardin Public, les gares routière et SNCF, les Allées Provençales (ex RN7) et le centre historique de Montélimar : un centre piétonnier et commerçant hébergeant des demeures anciennes où vécurent des personnalités tels Diane de Poitiers et Emile Loubet.

Montélimar est indissociable du nougat depuis le XVIIe siècle. La journée s’est inévitablement terminée par la visite d’une fabrique artisanale de nougat : L’Artisan Nougatier. < p>

En voiture !

 

Dernière photo souvenir devant l’entrée de la boutique de L’Artisan Nougatier. .

 

Pour en savoir plus sur la journée à Montélimar, cliquez sur les pavés ci-dessous :

Prochaine sortie : rendez-vous cet automne pour la visite du Camp des Milles, près d’Aix-en-Provence. La date vous sera communiquée ultérieurement.

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La conférence de Christian Bruschi

Jeudi 7 avril 2022, à l’auditorium Charles Aznavour, Christian Bruschi, professeur émérite d’histoire du droit et des institutions à l’Université Aix-Marseille, nous a offert la quatrième conférence de l’année organisée par les Amis du Vieil Istres : Le Parlement de Provence au XVIIIe siècle face au roi absolu et aux Lumières.

En 1487, le comté de Provence rejoint le royaume de France. Mais ce n’est qu’en 1501 que Louis XII établit à Aix un Parlement (l’endroit où l’on parle), soit une Cour de justice qui statuait le plus souvent en dernière instance. Dans ces Parlements (Provinces et Paris), les membres n’étaient pas élus mais nommés par le roi. Ils étaient chargés d’appliquer les ordonnances royales après un enregistrement officiel. Mais, parfois, lors de désaccords, ces enregistrements tardaient. Ils étaient alors soumis à des critiques qui repoussaient l’application de ces lois royales de plusieurs années. Le monarque avait dans tous les cas le dernier mot.

On connait l’adage, un peu caricatural : le Mistral, le Parlement et la Durance sont les trois fléaux de la Provence … Mais Christian Bruschi nous a cependant présenté un Parlement de Provence plutôt prudent et réservé, préférant la conciliation à l’opposition. Au XVIIIe siècle, les divers arrêts du Parlement démontrent qu’il ne s’est pas vraiment ouvert aux Lumières et aux idées nouvelles à l’exception du domaine économique où il a plutôt favorisé le libéralisme naissant.

Un Parlement modéré certes mais qui a su parfois prendre parti, notamment avec une majorité de Gallicans dans ses membres qui ne reconnaissaient pas la pleine autorité du Pape sur l’Eglise. Le Parlement d’Aix a par exemple prôné la sécularisation de l’enseignement et interdit la Compagnie des Jésuites en Provence. Côté pénal, dans ses jugements et instructions, le Parlement de Provence était réticent à l’idée de l’intime conviction. Il ne connaissait que la théorie des preuves légales pour annoncer un verdict. Pour cela, il avait recours à la torture pour faire avouer les suspects, un supplice pourtant aboli par Louis XVI.

Les Parlements de Paris et de Province ont été affaiblis et certains dissous sous Louis XV. Mais dans un but de réconciliation, Louis XVI les a rétablis. Eclaboussé par divers scandales, celui de Provence a vécu pitoyablement ses dernières années avant d’être définitivement, supprimé lors de la Révolution.

Christian Bruschi remercié en fin de conférence par Chantal Husson.

Prochaine conférence : jeudi 28 avril 2022, 18h00 à l’auditorium André Noël : Machiavel par Bernard Mille, vice-président de l’Académie d’Aix-en-Provence.

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L’assemblée générale 2022

A la suite des nouvelles règles dues à la crise sanitaire, les Amis du Vieil Istres ont pu tenir leur assemblée générale le samedi 26 mars 2022 à 10h00, au pavillon de Grignan.

Les présents (environ 65) et les bons pour pouvoir (32) ont permis d’atteindre le quorum nécessaire pour débuter la séance. René Giroussens, président honoraire, a d’abord présenté les adhérents disparus en 2021 :

– Fanny Arbousset, 105 ans (1915-2021), doyenne des Istréens et des AVI, adhérente à notre association depuis sa fondation en 1947.

– Rémi Balzano, 92 ans (1929-2021), auteur d’ouvrages sur l’histoire d’Istres.

– Paulette Bonnet, 79 ans (1942-2021), longtemps membre du CA des AVI et veuve de Jean-Pierre Bonnet, président des AVI de 2006 à 2014.

L’assemblée générale s’est ensuite déroulée sans accroc. D’abord avec un discours du président Claude Herrera qui a rappelé, avec sa philosophie personnelle, les devoirs d’une association d’histoire telle que la nôtre. Michel Yssert, secrétaire des AVI a enchainé par la lecture du PV de l’assemblée générale du 30 juin 2021 puis par la présentation des sorties culturelles 2022.

 

Claude Herrera a repris le micro pour présenter le reste des activités 2022 ainsi que le bilan du site internet. Claude Teissier, trésorière, a ensuite présenté le bilan comptable 2021, approuvé par les auditeurs aux comptes.

Place ensuite à la liste des membres se présentant au conseil d’administration (qui seront élus mardi prochain) et à la présentation du sommaire de l’incontournable bulletin n°44 avec entre autres trois articles sur la ligne de chemin de fer Miramas-L’Estaque et la gare d’Istres. Une nouveauté cette année : la couverture est en couleurs !

L’assemblée générale s’est poursuivie par deux discours. D’abord celui de Pierre Dharreville, député de la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône, relayé ensuite par celui de François Bernardini, maire d’Istres et président du Conseil de territoire Istres Ouest Provence. Mais après deux ans d’absence (pandémie), elle a pu se clôturer par un vin d’honneur.

 

Présentation du bulletin n°44 et vin d’honneur clôturant l’assemblée générale du 26 mars 2022.

 

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Le musée de la Légion étrangère à Aubagne

Tiens, voilà du boudin … Samedi 12 mars 2022, cet hymne célèbre a retenti aux oreilles des 30 Amis du Vieil présents à 13h00 au bas de l’esplanade Bernardin Laugier. Le car les a emmenés à Aubagne visiter le musée de la Légion étrangère.

Le 9 mars 1831, le roi Louis-Philippe signe la loi créant la Légion étrangère. Cette loi reprend la tradition ancestrale des étrangers ayant servi la France depuis l’époque de la Guerre de 100 ans. Sept bataillons sont alors formés de militaires suisses, allemands, italiens, espagnols, belges et hollandais. Dès l’été 1831, ils embarquent à Toulon pour l’Algérie dont la conquête avait débuté l’année précédente. La Légion étrangère combattra ensuite pour la France en Espagne (guerre carliste, 1835-1838), en Crimée (1854-1856), en Italie (1859), au Mexique (1863-1867), et lors de la guerre franco-prussienne (1870-1871). Elle atteint alors sa maturité sous la IIIème République.

 

Les Amis du Vieil Istres devant l’entrée du musée.

 

La Légion étrangère a subi de nombreux remaniements et autres organisations de ses régiments. Elle sera envoyée combattre pour la France aux quatre coins du monde : Sud-Oranais (1882-1907), Tonkin (1883-1910 puis 1914-1940), Formose (1885), Dahomey (Bénin, 1892-1894), Soudan (1893-1894), Madagascar (1895-1901 puis 1947-1950), Maroc (1907-1918 puis 1920-1935 et 1953-1956), Orient (1914-1918), Syrie (1925-1927), Indochine (1939-1954), Tunisie (1952-1954), Algérie (1954-1962), Mauritanie (1956-1957), Tchad (1962-1970 puis 1978-1979 puis 1988 et 1992-2009), Zaïre (1978), Liban (1983-1984), Irak-Koweit (1991), République Centre Africaine (1991-1996), Cambodge (1992-1993), Ex-Yougoslavie (1993-2001), Congo (1997), Afghanistan (2001-2012) et le Mali (depuis 2013), sans oublier la France (Première et Seconde Guerre mondiale) ainsi que d’autres pays (depuis 1969) tels que les Comores, la Cote d’Ivoire, le Gabon, le Rwanda, l’Irak, Djibouti, la Somalie, l’Indonésie, Haïti …

Depuis sa création en 1831, ces interventions militaires ont causé la mort de 31 504 légionnaires auxquels il faut ajouter 969 officiers et 3 390 sous-officiers. La guerre d’Indochine a été la plus meurtrière (12 000 légionnaires tués).

Les valeurs légionnaires reposent sur quatre piliers : le caractère sacré de la mission, la rigueur dans l’exécution, la solidarité et le culte du souvenir. Les drapeaux de la Légion portent depuis 1921 la mention Honneur et Fidélité en remplacement de l’ancienne devise Honneur et Patrie.

La Légion étrangère doit être à la page. Cette modernisation a commencé sous l’égide du général Paul Frédéric Rollet (1875-1941, dit le Père de la Légion) qui fut le premier inspecteur de ce corps. Il a su adapter les inévitables évolutions militaires tout en codifiant les traditions légionnaires. Une œuvre gigantesque qui sert d’exemple aujourd’hui à ses successeurs.

 

Pendant la visite du musée et sous les commentaires du guide.

 

La légion étrangère s’est installée à Aubagne en 1962 (à la fin de la guerre d’Algérie) dans un ancien camp militaire et sous les ordres du colonel (et futur général) Albéric Vaillant, décédé à 96 ans en 2011. L’état-major et l’administration de la Légion étrangère sont depuis basés dans le centre d’Aubagne où le musée retrace avec précision l’histoire de ce corps d’élite. Un Corps composé aujourd’hui d’environ 10 000 légionnaires sélectionnés-recrutés à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) puis formés à Castelnaudary (Aude). Sous commandement français, les interventions de la Légion étrangère sont souvent placées sous l’égide des Nations Unies, de l’OTAN ou de l’Union Européenne.

Pour en savoir plus sur la visite de ce musée, cliquez sur le pavé ci-dessous :

Prochaine sortie : Samedi 2 avril 2022, journée complète dans le Gard. Le matin : visite du musée du Désert à Mialet (histoire des Huguenots et des Camisards) et l’après-midi : visite du musée du Scribe à Saint-Christol-lez-Alès (histoire de l’écriture depuis 2000 ans avant JC).

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La conférence de Clément Moynault

Jeudi 24 février 2022, à l’auditorium André Noël, Clément Moynault, président d’Histoire et traditions gransoises, nous a offert la seconde conférence de l’année organisée par les Amis du Vieil Istres. Un conférencier bien connu des habitués de la médiathèque et une conférence intitulée : César de Nostredame, historien de Provence.

Fils du célèbre Michel de Nostradamus, César de Nostredame (1553-1631) a porté diverses casquettes : écrivain, poète, peintre, musicien, premier consul de Salon en mai 1598 … Cependant, la conférence était principalement axée sur : Histoires et Chroniques en Provence, un ouvrage que l’auteur a réalisé durant une dizaine d’années.

Cet ouvrage de César de Nostredame recense l’histoire de la Provence de ses débuts jusqu’à son décès avec (entre autres) la reine Jeanne, le bon roi René, Adam de Craponne, les guerres de religion, le massacre de la Saint-Barthélemy, les visites à Salon du roi Charles IX (1594) et de la reine Marie de Medicis (1600) …

Autoportrait de César de Nostredame, présenté à l’auditorium André Noël
par Clément Moynault.

 

L’auteur n’hésite pas à critiquer les mœurs de son temps et du passé. Par exemple, il disserte sur la noblesse et la chevalerie devenues oisives et parasites. Les armes des chevaliers ne dépucèlent aujourd’hui que des cerfs et des lièvres. Mais il anticipe les critiques en écrivant que chacun sache que j’écris pour décorer ma patrie et non pour la déshonorer ou encore que L’historien ne doit pas avoir pour but de flatter les puissants mais avec quelques bémols au sujet des guerres de religion : L’historien doit savoir couper sa plume pour ne vexer personne.

Son ouvrage présente des passages très poétiques ajoutant du charme aux textes. La forme est cependant très singulière car l’auteur mêle ses humeurs à l’histoire et intègre des détails inutiles et des anecdotes personnelles plutôt malvenues. Il a de ce fait subi les critiques de divers historiens tels Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), Jean-Pierre Papon (1734-1803) et Honoré Bouche (1599-1671). Certains ne l’ont pas pris au sérieux et il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour que Frédéric Mistral rende quelques honneurs à ce gentilhomme provençal.

César de Nostredame n’a pu résister à l’épidémie de peste décédant à Salon le 22 août 1631, soient deux jours après sa sœur Diane. Il a ensuite été inhumé au cimetière Saint-François où il a rejoint son épouse Claire de Grignan décédée en 1607.

Clement Moyanault remercié par Robert Strozzi en fin de conférence.

 

Prochaine conférence : jeudi 31 mars 2022, 18h00 à l’auditorium André Noël : Se mobiliser pour une jeunesse en marge de la République par Bernard Ravet, ancien principal de collège.

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